CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

Combat Syndicaliste N°348 de mars 2010

Article du jeudi 18 mars 2010



Sommaire :

- La presse face à la casse sociale
- Carton rouge pour l’Huma
- Nettoyage, des nouvelles du front
- Les profs passent à l’action
- Vive les PME !
- Petite enfance et gros business
- Représentativité chez Exapaq
- Harcèlement au travail
- Dette publique : le faux débat
- FAU, toujours debout
- Coordination Euro-Maghreb
- Solidarité avec les No Border






En vente au local ou... abonnez-vous, 22 euros pour un abonnement d’un an (11 numéros) soit moins de 2 euros par mois !!!:



Soutenez les syndicats CNT :

s'abonner au Combat Syndicaliste

recevoir trois numéros gratuit du Combat Syndicaliste

[Leur presse] 20 Min 10/03/10 : le collège Barbusse se rebelle

Article du dimanche 14 mars 2010





éducation Les profs sont en grève contre la dotation horaire globale

Le collège Henri-Barbusse se joint à la grogne contre les dotations horaires globales prévues pour la rentrée. Après le lycée professionnel Pablo-Picasso (Givors) le mois passé, et le collège Eluard (Vénissieux) jeudi dernier, les enseignants de ce collège vaudais sont à leur tour en grève depuis lundi. Hier, ils se sont rassemblés devant l'inspection académique pour demander le maintien de leurs heures d'enseignement. « L'inspection doit récupérer 44 postes dans le second degré. Elle gratte partout, notamment dans les collèges de banlieue, jusqu'alors plutôt épargnés », indique Denis Pourrat, prof de français à Barbusse.

Le principal séquestré une heure
En septembre, 50 heures de cours devraient disparaître dans ce collège pourtant classé ambition-réussite. Un signe de « mépris » pour les enseignants, qui, en dix ans, ont fait passer le taux de réussite au brevet de 40 à 80 %, en mettant en place divers dispositifs d'aide aux élèves. La plupart de ces heures d'encadrement et de soutien scolaires sont menacées. Pour faire réagir l'inspection académique, les grévistes ont séquestré leur proviseur pendant une heure hier. L'action a porté ses fruits. Des délégués de l'inspection doivent se rendre demain au collège pour discuter avec les personnels. D'ici là, la grève continue.

Elisa Frisullo

[Leur presse] LibéLyon 12/03/10 : Un collège occupé par ses profs à Vaulx-en-Velin

Article du dimanche 14 mars 2010



Une trentaine d'enseignants et de personnels du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin, en grève depuis le début de la semaine (lire), occupent désormais leur établissement. Ils ont passé leur première nuit à l'intérieur, pour protester contre la baisse de moyens annoncée pour l'année prochaine. "Devant l'absence de réponse de l'inspection d'Académie à nos revendications, nous avons décidé de passer la nuit dans notre établissement", a affirmé à l'AFP Mickaël Goyot, professeur de mathématiques au collège. Depuis lundi, la quasi-totalité des enseignants est en grève et seuls quelques cours ont été assurés selon l'inspection d'académie. Une journée d'action nationale est prévue vendredi dans l'Education, pour protester notamment contre la dégradation des conditions de travail, les réformes en cours ou bien encore la préparation difficile de la prochaine rentrée. Ol.B. (avec AFP)

[Leur presse] Le Progrès 12/03/10 : Lyon: 1300 enseignants des collèges et lycées dans la rue

Article du dimanche 14 mars 2010





A l'appel de plusieurs syndicats (Snes, Fo, CGT éduc'action, CNT, Snalc), les enseignants des collèges et lycées étaient appelés à faire grève et à manifester contre les restrictions des moyens en termes d'heures d'enseignement dans les établissements, l'évolution de la formation des professeurs et la réfome des lycées.

Selon le rectorat de Lyon, la grève a été suivie par un peu plus de 13% des enseignants en moyenne sur l'Ain, le Rhône et la Loire. Jean-Louis Pérez, le secrétaire académique du Snes-FSU estime pour sa part que plus d'un enseignant sur deux a suivi la grève. Ces derniers jours, plusieurs actions "dures" ont été menées. Les collèges Barbusse à Vaulx-en-Velin, Longchambon à Lyon 8e, Schoelscher à la Duchère ont ainsi obtenu une rallonge de leur budget.

[Leur presse] Le Progrès 12/03/10 : Collège Barbusse : les profs n'abdiquent pas

Article du dimanche 14 mars 2010





Hier soir, une vingtaine de professeurs du collège Henri-Barbusse ont décidé d'occuper l'établissement depuis sa fermeture et sans doute pour la nuit.

[Leur presse] Le Progrès Vaulx 12/03/10 : les profs de Barbusse ont occupé leur collège cette nuit

Article du dimanche 14 mars 2010



Cette nuit, après quatre jours de mobilisation active, après une manifestation pacifique lundi et avoir retenu leur principal 45 minutes mardi, plus d'une vingtaine de professeurs ont décidé de durcir le mouvement en occupant leur collège vaudais Henri-Barbusse. Ils espèrent enfin se faire entendre par leur hiérarchie académique. Au cœur de cette protestation, une réduction des moyens horaires «représentant une menace pour les dispositifs pédagogiques qui ont pourtant fait leurs preuves en terme d'efficacité depuis quelques années». Ils devraient obtenir une réponse à leurs revendications aujourd'hui.

[Leur presse] Lyon Capitale 09/03/10 :

Article du dimanche 14 mars 2010



Début avril doit ouvrir, dans l’enceinte de l’hôpital psychiatrique du Vinatier, le premier hôpital fermé dédié aux prisonniers. Pour ses promoteurs, elle apportera une réelle amélioration de la prise en charge de la santé mentale des détenus. Pour autant, l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) est loin de faire l’unanimité.

Pour preuve ce mardi 9 mars, plusieurs organisations* appellent à une “nuit blanche de la résistance”.

Dans un communiqué, ces organisations dénoncent “cette prison dans l’hôpital psychiatrique” : “L'UHSA est la conséquence d’une judiciarisation des comportements qui assimilent sous prétexte de responsabilisation, malades mentaux et délinquants. Plus que le retour à une conception ancienne du grand enfermement, elle indique le point de bascule du médical au service de l’idéologie sécuritaire”. De 19h à minuit, dans la Salle des organisations (à proximité de la chapelle), prises de parole, débats, lectures de textes vont se succéder. Vont notamment intervenir Jean Darrot psychiatre, Albert Levy du syndicat de la magistrature, Raphaël Thaller économiste, Odile Nguyen philosophe et Christine Durif-Brucker psychosociologue. L’acteur Laurent Vercelletto devrait lire des extraits d’oeuvres de louis Althusser et Michel Foucault.

*Parmi ces organisations : CGT Vinatier, SUD Santé Sociaux, CNT Santé Social , FSU 69, PCF, Parti de Gauche 69, MRAP Collectif Privés d'emploi de Vaulx en Velin, Collectif d'aide aux sans papier et demandeurs d'asile 69, NPA, CGA, La Gauche unitaire, L'Appel des Appels 69, CGT chômeurs, La librairie "à plus d'un titre", Le CIRDEL, CGT Renault Trucks, section de Lyon du syndicat de la magistrature.

[Leur presse] Lyon Capitale 10/03/10 : Le collège Henri-Barbusse mène la mutinerie contre l'inspection d'académie

Article du dimanche 14 mars 2010



Le mouvement de grève entamé lundi par les enseignants du collège Henri-Barbusse n'est pas prêt de se terminer. Après avoir manifesté mardi et obtenu une audience auprès de l'inspection d'académie, les professeurs ont eu la désagréable surprise de voir les promesses de l'inspectrice se volatiliser mercredi, avant d'occuper le bureau de leur proviseur et d'exiger une réponse avant jeudi 16 heures. Ce n'est que mardi vers 11h15, après une journée et demi de grève, que les enseignants du collège Henri Barbusse ont pu être reçus par l'inspection d'académie. Au terme de la réunion, l'inspectrice, Simone Christin, leur a annoncé la tenue d'une réunion, jeudi, dans leur établissement afin d'évaluer leurs besoins et de décider d'une possible rallonge d'heures d'enseignement, ce pour quoi ils se battent. Une promesse qui n'est pourtant pas arrivée aux oreilles du proviseur du collège concerné. Selon les enseignants, celui-ci a alors contacté l'inspection d'académie dans l'après-midi afin de confirmer la réunion. "L'inspection a répondu que la réunion avait été annulée. On a vraiment eu l'impression de s'être fait avoir", explique Mickaël Goyot, enseignant du collège. 35 à 40 enseignants ont donc occupé le bureau du proviseur pendant une heure afin de faire pression sur l'administration. Au bout de trois quarts d'heures de négociation entre le proviseur et Simone Christin, une nouvelle réunion a été décidé jeudi avec l'inspecteur d'académie adjoint, André Duco. L'inspectrice d'académie n'a, quant à elle, pas souhaité s'exprimer sur le sujet pour l'instant. "Des solutions de bricolages" Mercredi matin, les enseignants du collège réunis en assemblée générale ont décidé d'exiger une réponse de l'administration avant demain 16 heures. Ils menacent notamment de poursuivre le mouvement de grève voire même de le radicaliser par l'occupation des locaux. Le syndicat national des enseignants de second degré (SNES) appelle, quant à lui, à la mobilisation mercredi après-midi devant l'Inspection. La semaine dernière déjà, des enseignants de Vénissieux avaient manifesté contre la suppression d'heures de soutien. Depuis quelques temps, la tension monte au sein du corps enseignant, peu satisfait par les propos de Luc Chatel sur les remplacements des enseignants par des étudiants et des retraités : "Ils adoptent des solutions de bricolage pour pallier aux suppressions de postes. Mais c'est surtout sous-entendre que le métier s'improvise", déclare notamment Denis Pourrat, professeur au collège Henri Barbusse. Vendredi 20 mars, les principaux syndicats enseignants ont lancé un appel national à la grève afin de manifester contre les réformes et la politique d'économie du gouvernement. Reste à savoir si ce mouvement aura l'ampleur de celui de l'année dernière. Virginie Coutière

[Leur presse] Lyon Capitale 12/03/10 : Grèves des enseignants : une même colère à la veille des régionales

Article du dimanche 14 mars 2010





Les enseignants des lycées et collèges ont arpenté le pavé lyonnais, vendredi 12 mars, suite à l'appel national lancé par plusieurs syndicats (dont le SNES, CGT, Sud Education, FO, CNT, etc). Ils étaient 1300 selon la police et 3000 selon les syndicats. Même bataille des chiffres sur le nombre de grévistes : le SNES en a déclaré 50 % alors que le ministère n'en comptabilisait que 13 % à la mi journée. Cette manifestation s'inscrit dans la continuation de mouvements de grève au sein de nombreux établissements scolaires autour du même mot d'ordre : la suppression de postes d'enseignants et la réforme des lycées.

«On ne comprend pas : l'établissement fonctionne bien. Malgré tout, on nous supprime des postes et des heures pour l'année prochaine.» C'est ce qu'on pouvait entendre dans la bouche de bon nombre d'enseignants mobilisés aujourd'hui. L'incompréhension mais aussi la colère face à une logique d'économie qui décourage enseignants et élèves. «On supprime encore deux postes cette année. On répartie ces heures de poste en heures supplémentaires sur les collègues qui n'en peuvent plus.» raconte Stéphane Ubach, enseignant au lycée Jean Moulin (Lyon 5ème) menacé de fermeture. Idem du côté de cette jeune enseignante en SVT au collège Jean Giono à Saint-Genis-Laval : «Chacun aura son planning plein, même les tuteurs. Je ne sais pas comment ils vont y arriver pour aider les élèves en difficultés. Ça va vraiment dégouter tous les profs et surtout les plus jeunes.» Quelques étudiants et élèves, comme François et Reda, élèves de 2nd au lycée Colbert étaient également présents pour dénoncer la fermeture de certaines filières et la diminution de leurs choix d'orientation.

Le dialogue social sclérosé

En tête du cortège défile une poignée d'enseignants du collège Henri-Barbusse de Vaulx-en-Velin, en grève depuis une semaine (voir article). Hier, ils ont rencontré l'inspecteur adjoint d'académie : «Tout s'est bien passé mais il n'a pas répondu aux questions qu'on lui posait. Comme nous n'avions pas de réponse à notre ultimatum, (voir article) une trentaine de collègues ont occupé l'établissement pour montrer qu'on était toujours dans l'action. On attend avec impatience que Mme Christin daigne nous répondre.» Même discours du côté des enseignants du collège Paul Eluard de Vénissieux, en grève la semaine dernière (voir article). Ils ont été reçus par l'inspectrice d'académie, Simone Christin, en compagnie d'autres enseignants de Vénissieux également inquiets pour leur dotation horaire. «Visiblement elle a l'air d'avoir entendu notre discours», confie Laurent Febvre, enseignant du collège «mais elle nous a expliqué qu'il fallait attendre le mois de juin pour espérer décrocher des moyens supplémentaires. Nous, on attendait des réponses immédiates ». Les deux établissements, classés en ZEP, ne font pas exception. La réponse est la même pour l'ensemble des établissements du second degré.

Message fort avant les élections

Le cortège, parti de la place des terreaux, n'a donc pas manqué d'envoyer des délégations dans les locaux du PS et de l'UMP pour alerter les différents candidats : «On a voulu lancer un message politique fort avant les élections régionales.» commente Stéphane Gomez, secrétaire départemental du SNES et lui-même candidat sur la liste de Jean-Jack Queyranne (PS). Au détour d'une banderole, Véronique Moreira, tête de liste d'Europe Ecologie dans le Rhône était également présente pour distribuer des tracts et apporter son soutien à la cause des enseignants.

Selon beaucoup de manifestants, la mobilisation n'est pas prête de se terminer : «Le système est vraiment en train de craquer. Si nous n'avons pas de réponse satisfaisante, il n'y aura pas de doute sur la continuation de la mobilisation.» ajoute Stéphane Gomez. Demain et les jours suivants, plusieurs enseignants devraient tracter devant leurs établissements comme au Lycée La Martinière (8ème) et une nouvelle manifestation est prévue mercredi devant le rectorat.

Virginie Coutière

[Leur presse] Le Progrès 10/03/10 : Vaulx-en-Velin : le Collège Henri-Barbusse devant le Rectorat

Article du dimanche 14 mars 2010





Hier matin, les enseignants du collège Henri-Barbusse de Vaulx-en-Velin ont manifesté devant l'Inspection académique, pour protester contre la baisse de leurs moyens horaires. Ils réclament 50 heures hebdomadaires supplémentaires. La grève a commencé lundi, avec 90 % de grévistes. Après l'annonce d'un rendez-vous annulé quelques heures plus tard, le mouvement s'est durci hier: les manifestants ont retenu pendant près une heure le principal dans son bureau et ont obtenu un nouveau rendez-vous demain au collège, avec l'Inspecteur d'Académie adjoint et un représentant du Rectorat.

La grève se poursuivra aujourd'hui et demain, avec des actions de mobilisation des parents.

[Leur presse] Le Progrès 09/03/10 : Les enseignants du collège Henri-Barbusse en grève

Article du dimanche 14 mars 2010





La grève a été très suivie hier au collège Henri- Barbusse de Vaulx-en-Velin : 95% des enseignants ont cessé les cours, et les collégiens ont été renvoyés chez eux.
Motif de leur colère : la baisse de la dotation globale horaire, qui définit leurs moyens de fonctionnement. Le collège Barbusse a reçu une dotation de 845 heures pour fonctionner l'année prochaine, contre 874 cette année. Une baisse de moyens qui remet en cause des dispositifs d'aide pour les élèves.
« C'est inacceptable. On grignote petit à petit des dispositifs qui ont porté leurs fruits. On ne demande rien d'autre que de pouvoir continuer. Ces deux dernières années, nous avons un taux de réussite au brevet de 80 %. Il était de 45 % en 2000 », affirment les enseignants.
La grève se poursuit aujourd'hui. Les enseignants ont prévu une manifestation devant le Rectorat à partir de 11 h 30.

[Leur presse] LibéLyon 10/03/10 :Grève dans un collège de Vaulx privé de moyens

Article du dimanche 14 mars 2010



Depuis lundi matin, les élèves n'ont plus cours au collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin. La quasi totalité des cours ont été annulés, 90% des professeurs sont en grève et le principal a été retenu trois quarts d'heure, mardi, par des enseignants furieux du manque de moyens prévus pour l'année prochaine. Chaque année désormais, ils doivent se battre pour conserver les moyens spécifiques qui leur avaient été attribués pour réduire la violence et tirer vers le haut le niveau scolaire de ce collège situé dans un quartier cumulant les difficultés sociales et scolaires...

Le collège Barbusse est en zone "Ambition réussite" (auparavant en réseau d'éducation prioritaire). Il bénéficie de dotations spécifiques pour compenser les handicaps, maintenir certains élèves à flot, rattraper ceux qui se noient, et pousser tous les autres à nager plus loin qu'ils ne l'imaginaient. "Il y a dix ans, explique Denis Pourrat, professeur de français, nous avions 45% seulement de réussite au brevet. Des dispositifs ont été mis en place et aujourd'hui nous sommes à 80% de réussite." Des heures permettent par exemple en 6ème d'apprendre aux nouveaux élèves comment faire leurs leçons, préparer leur cartable. D'apparentes évidences qui n'en sont pas dans certaines familles, très éloignées du système scolaire. En 5e, d'autres heures aident les élèves dans leur travail personnel, ou permettent de proposer des expérimentations scientifiques par petits groupes. Une orientation scientifique développée dans toute la ville de Vaulx-en-Velin depuis une douzaine d'années. En 4e, où les décrochages sont fréquents, les élèves peuvent choisir la matière ou le thème sur lequel ils ont besoin d'un renfort durant quelques semaines. Selon les enseignants, tous ces dispositifs seraient aujourd'hui menacés par les restrictions horaires.

Au total, selon les grévistes, la dotation prévoit pour l'année prochaine une diminution d'une cinquantaine d'heures sur le volume global hebdomadaire attribué à Barbusse. "Le calme est revenu. A présent que nos élèves sont installés dans une dynamique de réussite, on nous supprime les moyens. Cela va à l'encontre de tous les discours tenus sur l'éducation en banlieue", poursuit Denis Pourrat. L'inspection académique refuse de confirmer le chiffre. Selon elle, rien n'est encore décidé, "il y aura des ajustements jusqu'en juin". Une première rencontre a eu lieu lundi 1er mars avec l'inspectrice d'académie, qui doit réaliser des économies et aurait promis, selon les professeurs, un effort supplémentaire en juin en fonction des besoins. "Ce n'est pas en juin que l'on prépare le projet pédagogique d'un établissement comme celui-là", réagit Denis Pourrat. Surtout, les enseignants savent qu'il sera un peu tard, en juin, pour obtenir les moyens nécessaires par le rapport de force.

L'inspectrice d'académie propose aussi de solliciter les fonds de la politique de la Ville pour continuer d'apporter au collège les moyens spécifiques dont il a besoin. « Ici, disent les enseignants dans un communiqué, nous n'avons pas vu passer le moindre centime des milliards annoncés par le très médiatique plan banlieue. »

Ils ont voté vendredi dernier une grève, effective depuis lundi matin. Puis hier matin, une nouvelle rencontre a eu lieu à l'inspection d'académie. Une délégation a obtenu dans un premier temps la visite d'inspecteurs nationaux, jeudi, afin d'auditer les besoins du collège, avant la décision. Mais la visite aurait ensuite été annulée dans la journée, ce qui a renforcé la colère des enseignants. Ils ont alors retenu leur principal dans son bureau trois quarts d'heure, jusqu'à obtenir une assemblée générale en présence de l'inspection académique et d'un représentant du rectorat. Ils y exposeront une nouvelle fois les dispositifs spécifiques mis en place avec les heures supplémentaires dont ils disposaient.

Ils s'inquiètent d'une éventuelle chute du calme et des résultats à Barbusse dans les prochaines années, s'ils ne parviennent pas à se faire entendre. "Mais après tout, concluent-ils, ironiques, pourquoi un collège de banlieue ne se contenterait pas d'un petit 50% de réussite au brevet des collèges ?"

Olivier BERTRAND

[Leur presse] Lyon Capitale 09/03/10: Collège Henri-Barbusse : la grève continue

Article du dimanche 14 mars 2010



Un vent d'école buissonnière souffle depuis lundi sur le collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin où une proportion record d'enseignants sont en grève, 90% mardi, 98,5% lundi. Les cours n'ont pas lieu, le proviseur a été obligé de renvoyer les élèves chez eux.

Mardi matin, 90 % des enseignants du collège Henri-Barbusse étaient en grève. Une partie s'est rendue à l'inspection d'Académie rue de Marseille afin d'y être reçus vers 11h15. Ils ont demandé l'ajout d'une cinquantaine d'heures d'enseignement pour la rentrée prochaine. Si l'Inspection n'accède pas à leur demande, le mouvement pourrait se poursuivre demain et au cours de la semaine. Selon Denis Pourrat, l'un des enseignants grévistes, "les collèges classés en zone d'éducation prioritaire (ZEP) sont les derniers établissements à voir leur nombre d'heures diminuer. Jusqu'à présent, ils avaient été relativement préservés par les réformes."

Les enseignants n'acceptent pas les dernières évolutions prévues par le proviseur pour le rentrée 2010. Faute de moyens, celui-ci a prévu de supprimer les heures d'aide au travail personnalisé (ATP), heures de soutien scolaire en sixième. Fini également, l'aide hebdomadaire en 5ème et les demi-groupes en classe de sciences. Enfin, en 4ème, l'heure de traitement des difficultés scolaires (TDS) qui permettait de pallier aux décrochages des élèves, notamment en mathématiques, sera supprimé. Des décisions difficiles à comprendre dans un collège classé “ambition réussite“ depuis quatre ans, qui accueille 90% d'élèves issus de familles défavorisées. Les enseignants espèrent maintenant obliger l'inspecteur d'académie à rétablir "les heures indispensables au fonctionnement des dispositifs permettant la réussite des élèves“.