CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

"Le Combat Syndicaliste" : 1er mai, et après ? Faisons sa fête au patronat !

Article du mercredi 29 avril 2009



« Nos maîtres voudraient pour la tranquillité des bourgeois et des gouvernants que notre 1er mai soit un jour de fête, de réjouissances prolétariennes. La paix sociale triompherait et la bourgeoisie serait tranquille [...]. Non, le 1er mai ne sera pas un jour de fête pour les travailleurs conscients, c'est un jour de chômage et de revendications. » titrait une affiche syndicale de 1909...100 ans plus tard, en 2009, des ouvriers « séquestrent » leur patron, des étudiants font de même avec leur président d'université, des enseignants deviennent des désobéissants, des lycéens bloquent les gares, des gens « sans histoire » aident des « sans papiers », des anti-nucléaires arrêtent les trains...c'est l'insubordination qui vient....

Non, 100 ans plus tard nous ne ferons pas du 1er mai une fête pour les travailleurs mais bien un jour de revendications, un jour de révolte, un jour de combat... car c'est bien la rage qui nous tord les tripes... Car écoeurés nous sommes de ce monde où des patrons s'engraissent de stock options pendant que d'autres meurent de ne pas manger, où l'on pourchasse des êtres humains parce que sans papiers, où l'éducation est de moins en moins synonyme d'émancipation, écoeurés de ce matraquage consumériste, écoeurés de bouffer des pesticides, écoeurés de ce monde où l'on peut travailler des dizaines d'années pour une misère, accepter de perdre les 35h par des chantages économiques et tout ça pour finalement se faire jeter du jour au lendemain par des « Monsieurs » à cravates, aux parachutes dorés... que savent-ils donc de nos vies, de nos souffrances, de nos désirs, ces gens là... RIEN, nous n'avons pas besoin d'eux, qu'ils s'en aillent... nous en avons assez de nourrir, de goinfrer cette classe dominante, cette classe d'assistés, pleurant sur leurs charges dites « patronales » pour que l'Etat, « bras armé » du Capital vienne nous dire ensuite : « trou de la sécu », « déremboursement de médicaments », « fermeture d'hôpitaux, d'écoles... », « suppression de postes »... « les caisses sont vides »...sauf pour les banques...cela va de soi....

On nous parle de crise, on nous refait le coup de l'Union nationale, de la rigueur, de prendre sur soi, on serait tous dans le même bateau qu'ils disent, ...peut-être, mais sûrement pas à la même place, eux au gouvernail et sur le pont, nous en fonds de cales ou dans les cachots.

Alors que ce vieux monde s 'écroule… et de nos espoirs naîtra un monde nouveau, pas un monde vertical, pas un monde de hiérarchie avec sa cohorte de chefs, de profiteurs, NON, nous ne rentrerons plus dans vos cases d'exploiteurs..., là où votre monde de capitalistes ne sème que contrôle, aliénation, négation de l'individu, nous construirons un monde horizontal, basé sur le pacte fédéral et la libre association, sur la solidarité, sur l'autogestion des moyens de production, sur l'émancipation par l'éducation et l'art, tout ce qui fait notre humanité. Les prémisses de ce nouveau monde sont déjà là, dans nos désobéissances, dans nos refus, dans nos luttes...

Partout en Grèce, en Espagne, en Italie, en Islande... la révolte éclate..., notre international vaut mieux que votre mondialisation, notre jeunesse vaut mieux que vos énarques, nos utopies sont plus réels que vos Etats policiers...

Alors pour nous, syndicalistes de la CNT, ce 1er mai ne sera pas un simple jour de fête, un simple 3e temps fort après le succès des grèves générales du 29 janvier et 19 mars, il sera plus que cela... nous occuperons la rue, car solidaires de tous les prolétaires, nous porterons le même espoir, le même jour, dans le monde entier, avec la même rés(v)olution que ceux qui nous ont précédés et qui ont fait de cette date autre chose, bien autre chose qu'un simple défilé. Alors ce 1er mai 2009, nos chants seront plus forts, les poings levés plus nombreux et l'INTERNATIONALE retentira plus vibrant que jamais... car de cette journée nous ferons une étape décisive pour construire un mouvement plus large avec l'espoir que le 4 mai enfin la base déborde les confédérations, que des collectifs de quartier se fédèrent, que la population s'organise, que les usines soient occupées, que la production stoppe, que les flux s'arrêtent et que comme nos camarades antillais l'ont fait, la grève générale illimitée se mette en place,...c'est l'insurrection qui vient...

Edito du "Combat syndicaliste" N°339 de Mai 2009






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Jusqu'à quand ? N°4

Article du dimanche 26 avril 2009




La crise serait une fatalité, une sorte de catastrophe naturelle, style tsunami, face à laquelle on ne peut que s’adapter, essayer de limiter les dégâts, tous unis, riches et pauvres sur le même bateau, dans une même détermination…Ou alors, deuxième version, c’est la faute à quelques-uns, une minorité de financiers, des pas honnêtes, qui font la honte à une corporation honorable.

Le pire, c’est qu’on y croit. Et que nos syndicalistes respectables, sensés parler pour nous et nous guider, parce que plus malins que nous, y croient aussi. Ou alors, ils font semblant… Pourtant, cette crise, ce n’est pas un épiphénomène, une perversion d’un système naturellement vertueux. Cette crise, c’est un épisode logique d’un système global qui place comme valeur suprême la concurrence, la réussite individuelle, et tant pis pour qui crève en route.
Cependant, un autre futur est possible : ce que des hommes ont bâti, en vue de leur intérêt personnel, des hommes peuvent le détruire, en vue de l’intérêt de tous.
Les richesse appartiennent à tous et non à quelques privilégiés qui ont le fric. Parce que tous les produisent, et non quelques nantis. Les richesses doivent être partagées entre tous ici (en Europe) et là-bas (en Afrique, par exemple), puisque ici et là-bas, ce sont les mêmes qui nous exploitent. C’est curieux, quand même, on nous parle de la nécessaire concurrence, des lois économiques, de la grandeur de la France. Rien que des abstractions .



Et pas un mot pour tous ceux, nos compagnons, qui, ici et là-bas, crèvent de misère, et qui eux sont bien réels.
D’autres individus, bien réels aussi luttent pour défendre leur emploi et, au-delà, leur dignité. Parce que le mépris grossier de Sarkozy et de ses potes, grands patrons et banquiers, ça ne fait plus rire.
Parce que, dans ces luttes, on fait l’expérience de notre force collective et de notre créativité. Et que peutêtre on est amené à penser et à sentir que tous ces guignols qui nous embrouillent avec leurs chiffres et leurs discours incompréhensibles, on peut peut-être s’en passer et construire, ensemble une autre société. Sans demander à l’État de nous défendre ; il n’est pas là pour ça, il est là pour défendre le désordre en place, éventuellement en fournissant des placebo qui feront mieux avaler la pilule et, si nécessaire, en sacrifiant médiatiquement quelques « brebis galeuses » qui, soyons rassurés, s’en sortiront mieux que les licenciés de leurs entreprises. Sans faire non plus confiance aux leaders syndicaux, permanents qui de ce fait sont maintenant du même monde que ceux avec qui ils négocient. On nous avait dit que le système est trop complexe pour que nous puissions le gérer. Et nous nous apercevons que cette complexité est, pour une grande part construite pour nous embrouiller et, qu’après tout, on peut vivre et penser autrement.
Ici et maintenant, des luttes se mènent un peu partout ou se sont menées, en Guadeloupe ou ailleurs. Les modalités en sont décidées en assemblées générales et non par les bureaucraties syndicales.
Ici et maintenant, dans ces luttes concrètes, des hommes et des femmes font l’expérience de ce que peut être demain, l’autogestion, un futur qui ne soit pas celui, catastrophique, qu’on nous présente comme inéluctable. Ici et maintenant nous pouvons expérimenter le monde qu’entrevoyaient déjà les travailleurs de jadis : de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins.


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