Mardi 30 mars à 19h au local de la CNT (44 rue Burdeau, Lyon 1er)
En 2010, Naji vit toujours dans le camp de réfugiés de Deisheh à Bethléem. Il anime un centre social créé par les habitants du camp.
Il nous raconte leurs luttes au jour le jour :
- Comment vivre sous l’occupation israélienne et résister à la colonisation dans une période de recomposition de la vie politique palestinienne ?
- Comment s’organise la vie collective dans un camp de réfugiés ?
- Quelle lutte est-il encore possible de mener aujourd’hui pour la reconnaissance des droits des réfugiés palestiniens ?
Le 9 mars 2010, les enseignants syndicalistes du Cnapest (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) ont décidé de suspendre leur grève. Massivement suivie dans tout le pays, cette grève aura duré quinze jours. Les revendications des grévistes portaient notamment sur le régime indemnitaire, la gestion des œuvres sociales et les conditions de travail (salaires dérisoires, suivi des enseignants par la médecine du tra-vail…).
Le CISA, qui a pu recueillir le témoignage de nombreux syndicalistes, tient à faire connaître et à dénoncer les pressions inadmissibles et illégales auxquelles ils ont été soumis de la part du pouvoir pour les contraindre à reprendre le travail : ponctions sur les salaires, menaces de « retrait d’agrément » du Cnapest (alors qu’au regard de la loi, l’agrément du gouvernement n’est pas nécessaire pour fonder un syndicat), menaces de radiation massive des grévistes (mais où trouver dès lors près de 50 000 enseignants ? Cela montre le peu de cas que le pouvoir fait de la qualité de l’enseignement).
La grève a enfin été déclarée « illé-gale » par une cour d’Alger aux ordres (là encore, décision elle-même totalement illégale). Jusqu’à présent, le pouvoir s’était contenté d’ordonner l’arrêt de certaines grèves, et cela dans l’illégalité encore. Mais face à cette grève particulièrement déterminée, l’escalade des pressions a atteint un sommet avec des menaces directes formulées par des officiers de la police politique (le DRS, Département de renseignement et de sécurité, ex-sécurité militaire) sur les responsables du Cnapest. Ces activités de basse police montrent que le pouvoir algérien entend toujours gérer les conflits sociaux par l’intimidation et la violence.
Le CISA constate donc une escalade dans le harcèlement et la répression que subis-sent les syndicats autonomes algériens et, plus généralement, toutes les forces qui luttent pour plus de démocratie et de justice dans le pays. Le CISA dénonce fermement les manœuvres des appareils sécuritaires et notamment de la police politique, visant à bri-ser une grève à la fois légitime et légale.
Ces pressions révèlent à nouveau, s’il en était besoin, la nature du pouvoir réel en Algérie, détenu par les chefs d’une police politique qui instrumentalise un gouverne-ment et une justice aux ordres, et qui n’hésite pas à leur faire bafouer ouvertement les lois d’une « démocratie » de pure façade.
Le CISA réaffirme son soutien sans réserve aux syndicats autonomes algériens.
Le Comité de Soutien au Syndicalisme autonome Algérien
(Comité qui regroupe entre autre des syndicats de lutte en Algérie mais aussi Solidaires , la CNT et la CGT espagnole).
Des syndicalistes, juristes et chercheurs se lancent dans un débat lors de l’interdiction de fait du syndicat FAU Berlin
Située place Rosa Luxemburg à Berlin, juste en face du cinéma « Babylon », se trouve le théâtre « Volksbühne » (La scène populaire) (1). C’est dans ce cinéma qu’est mené, avec le soutien de la FAU et de façon acharnée, depuis un an, un conflit social. Dans le théâtre se retrouvèrent le 30 janvier 2010 des syndicalistes, juristes et chercheurs autour d’une table pour discuter des nouvelles formes du travail et de l’organisation collective. Le débat s’est fait suite à l’appel de la FAU Berlin qui se voit privé des ses droits syndicaux par un tribunal berlinois.
D’abord un petit aperçu en vidéo sous-titré en français ...
Déjà les exposés d’entrée mettaient en évidence que les participants du débat jugeaient très explosif cet incident unique dans l’histoire de la République fédérale. Dr. Renate Hürtgen, historienne et co-fondatrice de l’« Initiative pour des syndicats indépendants » en RDA en 1989, appelait à prendre très au sérieux cette affaire. Selon elle, l’attaque faite à la FAU Berlin concerne tout le mouvement syndical : « Il se déroule quelque chose qui représente un danger pour toute structure représentative – et il ne faut pas diminuer le poids de cette affaire-là. » Le politologue Jocher Gester, militant au Groupe de travail Internationalisme de la IG Metall Berlin, insistait sur le point que le caractère syndical de la FAU Berlin, lui, a été anéanti à cause d’un manque présupposé de capacité à signer des conventions (2). De son avis, la décision du tribunal vise à empêcher que la FAU puisse même développer une puissance et devienne représentative. « La façon dont on traite la FAU, cette dernière étant sans doute indépendante de l’adversaire et essaie de construire une sorte de syndicat, démontre que le tribunal ne cherche pas à protéger la liberté syndicale mais n’affiche que du mépris à son encontre. »
La thèse qui dit que les changements sociaux en cours rendent nécessaires de nouvelles formes de coalitions de salariés a été soutenue dans de nombreuses prises de parole. L’auteur et journaliste Willi Hajek expliquait : « Je comprendrais [l’affaire de] la FAU comme symbole, car il y a un grand besoin. Voilà ce que les gens ressentent : maintenant il s’agit de notre existence, et nous devons faire quelque chose. » Il reconnaît dans ce conflit au Babylon, une nouvelle caractéristique qui serait typique de notre époque. Une époque dans laquelle la majorité des contrats de travail se trouvent hors des conventions collectives. L’avocat Klaus Stähle qui représente la FAU auprès du tribunal, évoquait qu’en Allemagne une convention collective n’est plus en vigueur que pour 50% des salariés à l’ouest et 25% des salariés à l’est. Il y aurait là un espace qui devrait être remplie. De même Dr. Renate Hürtgen y voyait un vacuum tout récent ; ce qui s’est développé au cinéma Babylon suite à la défaillance – dans ce cas – du syndicat DGB ver.di. D’où la légitimité dont disposent les salariés de s’organiser à la base. Willi Hajek reprenait cette idée en indiquant que la société ne peut être changée que s’il y a des organisations qui soutiennent les gens à se prendre en mains eux-mêmes. Le politologue Prof. Dr. Bodo Zeuner à son tour insiste en soulignant le fait qu’une organisation effective ne peux pas se priver de la solidarité, cette dernière étant un composant essentiel. Il considère donc insuffisant la perspective de ne construire que des syndicats d’entreprise autonomes : « C’est problématique que la solidarité nécessite pour des raisons tant morales que d’intérêt, une extension au-delà des groupes de collègues isolés. D’où la question de comment en assurer la coordination ? C’est là qu’il faut une organisation. Il faut faire gaffe qu’elle ne se coupe pas de la base et se centralise, mais l’organisation en tant que telle est une partie intégrale de la solidarité. »
En Allemagne, jusqu’ici, une autre conception de ce qu’est un syndicat prévalait, c’est ce qu’évoquait Holger Marcks qui participait au débat au nom de la FAU. La centralisation du mouvement ouvrier aurait mené, par la canalisation des conflits dans des voies contrôlables, à l’instauration d’une discipline ouvrière. L’efficacité de ce modèle serait reconnu par le fait que des économistes comprennent depuis peu, mais expressément, les syndicats centralisés comme facteur de compétitivité pour l’économie allemande. Le Prof. Dr. Bodo Zeuner insistait également sur le fait que ce rôle d’une force de l’ordre ne devait pas être la tâche primordiale des syndicats : « C’est un enjeu valable pour lequel il faut lutter et se mobiliser – dans le terrain public mais aussi au niveau juridique – pour que le droit du travail allemand cesse à considérer le maintien de l’ordre comme but principal d’un syndicat idéal. » L’avocat Stähle y consent et confirme la nécessité d’action au niveau juridique. La lutte serait à mener contre les structures de pensée juridique établies.
Au cours du débat avec la bonne centaine de personnes présentes, c’étaient tant les participants que le public qui ont déclaré à plusieurs reprises que les différents syndicats ne devraient pas se considérer comme concurrents, mais devraient travailler ensemble. Ce qui est une pratique réelle et normale dans de nombreux pays. Jochen Gester proposait que tout le monde devrait s’apercevoir comme partie intégrale d’un seul mouvement syndical et qu’il ne fallait pas se borner à opposer les modèles respectifs du DGB et de la FAU. Renate Hürtgen consenti qu’il ne s’agissait pas de comparer ou d’opposer les différentes formes d’organisation. Le DGB ne devrait pas craindre la FAU ni essayer de la réprimer. Tous devraient avoir l’intérêt de voir la FAU acceptée – même dans leur propre intérêt. Bodo Zeuner souhaitait que le syndicat ver.di fasse une déclaration contre l’interdiction de fait de la FAU Berlin. Même si la FAU aurait choisi un autre modèle d’organisation, elle devrait être considérée comme syndicat.
À la fin du débat, le public proposait de fonder un Comité contre la criminalisation de la FAU. Cette idée a été reprise par plusieurs intervenants. Il a été décidé de perpétuer l’échange et de rédiger une déclaration berlinoise.
Source : Indymedia Germany
Traduction : GT Europe au SI de la CNT et CCS 44 CNT
*) Le titre de « septicémie syndicale » fait allusion au non-mot de l’année qui est choisi – en parallèle avec le mot de l’année de la Société pour la langue allemande (Gesellschaft für deutsche Sprache, GfdS) – par un jury de philologues de l’Université Goethe à Francfort-sur-le-Main depuis 1994 pour inciter une réflexion linguistique critique. Pour l’année 2009, l’expression « septique du comité d’entreprise » (betriebsratsverseucht) a été attribué le titre du non-mot de l’année.
1) Tous les deux, le théâtre et le cinéma disposent d’une importante tradition, s’inscrivant à l’avant-garde moderne et du mouvement ouvrier (d’où le nom de la place). (N.d.trad.)
2) C’est que la décision prise est fondée sur l’hypothèse de la puissance manquante (en allem. : « Tarifmächtigkeit », c’est-à-dire la capacité d’établir des conventions, de forcer l’adversaire social), dans son rôle pour le syndicat ceci correspond à peu près à la représentativité en France ... La décision judiciaire empêche donc la FAU d’en faire preuve qu’elle peut forcer l’adversaire social concret. (N.d.trad.)
Manif de soutien au syndicat FAU le 20 février 2010 à Berlin :
Le Comité des femmes du Snapap, nous informe qu’un accord a été trouvé entre l’avocat de Meryem et la multinationale de British Gas.
Après 79 jours de grève de la faim, Meryem met de ce fait fin à sa lutte et à sa grève de la faim.
Le SI de la CNT.
Nous désirons mettre en valeur le courage et la dignité de cette camarade qui a affronté en solitaire, avec le soutien fondamental du comité des femmes de SNAPAP et du comité d’aide aux travailleurs algériens, une multinationale comme British Gas.
Le courage et la dignité de Meryem Mehdi a rendu visible la situation des zones pétrolières et de gaz dans le sud algérien, comme Hassi Messaoud, des zones militarisées et aux accès interdits aux propres citoyens algériens, là où règnent l’impunité et la violation de tous les droits syndicaux et démocratiques.
Nous exprimons notre joie pour la préservation de la vie de Meryem, en espérant son rétablissement rapide et que son exemple de lutte marque un chemin à suivre. Nous tenons également à souligner la coïncidence dans l’abandon de la grève de la faim des camarades de Taroudant (Maroc) et de Meryem Mehdi (Algérie)