CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

[CNT Santé Social 69] Grève 27 mai 2010 : Réforme des retraites : les salariés trinquent une fois de plus.

Article du mardi 25 mai 2010

Le gouvernement vient de préciser ses propositions dans un « document d’orientation sur la réforme des retraites ». Comme prévu, après avoir allongé en 2003 le nombre d’années de cotisations nécessaires pour une retraite à taux plein, il prévoit de reculer l’âge de départ à la retraite et faire sauter le seuil des 60 ans. Parallèlement, et sans surprise non plus, le gouvernement exclut toute augmentation de cotisations sociales au nom de la « compétitivité », répondant ainsi aux exigences patronales. Seule mesure censée faire passer la pilule, l’éventualité d’un élargissement de l’assiette de cotisations par une taxation des « hauts revenus » et ceux du capital.

Fondamentalement la logique est donc toujours la même, on prétend que le déséquilibre des caisses de retraites est un problème démographique et non une question de répartition des richesses : on augmente progressivement la durée d’activité, pas les cotisations. Le patronat pose ses exigences, le gouvernement obéit et les salariés trinquent.

Car le gouvernement a beau répéter qu’il ne veut pas toucher au niveau des pensions, tout allongement de la durée de cotisations se traduit ainsi inévitablement par une baisse des pensions. Aujourd’hui l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans. Avec l’allongement du nombre d’années de cotisations nécessaires pour une retraite à taux plein et le recul de l’âge légal de départ, on rend concrètement impossible le bénéfice d’une retraite à taux plein dans le cadre du système par répartition. Une récente étude réalisée par la Commission européenne a ainsi confirmé qu’avec les contre-réforme qui ont déjà eu lieu depuis 1993, le taux de remplacement devrait passer de 79% en 2006 à 63% en 2046, soit une chute de 16,5 points !

Pour le MEDEF et le gouvernement : un double enjeu.

Dans ses dernières projections le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a rappelé que l’allongement de la durée de cotisation et le recul de l’âge légal de départ ne suffiraient pas à assurer l’équilibre du système à long terme. Seule une augmentation des cotisations et un plafonnement des retraites les plus élevées permettrait d’assurer cet équilibre.

Le but réel des réformes proposées par le gouvernement n’est en aucun cas le retour à l’équilibre des caisses et le soit-disant « sauvetage » du système par répartition. La logique à l’oeuvre, le MEDEF lui a donné un nom il y a déjà plusieurs années : la « refondation sociale ». L’enjeu c’est la casse de nos systèmes de solidarité : retraites par répartition, assurance chômage, sécurité sociale.
Pour le patronat le bénéfice est double. La paupérisation des retraités lui permet d’une part de faire main basse sur le magot en proposant ses « solutions » c’est-à-dire en forçant les salariés à acheter des actions pour compléter leur pension (cf la création des PERP en 2004). Ceux d’ENRON, qui ont tout perdu du jour au lendemain peuvent témoigner de la sécurité sur l’avenir que cela donne ! D’autre part, précariser les travailleurs pour mieux les asservir : démanteler le lien social en passant d’une protection sociale solidaire à une protection sociale individualisée en fonction des moyens.

La CNT revendique :
- 37,5 annuités pour tous, privé et public (avec prise en compte de l’inactivité contrainte : formation, chômage...).
- Garantie d’un taux de remplacement de 75% (calcul sur la base des 6 meilleurs mois) !
- Refus des retraites par capitalisation.
- Pas de pension inférieure au SMIC !
- Exclusion du patronat des instances paritaires et gestion de leurs organismes de solidarité (sécu, retraites, chômage) par les salariés eux-mêmes.


Pour défendre nos retraites, tous en grève le 27 mai !


Tract à télécharger

CNT Equipement 69 : Boycott des élections paritaires le 6 mai

Article du mercredi 5 mai 2010

L'essentiel n'est pas de voter mais de lutter !

Le 6 mai 2010, vous serez appelés aux urnes pour élire les « représentants du personnel » au Comité Technique Paritaire (CTP). Comme toujours pour les élections paritaires de la Fonction Publique, la CNT ne présentera pas de candidats et appellera à ne pas voter. Dénoncer ces élections ne va cependant pas de soi à l'heure où la syndicalisation est en recul, où les attaques sur nos conditions de vie et de travail se multiplient. Celà n'éloignerait-il pas encore un peu plus les salariés de l'action collective ? Au contraire !



Ce n'est pas le fait de voter qui nous gêne (nous pratiquons régulièrement le vote à la CNT pour décider ensemble en AG dans le syndicat, la confédération) mais c’est son cadre et sa conséquence obligée : justifier ce danger du syndicalisme, le paritarisme !

Un vernis démocratique

« Paritarisme » : le mot sert à désigner la gestion paritaire (autant de représentants du personnel que de l'État). À première vue, cette co-gestion, est une garantie de démocratie et d'égalité, généreusement octroyée par l'État... mais qu'en est-il vraiment ?
Plusieurs accrocs à ce vernis démocratique : la non participation des personnels précaires (donc leur exclusion des commissions) qui représentent pourtant environ 15 % des effectifs. (contrairement à une idée reçue la précarité est plus forte dans le public que dans le privé, rapport Institut Dares).
- ne participent au 1er tour que les syndicats déjà jugés représentatifs, (représentativité basée essentiellement sur le résultat aux élections, cherchez l’erreur !). Ainsi les autres syndicats souvent plus radicaux doivent attendre un hypothétique 2e tour, qui n’a lieu que s’il y a moins de 50 % de votants au 1er tour... Même leur démarche “démocratique” montre ses limites...
Certes la réforme sur la représentativité syndicale (déjà dans le privé et et celle qui va suivre dans le public) aura pour but d’institutionnaliser le système en priviligiant les résultats aux élections de tous les syndicats pour acquérir la représentativité, permettant ainsi au gouvernement de désigner comme illégaux et de réprimer de plus en plus durement les mouvements de luttes qui sortiront de ce cadre délimité.

- Parité ? Les agents ne représentent au bout du compte que 50% des membres de ces commissions. L'État s'accorde généreusement les 50 % restant ! Au nom de quoi, de qui ? Pourquoi devrions-nous partager quoi que ce soit avec ceux qui ont des intérêts résolument contraires aux nôtres et décident de nos vies ? Les décisions sont d'ailleurs souvent liées à des considérations budgétaires qui vont dans le sens contraire de nos besoins.

- Élire équivaut à donner un chèque en blanc aux élus qui échappent au contrôle de la base, car non révocables et sans mandat précis. Nous refusons ce principe.

En aucun cas le paritarisme ne sert l’intérêt des salariés. Ceux qui n'ont rien en commun s'associent autour d'une table pour un semblant de négociation où l'administration a toujours le dernier mot... Les syndicats n’ont qu’un avis consultatif. Ce cadre trompeur, revient en réalité à un simple ajustement ponctuel du système.

Élection, piège à... quoi ?

Sans remettre en cause leur sincérité, nous pensons que nos camarades des autres confédérations se trompent en empruntant cette voie. Insidieusement, depuis des années, avalant couleuvre sur couleuvre, le système les pousse vers la voie dangereuse du syndicat de service individuel et du clientélisme.
Dans cette optique les syndicats deviennent des “partenaires sociaux”, des associés, bien utiles à l’administration pour désamorcer les conflits dans un climat feutré et faire oublier que l’État, féroce exploiteur de l’ensemble des salariés, veut assujettir et casser le service public pour l’intérêt du capital, l’usager devenant un client... (Service qui autogéré par nous tous, n’aurait aucune nécessité de rester étatique).
Ce syndicalisme devient impuissant face aux attaques actuelles contre nos conditions de travail et de vie. L'outil traditionnel de la grève d'un jour devient inefficace dès que l'État le décide : il n’hésite pas alors à piétiner ce système co-gestionnaire ! (décentralisation, réforme de la notation, suppressions de postes... les exemples n’ont pas manqués). Or face à la démolition du service public, nous savons bien que l'heure n'est plus à la négociation mais à l'établissement d'un rapport de force approprié ! Ce rapport de force il nous faut le construire à la base, en adhérant à son syndicat et en s’y impliquant, pas en posant simplement un bulletin dans une urne...!
Les élections modifient les comportements. Elles divisent les personnes et les syndicats en les mettant en concurrence. La gestion par catégorie pousse les syndicats vers le corporatisme, (parfois même revendiqué !), source de divisions au lieu de luttes interprofessionnelles. Alors le vrai enjeu des élections c'est quoi ?
La répartition des droits syndicaux et leur monopole. Les élections engendrent une rivalité entre syndicats. Au contraire, la CNT milite pour l'extension de tous les droits syndicaux à tous les syndicats, tous les collectifs, coordinations, assemblées... l’émancipation ne passe pas par la délégation... Quel acquis social n’a pas été obtenu par la lutte ?
Contre cette « professionalisation » du syndicalisme, la CNT privilégie le syndicalisme des origines, celui issu du mouvement ouvrier sur une conscience de classe, basé sur la démocratie directe, l'autogestion et la rotation des tâches à l'intérieur du syndicat. Ainsi, la CNT refuse les permanents, et ne repose que sur des personnes élues sur un mandat précis (mandats ouverts ou fermés) contrôlées et révocables à tout moment par la base. La CNT est également le seul syndicat à refuser les subventions de l’État. Le boycott des élections rend-il la CNT inefficace ?
Non ! Tout en refusant d'être formatés par les commissions paritaires, notre action de terrain a montré que nous pouvions construire une représentativité de fait et un rapport de forces favorable aux salariés par la lutte et la mobilisation sur des cas individuels comme collectifs. Par ailleurs, la lutte à la base est autrement plus émancipatrice pour l’individu par la solidarité et la responsabilité qu’elle engendre.
Pour obtenir des informations, la CNT participe aux réunions mensuelles administration/syndicats, pratique des demandes d'audiences directement, en intersyndicale ou en délégation. Ces Informations ne devant pas être réservées à des spécialistes, la CNT fait toujours des comptes rendus de ces audiences à destination des adhérents ou agents concernés. Pour soutenir des collègues, la CNT assure conseils, accompagnement et défense et surtout lutte collective et solidaire devant l'administration. Reste aussi dans les cas extrêmes, le recours au Tribunal Administratif, qui ne nécessite pas d'élus. Ne votez par pour eux, luttez pour vous !

Pour retrouver un syndicalisme de combat, rendons illégitimes ces commissions
la CNT appelle au boycott de ces élections
Déléguer, c’est abdiquer !


Tract :