CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

Education, histoire ouvrière et Argentine : 3 nouvelles publications des éditions CNT-RP

Article du samedi 28 novembre 2009


- ÉDUQUER POUR EMANCIPER, Hugues Lenoir, éditions CNT Région parisienne, 16 €, frais de port : 3 €.



Éducateur et anarcho-syndicaliste, l’auteur se penche ici sur les pratiques et les théories éducationnistes du patrimoine culturel anarchiste et, en particulier, l’éducation libertaire.

« Il s’agit d’alimenter et d’enrichir ma pratique professionnelle et, ainsi, de vivre sans trop de contradictions et de déchirements le rôle social que le hasard et les études supérieures m’ont donné à jouer.
« Par ailleurs, comme syndicaliste, je me suis interrogé sur la place que tenaient les discours sur l’éducation dans la pensée et les textes syndicaux des origines, et je me suis très vite aperçu que, dès les résolutions des congrès de la Première Internationale de 1864, la vieille et glorieuse AIT, l’éducation apparaissait comme une préoccupation centrale des militants et de leurs délégués…»




- L’HORIZON ARGENTIN, Petite histoire des voies empruntées par le pouvoir populaire. 1860-2001, Guillaume de Gracia, Préface de Pierre-Philippe Rey, éditions CNT-RP, 2009, 22 €, frais de port : 3, 90 €.



Décembre 2001…

Les médias diffusent – horrifiés – les images du peuple argentin en pleine explosion sociale et populaire lors des journées du 19 et 20 décembre 2001.

El Argentinazo nous a marqué à la fois parce qu’il constitue la première des grandes crises du nouveau millénaire mais aussi parce qu’il a remis au goût du jour des pratiques qui semblaient s’être perdues face aux assauts du libéralisme : Les assemblées générales de quartier, le troc, la récupération et l’autogestion d’entreprises par leurs travailleurs, l’action directe, etc., semblaient avoir été mis au placard définitivement.

Pourtant, l’Argentine est de ces pays, à l’instar de l’Espagne, qui ont été fortement marqués par des pratiques directement issues du riche et foisonnant mouvement anarchiste des XIXe et Xxe siècles même si, aujourd’hui, les anarchistes argentins ne sont toujours pas « un sur cent »… Comment expliquer le succès de toutes les « nouvelles » pratiques post-2001 : autogestion, démocratie directe, action directe, volonté d’autonomie dans le champ populaire, etc. ?

C’est ce que s’attache à prouver ce livre sur les cent quarante dernières années de l’histoire de ce pays. Parce que les historiens, anthropologues ou auteurs, qui ont pris le parti de raconter l’histoire de la classe ouvrière, des rebelles et des pirates, des idéalistes et des esclaves, n’ont pas taillé leur plume hier et s’acharnent toujours à prouver que les peuples n’ont eu de cesse de contester les Empires et d’écrire leur propre histoire. La persistance des pratiques horizontales en Argentine est, de ce point de vue, exemplaire.



- LE SYNDICALISME REVOLUTIONNAIRE, LA CHARTE D'AMIENS ET L'AUTONOMIE OUVRIERE, éditions CNT Région parisienne, 18 €, frais de port : 3 €.



L’année 2006 fut, pour les éditions CNT-RP, l’occasion de célébrer le centenaire du congrès d’Amiens – le ixe de la CGT, conduite alors, sous la houlette de Victor Griffuelhes, Émile Pouget et Georges Yvetot, par le courant syndicaliste révolutionnaire – d’où est issue, comme on le sait, la fameuse « Charte » du syndicalisme, selon le nom qui fut donné asposétriori à la motion votée par la quasi-totalité des délégués ouvriers présents dans la ville picarde. Nous l’avions fait d’abord en publiant le compte rendu rédigé peu de temps après la fin du congrès par Émile Pouget pour la revue Le Mouvement socialiste, puis en organisant une rencontre autour de ce même congrès afin d’évoquer le syndicalisme révolutionnaire français d’il y a cent ans ainsi que l’influence qu’il exerça en Europe et sur le continent américain.

Dans le présent volume, nous avons fait le choix d’accentuer l’aspect historique de cette rencontre, en faisant suivre les textes des interventions d’un chapitre intitulé « La controverse d’Amiens » où nous avons laissé la parole à quelques-uns des divers courants de la CGT de 1906, socialistes et libertaires, ou compagnons d eroute du syndicalisme, comme Hubert Lagardelle, animateur de la revue citée plus haut. Cette partie documentaire est prolongée par des documents écrits à l’occasion du congrès tenu par la CGT à Marseille en 1908, où s’opéra pour la première fois la « transmutation » de la motion rédigée par les représentants de son aile révolutionnaire en « Charte » du syndicalisme.

Venant après la réédition, en fac-similé, du grand livre de Maxime Leroy, La Coutume ouvrière, le présent volume témoigne du désir des Éditions CNT-RP de continuer à travailler à une meilleure connaissance – et à la reconnaissance – d’une tradition largement recouverte, en France, par la bolchévisation du mouvement ouvrier postérieure à la révolution d’Octobre.






Sur le même thème, les éditions CNT-RP ont déjà publié :

Le congrès d’Amiens, Émile Pouget, présentation et notes de Miguel Chueca, 2006, 141 pages, 15 € (frais de port : 2,65 €).

La Coutume ouvrière, Syndicats, Bourses du travail, fédérations, coopératives. Doctrines et institutions, Maxime Leroy, 2007, 2 tomes, 934 p, 40 € les 2 volumes (frais de port : 5,50 €).

Sur la question de l’éducation :
Loin des censier battus, Témoignages et documents sur le mouvement contre le CPE et la précarité. Sorbonne nouvelle, printemps 2006, collectif, 2007, 252 p. / 15 € (frais de port : 2,65 €).

École : une révolution nécessaire, Entretiens avec des militantes et des militants de la fédération CNT des travailleuses et des travailleurs de l’éducation, CNT-FTE, 2008, 208 p., 13 €.

Classes en lutte... numéro spécial "Un syndicat ça combat !"

Article du vendredi 27 novembre 2009



La fédération des travailleurs de l’éducation vient de sortir un 4 pages spécial à lire dans sa version papier (commande auprès des syndicats) ou à feuilleter en ligne :

[CNT Interco69] Non au travail le dimanche !

Article du mercredi 25 novembre 2009



Télécharger l'affiche

Soutien aux grévistes sans-papiers

Article du dimanche 22 novembre 2009







Pour info : la journée de Projection - Débat : en Soutien aux travailleurs SANS-PAPIERS de la CNT Nettoyage En lutte du 7 novembre a permis de récolter 600 euros qui ont été transmis au syndicat CNT Nettoyage pour soutenir les grévistes dans leur lutte, auxquels s'ajoutent les dons effectués en direct par les syndicats de l'UD CNT 69. Merci à tout ceux qui ont pu participé à la caisse de grève. La solidarité n'est pas un vain mot...

Tract de la Fédération Education de la CNT


site web de la CNT Nettoyage

Article suédois d'Arbetaren, journal de la SAC

Pour en savoir plus

La CNT Interco 69 en campagne contre le travail le dimanche

Article du mercredi 18 novembre 2009



Dimanche : ni dieu, ni patron, ni caddie !



Depuis les années 90, le travail dominical a étendu considérablement son emprise. Aujourd'hui, de façon régulière ou occasionnelle, plus d'un quart des travailleurEs va au turbin le dimanche. En 2008, 12,1 % des salariéEs bossaient habituellement ce jour-là contre 10,2 % en 2002. Une énorme proportion (96 %) de celles et ceux-ci va également au boulot le samedi, est en plus soumise à des horaires quotidiens variables imposés par le patron et travaille très souvent de nuit. Plus d'un tiers n'a même pas de repos compensateur. (Source : DARES, octobre 2009)

TRISTE TABLEAU. TRISTES DIMANCHES.
Estimant probablement que cette évolution était trop lente, l'État a souhaité l'accélérer par la législation. La loi 2009-974 du 10 août 2009 a assoupli, en faveur des patrons, les conditions de travail dominical en supprimant les autorisations préalables en zones touristiques et thermales et, pour les unités urbaines de plus d'un million d'habitants, en donnant la possibilité aux autorités de délimiter un « périmètre d’usage de consommation exceptionnel » sur lequel l'ouverture des commerces et donc le travail le dimanche seraient facilités.

LA CONSOMMATION RÈGNE. LE PEUPLE TRINQUE.
Au-delà du flou et des subtilités de la loi - qu'il faut pourtant maîtriser pour se défendre - c'est la question d'un choix de société qui se pose. Le pouvoir crée les conditions pour une civilisation où production et consommation n'auront plus de limite. Le dimanche est jusque-là encore le moment où beaucoup peuvent ne rien foutre, se reposer, exercer un sport ou une pratique artistique, se balader, sortir, bricoler, se retrouver avec leurs proches, leurs familles, leurs amiEs, se cultiver ou se divertir... Bref, vivre à l'écart des contraintes salariales. Désormais dans le cycle hebdomadaire, les politicards et les patrons profitent de la précarisation pour imposer une machine à consommer, servir et produire qui ne s'arrête jamais.

L'ensemble est empaqueté dans une propagande à base de volontariat, de ré-affirmation des garanties et de consommateurs-électeurs à satisfaire. Mais l'intention est claire ! Maintenant le dimanche, le populo devra faire des sacrifices aux dieux du capital, de l'État et de la marchandise après s'être fait sermonner pendant des siècles par les curés. Les vitrines réservées à la bourgeoisie sont toujours plus rutilantes pendant que les plus pauvres sont poussés au sur-endettement.

Face à de telles perspectives, il convient de résister en demandant le retrait de cette loi. En boycottant les établissements commerciaux ouverts le dimanche. En informant les travailleurEs de leurs droits, en les incitant et en les aidant à se défendre collectivement face aux patrons qui exigent le travail dominical.

Afin de donner à chacunE la possibilité de vivre sa vie et de s'émanciper hors de l'exploitation salariale et de la consommation abrutissante, le syndicat CNT Interco du Rhône revendique une répartition des richesses et du temps de travail dans un but d'égalité sociale.

LA LIBERTÉ ET L'ENTRAIDE NE S'ACHÈTENT PAS DANS LES SUPERMARCHÉS !


interco69@cnt-f.org





Tract à télécharger

[Billet d'humeur] Patrons, tremblez !

Article du mardi 17 novembre 2009

On se suicide au travail ! On se suicide au travail ! Ça fait quelques années que ces suicides défrayent la chronique. Ces derniers temps, on se focalise, à juste titre, sur France Telecom car rendez-vous compte on dénombre vingt-deux suicides et treize tentatives depuis début 2008 dans cette boîte. Plus d’un suicide par mois et combien de gens qui se shootent pour ne pas craquer ? L’heure est grave quand le suicide apparaît aussi comme un dernier coup de gueule, comme la seule dignité qu’il nous reste, comme un acte de lutte. On a pu voir les grèves de la faim se multiplier ces dernières années pour tout type de cause. On peut y retrouver la même énergie du désespoir. Le même manque de liberté et de droit qui font que, devant l’injustice, il ne reste plus que sa vie à mettre en jeu. Non pas dans une lutte militante, mais dans une lutte d’opinion, une lutte médiatique, une lutte où l’individu joue sa vie en se positionnant seul contre tous… Perdu d’avance !

On voit depuis quelques temps nos libertés se réduire et la police devenir toute puissante. C’est qu’en ces temps de misère croissante, il faut tenir le peuple pour éviter toute rébellion, révolte ou révolution. Dans les entreprises, il n’y a jamais eu de démocratie puisque le patron est tout puissant. Le code du travail spécifie bien que le salarié est le subordonné du patron. Or, comment imaginer une possible démocratie quand quelques personnes détiennent le pouvoir. Ils ont un énorme pouvoir de nuisance sur nos vies alors les salariés n’ont plus qu’à fermer leur gueule. Avec le management agressif qu’on a vu se développer ces dernières années, les dirigeants ont décidé de jouer sur le stress, la peur… bref que des bonnes choses. Alors, les gens craquent !

Encore un élément signifiant la crise du syndicalisme, les gens se tournent vers des formes de luttes individuelles mettant en jeu leur corps (grève de la faim, course à pied…) ou vont jusqu’à l’ultime cri de désespoir et de colère : le suicide. Ce phénomène est révélateur du manque d’attrait du syndicalisme de ces dernières décennies, de ce syndicalisme qui nous a accompagnés dans la misère, de ce syndicalisme qui est rentré dans les salons du pouvoir, de ce syndicalisme qui a renoncé à la lutte des classes… Ce syndicalisme ne génère plus d’espoir. Les gens n’y croient plus. Tellement qu’ils se tirent des balles !

Alors à nous de nous retrousser les manches pour faire renaître l’espoir et le goût de la lutte collective. À nous anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires de redoubler d’effort en ces temps maudits et barbares pour développer une organisation syndicale digne de ce nom et porteuse d’un autre futur : la CNT. Les gens craquent, la société craquelle… Aujourd’hui certains se font sauter la tête mais faites gaffe vous les patrons, les actionnaires et autres parasites, demain ce pourrait bien être la vôtre qui sautera…

Ben
Sub 69

[Témoignage] Précarité dans le recyclage de matériels informatiques...

Article du samedi 14 novembre 2009

J'ai travaillé dans les vignes depuis début mai, on est mi juin, mon contrat CDD se termine. On a décidé de prendre quelques jours début juillet, ma compagne et moi. Entre temps une boite intérim m'appelle pour une mission d'une semaine. Ca tombe bien.

La boite c'est « Trxxxxx et Serxxxx » à Cluny. C'est ma référente pôle emploi qui me l'a indiquée, comme une boite qui propose des missions de services à la personne (jardinage, ménage, etc...). J'y avais laissé nom, adresse, téléphone portable (pas le fixe malgré insistance). Questions sur ma situation, des indemnités jusqu'à quand ? Et après, quelles ressources? Touchantes attentions...

Je me pointe. Mission d'une semaine, 22 au 26 juin, poste 6h – 13h, 20 mn de pause, dans une boite de recyclage informatique, Edxx 3X, Macon. Je m'étonne, je rapproche pas avec les services à la personne. Le contrat est en CDD d'usage. Elle me prévient que le boulot n'est pas sensé me convenir, ya des poussières. Elle me dit que je peux rompre la mission à ma convenance par ce que stipulée à fin de tâche ?...je m'attend à un boulot bien crade. J'accepte.



Petits points:

Le CDD d'usage remonte à une ordonnance de 1982. Il est réglementé par deux articles de loi, L-122 1-1-3° alinéa et D 122-2 du code du travail. Il est applicable à 20 secteurs d'activités, comme les intermittents du spectacle, la restauration , les travaux agricoles, et ... et... les Associations Intermédiaires (comme Travail et Services). Des secteurs dont il est « d'usage constant de ne pas recourir au CDI en raison de la nature de l'activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois. »
Il n'est soumis à aucune durée maximale, la signature de plusieurs contrats est possible. Il n'y a pas de délai de carence. Il n'y a pas d'indemnités de précarité.

Une Association intermédiaire embauche des personnes en fin de droit, met les salariés à disposition à titre onéreux, mais n'est pas à but lucratif. Elle doit assurer l'accueil et l'accompagnement des salariés en vue d'une insersion durable. ... belle vitrine...

Lundi 22 juin, 6 heures, m'y voilà. Un grand hangar de tôle sans fenêtres. Deux grands portails pour les chargements déchargements. Deux longs rails avec des roulements à gros tubes d'acier. Des palettes emplies d'écrans cathodiques d'ordinateurs et de télévisions, des écrans plasma. Les affichages réglementaires, port du masque obligatoire, personne à contacter en cas de pollution accidentelle, blablabla.

Nous sommes 2 nouveaux. Le chef d'équipe ne trouve pas de masques à nous fournir. A du mal à dénicher 2 paires de gant. Pas de lunettes de protection. Vas y comme ça, Paulo.

On nous passe les outils, tournevis, gros marteau, cisaille, manivelle à vis. C'est tout. Si tu perds, c'est pour ta poche.

Il y a une douzaine de gars répartis sur les deux chaînes. A vu d'oeil les collègues pètent pas la forme. Teint plombé, c'est le terme, yeux rouges.

Le boulot est vite vu. Alimenter les rails en écran. Démonter les carters plastiques, débarrasser la ferraille, dégager les cartes électroniques, couper la filasse en triant cuivre et aluminium. en fin de chaine le tube cathodique est brisé au marteau pour récupérer le verre, après aspiration du plomb.

La cadence est rapide. On fait rouler les écrans en faisant gaffe de pas laisser la main trainer.

Je démonte les carters. Quand c'est trop long, on y va à grands coups de marteau. C'est physique. Souvent le tube implose à l'intérieur. Ya des éclats de PVC tranchant qui fusent, du verre qui vole, le bruit est assourdissant. Bientôt tu marches dans une mélasse de bouts de cartes imprimées, fils, bouts de verres, plastiques déchiquetés. Pour les petits écrans comme les minitels, tu balances un grand coup par terre. Je me prends des petits éclats dans les yeux. La poussière est insupportable.

Pour les masques , il y deux catégories. Les masques ventilés, qui couvre la tête, avec un moteur pompe à la ceinture (pas d'air pris de l'extérieur), une protection plexiglas au visage Et puis les simples masques en papier. On m'explique que les ventilés, c'est pour les contractuels, les papiers, les intérimaires. On me dit que les ventilés, c'est cher. Le masque en papier à la fin de la journée, il est noir. IL faut pleurer pour en avoir un neuf.

A la pause, le jeune arrivé avec moi se tire pour pas revenir. Je discute. Tous les gars sont en CDD, au SMIC, sans prime de précarité (CDD d'usage mais la boite ne répond pas aux secteurs répertoriés, encore que les astuces, c'est pas ce qui manquent).Les contrats sont souvent d'un an, renouvelable une fois. Après t'as le temps de développer ton cancer, c'est ton affaire.

A la fin de la journée, il faut nettoyer, balayer. Je suffoque, suis obligé de sortir à l'air libre.

Rentré chez moi, j'appelle Travail et Services, je suis très remonté, j'explique que j'ai travaillé sans protection, que dans ces conditions, j'arrête tout. La personne me répond qu'elle n'est pas responsable, qu'il faut appeler Edxx 3X . Chez Edxx 3X, on me dit « et si on vous fournis un masque, vous viendrez demain? » j'insiste pour un ventilé, selon eux le papier c'est pareil comme protection. On se met d'accord. Je resterai la semaine. Pour voir, pour témoigner. Ce soir là, je ne vais pas bien. J'ai le palpitant qui s'emballe. Je dors pratiquement pas. J'ai ramassé.



Petits points :

Composants toxiques principaux dans les écrans cathodique, écrans plat, cartes électroniques...
Tiré d'un rapport de Five Winds International pour Environnement Canada, Bureau national de la prévention de la pollution et Industrie Canada – mai 2001 ( bon appétit)

Mercure
Ecrans plats - Tubes fluorescents- Ecrans Cathodiques – Piles – Accumulateurs – Ordinateurs portables- Téléphones mobiles
Atteinte au système nerveux central et aux reins. Bio accumulé et bio amplifié dans l'environnement

Plomb
Soudures – Tubes cathodiques (en moyenne 3 kilos par tube) – Accumulateurs
Atteinte système nerveux central. Reins. Cancer du poumon.

Cadmium
Piles – boitiers – blocs alimentations – tubes cathodiques – circuits imprimés
Cancérogène. Atteinte système rénal et respiratoire.
Cancer du poumon Persistant et bio accumulable.

Chrome hexavalent
Boitier – cartes imprimées – Moniteurs – Câbles
Cancérogène. Génotoxique.

Béryllium
Cartes mères – Relais – Commutateurs – Ecrans
Cancérogène. Inflammation pulmonaire Pneumonie aigue Maladie chronique et mortelle ( Béryliose – signes retardés jusqu'à 20 ans)

Antimoine
PC – Moniteurs – Câbles – Boitiers
Cancérogène

Polychlorobiphényles (PCB)
Cancérogène Persistant et bio accumulable



Le lendemain, les collègues me regardent d'un drôle d'air. J'ai un masque ventilé. Comment j'ai fait? je leur explique que c'était ça ou arrêt de la mission. La boite a besoin de monde, elle a du mal à recruter. Pour la plupart, les collègues sont coincés. Problèmes avec la justice par exemple, ou il se sont fait piéger en signant le contrat. La boite s'empresse de te faire signer après quelques jours d'intérim (ils connaissent tous Trxxxxx et Serxxxxx). Et puis c'est du taf, et quand tu viens de la cité...
Tous sont plus ou moins conscients qu'ils s'exposent dangereusement. Certains ne portent jamais de masque (le chef d'équipe (pour l'exemple), un préposé au pilonnage du tube, poste très exposé), et puis le masque, à force, tu le mets pas toujours, les papiers sont étouffants, les ventilés te saoulent la tête.

Les jours ont passés, toujours avec la même cadence rapide de travail. Le mercredi, un collègue hurle de douleur en se tenant la main. Le lendemain nous apprenons qu'il se l'ai brisée, coincée entre les écrans.

La cerise pour la fin.

J'ai fais une rapide enquête sur Internet

SARL EDXX 3X
Gérant : Monsieur PIXXX Cédxxxx

Association Intermédiaire TRXXXXX ET SERXXXXX
Directeur Social et Médico Social – Directeur Général : Monsieur PIXXX Cédxxxx

LE MEME BLAZE!
JACK POT

N'ayez pas peur, chômeurs et précaires, les bonnes âmes s'occupent de vous.

Pour Hassan, Saîd, Farid, Nicolas, Roger et les autres


Témoignage d'un camarade de la CNT 69

Bernard Lavilliers : Interview + "Bosse"

Article du dimanche 1 novembre 2009