CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

[Presse] Vaulx en Velin Journal : moins de moyen pour les collèges

Article du vendredi 26 février 2010



Alors que le gouvernement annonce 16 000 suppressions de postes dans l’Education nationale pour la rentrée prochaine, les collèges, dont ceux de Vaulx, subissent des coupes dans l’attribution de leurs moyens.



Dans ce contexte de diminution des moyens aux collèges, l’Inspection académique, chargée de leur répartition au niveau du département, a choisi de revoir à la baisse les heures attribuées au collège Barbusse, pourtant classé Ambition Réussite.

Pour denis Pourrat, enseignant à Barbusse, représentant syndical de sud Education : “Le gouvernement est dans une logique comptable”. selon lui et les autres représentants syndicaux Cnt-Education et snEs-Fsu, l’annonce de la diminution de la dotation horaire globale pour la rentrée prochaine s’inscrit dans une politique “visant à détruire le travail entrepris depuis une dizaine d’années” et s’avère catastrophique pour les élèves dont “90 % des familles sont dans la catégorie sociale défavorisée”.

Eric Bellot, le principal du collège Barbusse constate : “A la rentrée, nous recevons une enveloppe d’heures qui permet d’assurer les enseignements. En septembre nous avions une dotation horaire globale de 874 heures, pour la rentrée prochaine nous aurons 845 heures. Il n’y aura pas de suppression de postes et nous allons garantir l’enseignement de la langue arabe”. En revanche, la diminution de la dotation globale horaire va entraîner la disparition de dispositifs d’aide aux élèves : les classes de 4e bénéficiaient d’un soutien très spécifique qui va être supprimé et il ne sera plus possible de répartir les élèves en groupe pour les cours de sciences en 5e et 4e. Le collège Barbusse n’est pas le seul établissement concerné puisque, pour le département du Rhône, la baisse est de 800 heures. Les enseignants estiment qu’il n’y pas d’autre alternative que de “se battre car nous voulons que nos élèves puissent poursuivre leurs études dans de bonnes conditions. Nous avons eu un taux de réussite de 80 % au brevet cette année, alors que nous étions à près de 45 % il y a quelques années. Non seulement nous avons réussi à obtenir la paix sociale à Barbusse mais de plus à conduire nos élèves vers la réussite”. Ils ont déposé un préavis de grève pour le 1er mars, mais gardent l’espoir que l’inspectrice d’Académie leur accordera une entrevue d’ici-là : “C’est ce que nous lui avons demandé dans un courrier qui, pour l’instant, reste sans réponse”, précise Mickaël Goyot, enseignant et délégué syndical.

Les personnels du collège sont soutenus par les élus de la Ville et les parents d’élèves délégués, prêts aussi à se mobiliser pour le sort de leurs enfants. Car, pour stéphanie stupak, parent d’élève siégeant au Conseil d’administration, “c’est bien l’avenir de nos enfants qui est en jeu. Comment, en effet, conserver la même qualité d’enseignement lorsque les moyens diminuent ? Aussi bien la direction que les enseignants sont à l’écoute des parents et des élèves. Il existe une vraie volonté d’aider les élèves. Mais avec moins d’heures, les enseignants n’auront plus le temps de s’investir autant. Ce n’est pas parce que nous habitons dans des quartiers dits difficiles que nos enfants n’ont pas le droit à la réussite”, s’insurge-t-elle.

une colère d’autant plus justifiée que le 3 novembre 2009, Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale déclarait à propos de la politique du gouvernement en matière d’éducation : “Notre principal objectif est de lutter contre l’échec scolaire. Dans les Zones d’Education Prioritaires, lutter contre l’échec scolaire, c’est faire plus pour ceux qui ont moins (…). Trois ans après la création des réseaux Ambition Réussite le bilan est encourageant. Nous devons concentrer les moyens là où les besoins sont les plus criants. Faire d’avantage pour les élèves qui ont des difficultés”. dont acte.

Jeanne Paillard



Article en pdf

[Education] N'AUTRE ECOLE N°25 - hiver 2010 - en ligne

Article du samedi 20 février 2010



Connaître la pieuvre : d’où vient l’évaluation, notée ou pas, dans l’entreprise et dans l’école. Y répondre : par le refus quand nécessaire, par son double intelligent, sensible et rigoureux dans l’ordinaire des jours. Si notre numéro est copieux, ce n’est pas seulement fonction de l’enjeu, mais parce que les exemples de « contre-évaluation » sont nombreux, et « transférables » comme on dit. Sans compter que nous poussons l’obsession jusqu’à nous demander s’il faut évaluer nos combats. N’hésitez pas à évaluer ce numéro ! (il n’y a que son prix que nous n’avons pas (ré)évalué, bien qu’il atteigne les 60 pages)



SOMMAIRE :

Édito

Tous évalués. Pourquoi ? Par qui ?

La théorie de l’évaluation

C’est eux qui le disent...

L’évaluation nouveau paradigme des réformes de l’éducation

La nuit sécuritaire

Récréation

Secteur privé : l’évaluation reste un outil de tri sélectif

N’Auto école

Mémento juridique : évaluation des personnels Évaluer et s’évader ?

Propos sur l’évaluation

Notation : pourrons-nous changer

les mentalités et les pratiques ?

Où est passée la note ?

La constante macabre

L’expérience de l’Hautil

Des ceintures de toutes les couleurs

Une histoire de la note... et de sa contestation

Anecdotes docimologie

Les arbres de connaissance

La Recherche ou l’évaluation permanente

Notation, évaluation, inspection : objection !

L’évaluation dans le supérieur

Le refus d’inspection dans le secondaire

Pour une stratégie de l’opacité

Les compétences : faire avec ou comment s’en débarrasser ? Quelle évaluation pour nos luttes ?

Les évaluations nationales au cœur des luttes

Mais comment évaluer notre action ?

Évoluer et s’évaluer

RESF : l’impossible bilan

► Mais aussi en ligne sur le site de la revue : L’évaluation en maternelle, Éric Dussart

Aimer ne s’évalue pas, René Croci

Dis, donc… c’est à l’école que tu apprends ces vilaines manières ?, Ch. Pepinster

... et des prolongements aux articles.

Carnet de lectures

Lecture jeunesse



A lire en ligne en cliquant sur le vignette ci-dessous, bonne lecture (la revue papier est disponible au local CNT pour 4 euros)




site de la revue "N'autre école"

[CNT Education 69] Grèves et luttes dans les établissements scolaires contre la casse programmée du service public d'éducation

Article du lundi 15 février 2010



La CNT Education 69 apporte son soutien à tous les collègues des établissements du 2nd degré qui se mobilisent actuellement contre les DHG (Dotation Horaire Globale, moyens accordés à chaque établissement scolaire) dans le Rhône.
En effet, ces DHG sont actuellement présentées dans les conseils d'administration des collèges et des lycées qui n'ont pas le pouvoir de se positionner sur le volumes des heures affectées : qu'ils les refusent ou les valident, ces dotations seront imposées par l'IA.
Les moyens accordés sont très souvent en baisse, ce qui est la traduction locale des suppressions massives de poste voulues par le gouvernement. Ainsi l'inspectrice d'académie du Rhône doit supprimer 44 postes.

Plusieurs établissements ont donc choisi de rentrer dans la lutte pour dénoncer les situations qui leur sont faites et les dégradations à prévoir des conditions d'enseignement. C'est le cas du LP Picasso à Givors et du collège Alain à St-Fons qui étaient en grève jeudi 4 février (le LP Picasso a poursuivi son mouvement) ou du LP Sembat-Séguin de Vénissieux et du LP Bron Auto qui étaient en grève mardi 9 février.
Les enseignants du collège Barbusse ont quant à eux choisi d'empêcher la tenue du CA et revendiqué une réaffectation des heures manquantes. Dans le cas contraire, ils ont annoncé qu'ils se mettraient en grève reconductible.

Dans d'autres académies des luttes similaires ont vu le jour, en particulier en Seine-Saint-Denis où après une journée de grève départementale jeudi 4 février, celle-ci est reconductible avec une manifestation de 2000 personnes à Paris le jeudi 11 février, ou encore dans l'académie de Lille où des établissements étaient en grève la semaine passée.

La CNT Education 69 et ses adhérents poursuivront leur action au sein de ces luttes et militeront afin que celles-ci s'élargissent à tous les établissements ainsi qu'aux écoles primaires ou à l'Université, elles aussi victimes de la politique de rigueur budgétaire que subit le service public d'éducation.

[CNT Education] Communiqué du personnel du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin

Article du lundi 8 février 2010

Ci-dessous le communiqué que les personnels du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin ont envoyé ce soir à l'inspectrice d'Académie.
Les enseignants ont empêché la tenue du conseil d'administration lundi 8 février, car ils refusent la DHG pour la rentrée prochaine.
En effet, les moyens attribués ne permettent pas d'envisager une rentrée scolaire sereine: plusieurs dispositifs d'aide aux élèves risquent d'être supprimés tout comme la prise en charge des élèves en groupes en sciences (SVT, Sciences physiques et technologie).



A Madame l'Inspectrice d'Académie,
s/c du chef d’établissement

Objet : Dotation Horaire Globalisée du collège Henri Barbusse

Madame,
Considérant la dotation horaire globale attribuée à leur établissement, les personnels du Collège Henri Barbusse réunis en heure d'information syndicale ce jour ont décidé d’empêcher la tenue du conseil d’administration qui devait se tenir ce jour. En effet, cette dotation met en péril le fonctionnement même de l’établissement parce qu’elle porte un grave préjudice aux conditions d'apprentissage des élèves et aux conditions d'enseignement des professeurs.

Lors de la présentation faite par le chef d'établissement en assemblée générale le jeudi 4 février, les enseignants ont appris avec stupeur la disparition de plusieurs dispositifs d'aide aux élèves et la suppression des groupes de sciences, ainsi que l'ATP à la rentrée prochaine. Jusqu'à présent, il y avait, en sciences-physiques, SVT et technologie, 4 groupes pour 3 classes, permettant de travailler à 18 élèves et donc de réaliser les expériences nécessaires dans ces matières avec des conditions de sécurité acceptables. L'ATP est pour sa part indispensable pour permettre aux élèves d'apprendre à s'organiser dans leur travail. Ces annonces déjà intolérables doivent s'accompagner de la suppression de 14 autres heures, la dotation apportée par vos services contraignant le principal à sacrifier ce qui fait la réussite de notre établissement : de nombreux projets disciplinaires assurant l'ouverture culturelle (projet beaux arts, classe musique, projet théâtre, classe sciences), plusieurs sections sportives et divers dispositifs pédagogiques mis en place pour accompagner la scolarité de nos élèves dans chaque niveau. Et que dire de la SEGPA ? Depuis 2 ans, nous recevons des directeurs non formés, ce qui ne permet pas d’assurer la promotion de la structure et ce malgré les besoins de notre secteur.

Les dispositifs que l'administration a d'ores et déjà prévu de supprimer sont pourtant reconnus comme innovants à travers leur labellisation par le Pôle Académique de Soutien à l'Innovation et à l'Expérimentation). Ils sont dédiés aux élèves de 6e et 5e et ont été pensés dans le but d'accompagner les élèves dans leur passage de l'école primaire au collège. L’an dernier, des Inspecteurs Généraux venus visiter notre collège ont salué ce travail en précisant dans leur rapport que nous étions en avance sur d'autres établissements classés EP1 (« Ambition Réussite »), tant au niveau de la réflexion que des dispositifs permettant la prise en charge de nos élèves. Cela aurait-il changé ? Les constats d’un rapport de l’inspection générale ne résistent-ils pas à la logique d'économie budgétaire relayée par vos services ?

Pour tenter de justifier l’amputation des moyens alloués au collège, une baisse d’effectifs est anticipée, en particulier en classe de 3e où il est prévu qu’il n’y ait que 111 élèves alors qu'il y a actuellement 134 en classe de 4e. Où passeront donc ces 23 élèves à la rentrée 2010 ? Certes, certains d’entre eux s’orienteront vers des 3e spécifiques (3e DP6 ou 3e DPA), mais ils ne seront vraisemblablement qu’un petit nombre. De fait, depuis la suppression de la classe de 3e DP6 dans notre établissement en juin 2009, les élèves ainsi que leurs parents ont plus d'appréhension à envisager une orientation dans un autre établissement, en particulier en lycée professionnel. Nous nous permettons de vous rappeler que lors de la préparation de la rentrée dernière, nous avions déjà attiré votre attention sur le fait que vos prévisions d'effectifs en janvier semblaient sous-évaluées. Or, face à la réalité des chiffres, vous avez finalement dû rejoindre nos prévisions en ouvrant une division supplémentaire en 4e fin juin et une 6e supplémentaire le 9 juillet.

Confronté à une DHG famélique, le chef d'établissement prévoit la suppression de l'arabe comme langue vivante 2, alors que cette LV2 enrichit l'offre éducative proposée au sein de notre collège. De même, la suppression d'un poste d'EPS telle qu’elle est prévue nuirait considérablement à la « relative » stabilité de l'équipe au cours des dernières années ainsi qu'à un certain nombre de projets portés collectivement. Ceci est d'autant plus incompréhensible qu’un professeur d'EPS devrait venir assurer la moitié de service de notre collègue dont le poste serait supprimé et que l'autre moitié serait assurée en heures supplémentaires par les autres enseignants. Nous refusons de rentrer dans de telles logiques comptables : 18H d'EPS sont nécessaires au collège Barbusse, et nous avons besoin des compétences du professeur concerné. Celui-ci doit donc rester au collège.

En même temps que la baisse de dotation, les enseignants ont appris par la presse que leur établissement serait équipé de vidéo surveillance en 2011. Ce projet ne correspond aucunement à leur demande et tend de plus à stigmatiser nos élèves comme de possibles délinquants. L'argent dépensé pour ce projet serait assurément beaucoup plus utile pour permettre la poursuite du travail mené en profondeur et qui vise à donner à leurs élèves confiance en l'avenir.

Nous nous permettons de vous rappeler que le classement EP1 de notre établissement n'est pas dû au hasard. Les difficultés sociales des familles sont bien réelles: plus de 90% d'entre elles sont classées dans la catégorie sociale défavorisée. Nous accueillons un nombre important d'élèves n'ayant pas commencé leur scolarité en France du fait de la présence d'un forum réfugiés sur notre zone de recrutement et de quartiers où les logements ont des loyers faibles. Cependant, et grâce au travail entrepris depuis plusieurs années, l'évolution du collège est plutôt positive tant au niveau de l'ambiance de travail que des résultats au brevet des collèges : de 45 % en 2000 à 80% en 2008 et 2009. Est-ce à cause de cette réussite que vous avez décidé de réduire nos moyens, en pensant que même si nous ne faisons pas aussi bien, ce ne serait pas très grave? Ou est-ce parce que l'idée de donner davantage de moyens aux établissements dont les difficultés sont plus grandes, afin de garantir une certaine égalité des chances, fait désormais partie du passé ?

Les enseignants du collège Barbusse ne sont pas prêts à vous laisser mener à bien une politique qui vise à détruire le travail entrepris depuis une dizaine d'années, il refuse que la jeunesse des quartiers populaires soit la variable d'ajustement des politiques de restrictions budgétaires. Il demande donc à ce qu'une délégation d'enseignants soit reçue dans les jours qui viennent et que vos services réaffectent au plus vite les moyens qui permettront au collège de retrouver sa sérénité. En dépit de l'absence de réponse à nos précédents courriers, nous espérons vivement que notre demande d'audience sera cette fois-ci satisfaite. Si le dialogue n'est pas envisageable, nous serions amenés à nous faire entendre d'une toute autre manière, notamment par la grève, pour nous opposer à la destruction programmée de notre établissement.



Les personnels du collège Henri Barbusse réunis en heure d'information syndicale avec le soutien des sections SNES, SUD et CNT du collège.