A l'université comme ailleurs, le gouvernement s'efforce de réformer le service public pour le rendre rentable et soumis au marché économique. Le partage du savoir, le développement de l'esprit critique, l'émancipation par la connaissance doivent laisser place au formatage d'individus adaptés à une société de classes, hiérarchisée, individualiste, basée sur la concurrence à toutes les échelles. Les différentes réformes s'intègrent dans une logique de privatisation. Celle-ci passe par des restrictions budgétaires (suppression de postes statutaires, d'une année de stage rémunérée pour les futurs enseignants, ...) une gestion managériale (assujettissement des formations, précarité, autoritarisme, ...), la casse du statut des enseignants-chercheurs et une précarisation accrue de tous. La loi LRU s'inscrit parfaitement dans ce cadre puisque les universités déclarées « autonomes » devront se battre sur l'arène de l'économie de la connaissance au détriment des conditions d'étude des classes populaires, de la qualité de la recherche et des conditions de travail des personnels. La coordination nationale des universités, qui fonctionne depuis un mois en regroupant à peu près toutes les semaines des mandatés (enseignants, chercheurs, biatoss et étudiants) de la plupart des universités, en exige l'abrogation.

Les universités sont en lutte depuis plus d'un mois, la grève étant reconduite presque partout depuis début février. Voici un petit état des lieux des luttes lyonnaises (au soir du 8 Mars).

La mobilisation à l’IEP de Lyon est ininterrompue depuis mi-janvier. Les enseignants, en grève, retiennent les notes. Côté étudiant, la mobilisation est très forte avec des AG massives (plus de la moitié des étudiants de l'école). Les journées banalisées et les deux dernières semaines de blocages ont permis de mener des actions variées : cours hors les murs, « freezing », tractages, manifestations symboliques, ateliers de réflexion et d’information, etc. Mardi 10 mars, le blocage pour la semaine en cours a été reconduit par un vote à bulletin secret avec 72 % de votants.

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