CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

[CNT Education 69] Collège Barbusse (Vaulx-en-Velin): faute de réponse, la grève continue.

Article du lundi 8 mars 2010

Vaulx-en-Velin le 8 Mars 2010



Ce lundi 8 aura vu une très forte mobilisation au collège Barbusse avec 98;5% de grévistes : les cours ne se sont donc pas déroulés et le principal a renvoyé les élèves dans leur foyer.
Les enseignants étaient présents dès 7 heures du matin avec 4 banderoles devant le collège. Ils ont demandé à être reçus par le Recteur afin que celui-ci rétablisse les heures indispensables au fonctionnement des dispositifs permettant la réussite de leurs élèves. A cette heure ils n'ont reçu aucune réponse. Face à ce silence; les enseignants ont décidé de reconduire la grève demain Mardi 9 Mars. Ils se retrouveront à 9H00 au collège pour une assemblée générale avant de se rendre directement au Rectorat de Lyon afin d'obtenir une réponse à leur demande de rendez-vous. Ils organiseront à cette occasion une action visuelle devant le Rectorat à 11H30, suivi d'un barbecue festif. A cette occasion se tiendra une nouvelle conférence de presse à 13H00.

Les enseignants du collège Barbusse se sont aujourd'hui déplacés dans les collèges de la banlieue Est de Lyon à la rencontre de leurs collègues, afin de les informer de leur situation. Ils les ont alors invités à envoyer des représentants pour dénoncer avec eux les économies budgétaires réalisées sur le dos des banlieues et de l'éducation prioritaire.

Demande d'audience au Recteur qui a été envoyée ce matin.

Nous retrouver sur FaceBook : collectif collège Barbusse (69) en colère !!

[Solidarité] Aubervilliers en lutte

Article du vendredi 5 mars 2010



Avant les vacances scolaires, les enseignants de Seine-Saint-Denis ont entamé un mouvement de grève reconductible afin de contester les décisions gouvernementales qui poursuivent et accentuent la casse du service public d'éducation. Ce mouvement parti d'Aubervilliers s'est étendu à l'ensemble de la région parisienne avec plus de 130 établissements du second degré en lutte et une centaine d'école primaire.

Quelques grévistes du 93 étaient présents hier soir à l'émission syndicale "Spartacus" sur Radio Canut

Lors de l'émission les grévistes d'Aubervilliers ont présenté leur blog qui met à disposition des informations sur le mouvement mais aussi du matériel militant qui peut être repris par toutes les personnes en lutte.

Voici le lien : http://aubervilliersenlutte.wordpress.com/

[Presse] Vaulx en Velin Journal : moins de moyen pour les collèges

Article du vendredi 26 février 2010



Alors que le gouvernement annonce 16 000 suppressions de postes dans l’Education nationale pour la rentrée prochaine, les collèges, dont ceux de Vaulx, subissent des coupes dans l’attribution de leurs moyens.



Dans ce contexte de diminution des moyens aux collèges, l’Inspection académique, chargée de leur répartition au niveau du département, a choisi de revoir à la baisse les heures attribuées au collège Barbusse, pourtant classé Ambition Réussite.

Pour denis Pourrat, enseignant à Barbusse, représentant syndical de sud Education : “Le gouvernement est dans une logique comptable”. selon lui et les autres représentants syndicaux Cnt-Education et snEs-Fsu, l’annonce de la diminution de la dotation horaire globale pour la rentrée prochaine s’inscrit dans une politique “visant à détruire le travail entrepris depuis une dizaine d’années” et s’avère catastrophique pour les élèves dont “90 % des familles sont dans la catégorie sociale défavorisée”.

Eric Bellot, le principal du collège Barbusse constate : “A la rentrée, nous recevons une enveloppe d’heures qui permet d’assurer les enseignements. En septembre nous avions une dotation horaire globale de 874 heures, pour la rentrée prochaine nous aurons 845 heures. Il n’y aura pas de suppression de postes et nous allons garantir l’enseignement de la langue arabe”. En revanche, la diminution de la dotation globale horaire va entraîner la disparition de dispositifs d’aide aux élèves : les classes de 4e bénéficiaient d’un soutien très spécifique qui va être supprimé et il ne sera plus possible de répartir les élèves en groupe pour les cours de sciences en 5e et 4e. Le collège Barbusse n’est pas le seul établissement concerné puisque, pour le département du Rhône, la baisse est de 800 heures. Les enseignants estiment qu’il n’y pas d’autre alternative que de “se battre car nous voulons que nos élèves puissent poursuivre leurs études dans de bonnes conditions. Nous avons eu un taux de réussite de 80 % au brevet cette année, alors que nous étions à près de 45 % il y a quelques années. Non seulement nous avons réussi à obtenir la paix sociale à Barbusse mais de plus à conduire nos élèves vers la réussite”. Ils ont déposé un préavis de grève pour le 1er mars, mais gardent l’espoir que l’inspectrice d’Académie leur accordera une entrevue d’ici-là : “C’est ce que nous lui avons demandé dans un courrier qui, pour l’instant, reste sans réponse”, précise Mickaël Goyot, enseignant et délégué syndical.

Les personnels du collège sont soutenus par les élus de la Ville et les parents d’élèves délégués, prêts aussi à se mobiliser pour le sort de leurs enfants. Car, pour stéphanie stupak, parent d’élève siégeant au Conseil d’administration, “c’est bien l’avenir de nos enfants qui est en jeu. Comment, en effet, conserver la même qualité d’enseignement lorsque les moyens diminuent ? Aussi bien la direction que les enseignants sont à l’écoute des parents et des élèves. Il existe une vraie volonté d’aider les élèves. Mais avec moins d’heures, les enseignants n’auront plus le temps de s’investir autant. Ce n’est pas parce que nous habitons dans des quartiers dits difficiles que nos enfants n’ont pas le droit à la réussite”, s’insurge-t-elle.

une colère d’autant plus justifiée que le 3 novembre 2009, Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale déclarait à propos de la politique du gouvernement en matière d’éducation : “Notre principal objectif est de lutter contre l’échec scolaire. Dans les Zones d’Education Prioritaires, lutter contre l’échec scolaire, c’est faire plus pour ceux qui ont moins (…). Trois ans après la création des réseaux Ambition Réussite le bilan est encourageant. Nous devons concentrer les moyens là où les besoins sont les plus criants. Faire d’avantage pour les élèves qui ont des difficultés”. dont acte.

Jeanne Paillard



Article en pdf

[Education] N'AUTRE ECOLE N°25 - hiver 2010 - en ligne

Article du samedi 20 février 2010



Connaître la pieuvre : d’où vient l’évaluation, notée ou pas, dans l’entreprise et dans l’école. Y répondre : par le refus quand nécessaire, par son double intelligent, sensible et rigoureux dans l’ordinaire des jours. Si notre numéro est copieux, ce n’est pas seulement fonction de l’enjeu, mais parce que les exemples de « contre-évaluation » sont nombreux, et « transférables » comme on dit. Sans compter que nous poussons l’obsession jusqu’à nous demander s’il faut évaluer nos combats. N’hésitez pas à évaluer ce numéro ! (il n’y a que son prix que nous n’avons pas (ré)évalué, bien qu’il atteigne les 60 pages)



SOMMAIRE :

Édito

Tous évalués. Pourquoi ? Par qui ?

La théorie de l’évaluation

C’est eux qui le disent...

L’évaluation nouveau paradigme des réformes de l’éducation

La nuit sécuritaire

Récréation

Secteur privé : l’évaluation reste un outil de tri sélectif

N’Auto école

Mémento juridique : évaluation des personnels Évaluer et s’évader ?

Propos sur l’évaluation

Notation : pourrons-nous changer

les mentalités et les pratiques ?

Où est passée la note ?

La constante macabre

L’expérience de l’Hautil

Des ceintures de toutes les couleurs

Une histoire de la note... et de sa contestation

Anecdotes docimologie

Les arbres de connaissance

La Recherche ou l’évaluation permanente

Notation, évaluation, inspection : objection !

L’évaluation dans le supérieur

Le refus d’inspection dans le secondaire

Pour une stratégie de l’opacité

Les compétences : faire avec ou comment s’en débarrasser ? Quelle évaluation pour nos luttes ?

Les évaluations nationales au cœur des luttes

Mais comment évaluer notre action ?

Évoluer et s’évaluer

RESF : l’impossible bilan

► Mais aussi en ligne sur le site de la revue : L’évaluation en maternelle, Éric Dussart

Aimer ne s’évalue pas, René Croci

Dis, donc… c’est à l’école que tu apprends ces vilaines manières ?, Ch. Pepinster

... et des prolongements aux articles.

Carnet de lectures

Lecture jeunesse



A lire en ligne en cliquant sur le vignette ci-dessous, bonne lecture (la revue papier est disponible au local CNT pour 4 euros)




site de la revue "N'autre école"

[CNT Education 69] Grèves et luttes dans les établissements scolaires contre la casse programmée du service public d'éducation

Article du lundi 15 février 2010



La CNT Education 69 apporte son soutien à tous les collègues des établissements du 2nd degré qui se mobilisent actuellement contre les DHG (Dotation Horaire Globale, moyens accordés à chaque établissement scolaire) dans le Rhône.
En effet, ces DHG sont actuellement présentées dans les conseils d'administration des collèges et des lycées qui n'ont pas le pouvoir de se positionner sur le volumes des heures affectées : qu'ils les refusent ou les valident, ces dotations seront imposées par l'IA.
Les moyens accordés sont très souvent en baisse, ce qui est la traduction locale des suppressions massives de poste voulues par le gouvernement. Ainsi l'inspectrice d'académie du Rhône doit supprimer 44 postes.

Plusieurs établissements ont donc choisi de rentrer dans la lutte pour dénoncer les situations qui leur sont faites et les dégradations à prévoir des conditions d'enseignement. C'est le cas du LP Picasso à Givors et du collège Alain à St-Fons qui étaient en grève jeudi 4 février (le LP Picasso a poursuivi son mouvement) ou du LP Sembat-Séguin de Vénissieux et du LP Bron Auto qui étaient en grève mardi 9 février.
Les enseignants du collège Barbusse ont quant à eux choisi d'empêcher la tenue du CA et revendiqué une réaffectation des heures manquantes. Dans le cas contraire, ils ont annoncé qu'ils se mettraient en grève reconductible.

Dans d'autres académies des luttes similaires ont vu le jour, en particulier en Seine-Saint-Denis où après une journée de grève départementale jeudi 4 février, celle-ci est reconductible avec une manifestation de 2000 personnes à Paris le jeudi 11 février, ou encore dans l'académie de Lille où des établissements étaient en grève la semaine passée.

La CNT Education 69 et ses adhérents poursuivront leur action au sein de ces luttes et militeront afin que celles-ci s'élargissent à tous les établissements ainsi qu'aux écoles primaires ou à l'Université, elles aussi victimes de la politique de rigueur budgétaire que subit le service public d'éducation.

[CNT Education] Communiqué du personnel du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin

Article du lundi 8 février 2010

Ci-dessous le communiqué que les personnels du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin ont envoyé ce soir à l'inspectrice d'Académie.
Les enseignants ont empêché la tenue du conseil d'administration lundi 8 février, car ils refusent la DHG pour la rentrée prochaine.
En effet, les moyens attribués ne permettent pas d'envisager une rentrée scolaire sereine: plusieurs dispositifs d'aide aux élèves risquent d'être supprimés tout comme la prise en charge des élèves en groupes en sciences (SVT, Sciences physiques et technologie).



A Madame l'Inspectrice d'Académie,
s/c du chef d’établissement

Objet : Dotation Horaire Globalisée du collège Henri Barbusse

Madame,
Considérant la dotation horaire globale attribuée à leur établissement, les personnels du Collège Henri Barbusse réunis en heure d'information syndicale ce jour ont décidé d’empêcher la tenue du conseil d’administration qui devait se tenir ce jour. En effet, cette dotation met en péril le fonctionnement même de l’établissement parce qu’elle porte un grave préjudice aux conditions d'apprentissage des élèves et aux conditions d'enseignement des professeurs.

Lors de la présentation faite par le chef d'établissement en assemblée générale le jeudi 4 février, les enseignants ont appris avec stupeur la disparition de plusieurs dispositifs d'aide aux élèves et la suppression des groupes de sciences, ainsi que l'ATP à la rentrée prochaine. Jusqu'à présent, il y avait, en sciences-physiques, SVT et technologie, 4 groupes pour 3 classes, permettant de travailler à 18 élèves et donc de réaliser les expériences nécessaires dans ces matières avec des conditions de sécurité acceptables. L'ATP est pour sa part indispensable pour permettre aux élèves d'apprendre à s'organiser dans leur travail. Ces annonces déjà intolérables doivent s'accompagner de la suppression de 14 autres heures, la dotation apportée par vos services contraignant le principal à sacrifier ce qui fait la réussite de notre établissement : de nombreux projets disciplinaires assurant l'ouverture culturelle (projet beaux arts, classe musique, projet théâtre, classe sciences), plusieurs sections sportives et divers dispositifs pédagogiques mis en place pour accompagner la scolarité de nos élèves dans chaque niveau. Et que dire de la SEGPA ? Depuis 2 ans, nous recevons des directeurs non formés, ce qui ne permet pas d’assurer la promotion de la structure et ce malgré les besoins de notre secteur.

Les dispositifs que l'administration a d'ores et déjà prévu de supprimer sont pourtant reconnus comme innovants à travers leur labellisation par le Pôle Académique de Soutien à l'Innovation et à l'Expérimentation). Ils sont dédiés aux élèves de 6e et 5e et ont été pensés dans le but d'accompagner les élèves dans leur passage de l'école primaire au collège. L’an dernier, des Inspecteurs Généraux venus visiter notre collège ont salué ce travail en précisant dans leur rapport que nous étions en avance sur d'autres établissements classés EP1 (« Ambition Réussite »), tant au niveau de la réflexion que des dispositifs permettant la prise en charge de nos élèves. Cela aurait-il changé ? Les constats d’un rapport de l’inspection générale ne résistent-ils pas à la logique d'économie budgétaire relayée par vos services ?

Pour tenter de justifier l’amputation des moyens alloués au collège, une baisse d’effectifs est anticipée, en particulier en classe de 3e où il est prévu qu’il n’y ait que 111 élèves alors qu'il y a actuellement 134 en classe de 4e. Où passeront donc ces 23 élèves à la rentrée 2010 ? Certes, certains d’entre eux s’orienteront vers des 3e spécifiques (3e DP6 ou 3e DPA), mais ils ne seront vraisemblablement qu’un petit nombre. De fait, depuis la suppression de la classe de 3e DP6 dans notre établissement en juin 2009, les élèves ainsi que leurs parents ont plus d'appréhension à envisager une orientation dans un autre établissement, en particulier en lycée professionnel. Nous nous permettons de vous rappeler que lors de la préparation de la rentrée dernière, nous avions déjà attiré votre attention sur le fait que vos prévisions d'effectifs en janvier semblaient sous-évaluées. Or, face à la réalité des chiffres, vous avez finalement dû rejoindre nos prévisions en ouvrant une division supplémentaire en 4e fin juin et une 6e supplémentaire le 9 juillet.

Confronté à une DHG famélique, le chef d'établissement prévoit la suppression de l'arabe comme langue vivante 2, alors que cette LV2 enrichit l'offre éducative proposée au sein de notre collège. De même, la suppression d'un poste d'EPS telle qu’elle est prévue nuirait considérablement à la « relative » stabilité de l'équipe au cours des dernières années ainsi qu'à un certain nombre de projets portés collectivement. Ceci est d'autant plus incompréhensible qu’un professeur d'EPS devrait venir assurer la moitié de service de notre collègue dont le poste serait supprimé et que l'autre moitié serait assurée en heures supplémentaires par les autres enseignants. Nous refusons de rentrer dans de telles logiques comptables : 18H d'EPS sont nécessaires au collège Barbusse, et nous avons besoin des compétences du professeur concerné. Celui-ci doit donc rester au collège.

En même temps que la baisse de dotation, les enseignants ont appris par la presse que leur établissement serait équipé de vidéo surveillance en 2011. Ce projet ne correspond aucunement à leur demande et tend de plus à stigmatiser nos élèves comme de possibles délinquants. L'argent dépensé pour ce projet serait assurément beaucoup plus utile pour permettre la poursuite du travail mené en profondeur et qui vise à donner à leurs élèves confiance en l'avenir.

Nous nous permettons de vous rappeler que le classement EP1 de notre établissement n'est pas dû au hasard. Les difficultés sociales des familles sont bien réelles: plus de 90% d'entre elles sont classées dans la catégorie sociale défavorisée. Nous accueillons un nombre important d'élèves n'ayant pas commencé leur scolarité en France du fait de la présence d'un forum réfugiés sur notre zone de recrutement et de quartiers où les logements ont des loyers faibles. Cependant, et grâce au travail entrepris depuis plusieurs années, l'évolution du collège est plutôt positive tant au niveau de l'ambiance de travail que des résultats au brevet des collèges : de 45 % en 2000 à 80% en 2008 et 2009. Est-ce à cause de cette réussite que vous avez décidé de réduire nos moyens, en pensant que même si nous ne faisons pas aussi bien, ce ne serait pas très grave? Ou est-ce parce que l'idée de donner davantage de moyens aux établissements dont les difficultés sont plus grandes, afin de garantir une certaine égalité des chances, fait désormais partie du passé ?

Les enseignants du collège Barbusse ne sont pas prêts à vous laisser mener à bien une politique qui vise à détruire le travail entrepris depuis une dizaine d'années, il refuse que la jeunesse des quartiers populaires soit la variable d'ajustement des politiques de restrictions budgétaires. Il demande donc à ce qu'une délégation d'enseignants soit reçue dans les jours qui viennent et que vos services réaffectent au plus vite les moyens qui permettront au collège de retrouver sa sérénité. En dépit de l'absence de réponse à nos précédents courriers, nous espérons vivement que notre demande d'audience sera cette fois-ci satisfaite. Si le dialogue n'est pas envisageable, nous serions amenés à nous faire entendre d'une toute autre manière, notamment par la grève, pour nous opposer à la destruction programmée de notre établissement.



Les personnels du collège Henri Barbusse réunis en heure d'information syndicale avec le soutien des sections SNES, SUD et CNT du collège.

[CNT Education] Vendredi 29 janvier 19h30 : soirée pédagogique autour de l’évaluation

Article du jeudi 28 janvier 2010

SOIREE PEDAGOGIQUE AUTOUR DE L’EVALUATION
vendredi 29 janvier a 19h30 au local de la CNT Educ,
44 rue Burdeau 69001 LYON.






Pourquoi une soirée autour de l’évaluation ?

La problématique de l’évaluation est interprofessionnelle, elle touche tous les champs du travail social, du soin, de l’éducation, de la culture… La CNT éduc 69 défend des pratiques de classe différentes « instruire pour révolter », oui, mais pas n’importe comment, et ce de la maternelle à l’université : toutes les expériences, points de vue sont donc les bienvenus. Il nous semble important également que les syndicats reprennent l’initiative d’une offensive pédagogique.

Comment et pourquoi valide-t-on l’acquisition d’un savoir à l’école : est-ce pour donner des repères aux élèves, pour communiquer aux parents, ou pour rentrer dans une entreprise de contrôle social ?

Cette soirée est conçue comme un échange de pratiques, pour cela, il est fait appel à contribution de militant-es ou non, syndiqué-es ou non. Cet appel à contribution invite les collègues à présenter un système d’évaluation qui ne stigmatiserait pas les élèves, et il est demandé dans la mesure du possible d’amener du matériel.

S’ensuivra un moment de discussions informelles qui permettra d’approfondir nos réflexions et de lancer des pistes pour d’autres soirées !

Évaluations : quelles logiques, quels enjeux ?

- Texte extrait "Tartagueule" de la CNT-Educ 69

L’année dernière, les évaluations de CM2 et de CE1 ont provoqué une indignation générale. A la fois pour des raisons qui tiennent à la nature de l’épreuve : la confusion entre bilan et diagnostic, les questions sur une partie du programme non étudiée, les items non adaptés aux cursus général des élèves, le codage binaire des réponses, l’impossibilité de cerner, à partir de ce test, les compétences réelles des élèves, et bien sûr le caractère ultra sélectif de certains items et du temps accordé. A cause, aussi, du but avoué par la hiérarchie, d’en faire un moyen pour vérifier la bonne application des « nouveaux programmes » dont personne ne veut, et de servir de critère pour la mise en place de l’aide personnalisée, alors que justement la forme du test ne permet pas de comprendre d’où viennent les difficultés rencontrées par les élèves. Et puis pour des raisons plus essentielles qui tiennent à la fonction que les évaluations jouent dans la politique gouvernementale ; le fait qu’elles soient sans cesse présentées comme un « outil de mesure par les résultats pour gouverner ».

Ces critiques émanant des enseignants, comme des parents d’élèves, ont donné lieu à de nombreuses tentatives pour empêcher leur mise en place : boycott, refus de faire passer certains items, refus de faire remonter les résultats, confiscation des livrets d’évaluation par des parents d’élèves, grève des enseignants concernés le jours de passation de ces « examens ». Toutes ces stratégies ont été largement freinées par la timidité du soutien des centrales syndicales et par les pressions exercées par les inspecteurs sur les enseignants récalcitrants mais souvent isolés. En de nombreux endroits, les résultats ont malgré tout été faussés ou ne sont pas remontés, ce qui n’a pas empêché les inspections de les mettre en avant pour valoriser ou menacer certaines écoles et obliger les RASED à en faire leur principal outil d’analyse et de fonctionnement. Les critiques qui ont été faites l’année dernière sont toujours d’actualité dans la mesure où le ministère compte renouveler l’expérience telle quelle.

De toutes façons, la justification générale de toute évaluation depuis 89 , et qui était de nouveau avancée par Darcos de « mesurer objectivement les acquis des élèves », n’est plus en fait qu’une vague incantation rituelle dépourvue de toute réalité, un simple alibi pour ce qui est une opération de pouvoir, de disqualification, de gestion autoritaire de ce que doit devenir l’école soumise à la culture du résultat, la mesure de la performance, le classement et lacomparaison, l’assignation à des normes de réussite, tant pour les élèves que les enseignants et les établissements. Les conditions de passation largement détournées, adaptées, hétérogènes, la diversité des formes de remontée des résultats, 22% officiels de non remise des livrets, les pressions et menaces sur certains IEN pour carrément trafiquer les résultats, le fait que l’administration ait voulu à tout prix les utiliser malgré leur peu de fiabilité et leur non sens montre bien que l’objectif affiché de « mesurer les acquis » n’est qu’un prétexte, et que l’objectif est bien ailleurs.

Dans l’ensemble de la fonction publique, l’évaluation des personnels devient un outil de contrôle et de gestion essentiel, et il serait étonnant que l’Éducation Nationale échappe à cette logique. Ces évaluations nationales de masse sont amenées à être un des instruments privilégiés d’un fonctionnement au mérite (classement des écoles puis des enseignants), et d’une politique d’économies et de surveillance. A terme, l’objectif visé est de mettre au pas les enseignants afin de revenir aux suposés fondamentaux d’une école dont nous ne voulons pas qui produit de la différentiation, sélectionne, trie, oriente, reproduit les inégalités sociales et relégue le plus grand nombre…

C’est pour cela que nous pensons que tous les enseignants doivent manifester leur refus de mettre en place ces évaluations en fonction des possibilités et dynamiques locales. Dans certaines académies, comme Paris et Montpellier, ce refus s’exprime même par un mouvement de grève le lundi 18 janvier. Sur Lyon, la CNT Éducation a choisi de profiter de cette occasion pour vous inviter à une soirée-débat sur ce thème.

Mais où est passée la note ?


- Texte extrait du journal "N’autre école" et écrit par la section CNT du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin

Contexte :

Le collège Henri Barbusse est situé à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise. C’est un établissement présenté comme « difficile » : d’abord REP, puis prévention violence et enfin RAR (réseau ambition réussite). Les difficultés sociales des familles y sont très importantes. En 2002, quasiment 90% des familles étaient classées dans la catégorie sociale « défavorisée » avec 65% d’élèves boursiers. A titre de comparaison, la moyenne des REP était alors de 40% d’élèves boursiers et 63% de familles défavorisées. Dans ce contexte où les résultats aux évaluations de 6ème étaient très faibles et inférieurs de 10% à la moyenne des REP (53% de réussite en français et 45% en mathématiques), la question de travailler autrement pour aider tous les élèves (ceux en grande difficulté tout comme les élèves en réussite) tout en conservant l’hétérogénéité (le regroupement des élèves par niveaux étant considéré comme éthiquement irrecevable par l’équipe pédagogique) au sein des classes s’est imposée. Retour sur un peu plus de 10 ans d’expérimentation.

Dix ans déjà…

C’est ainsi qu’il y a dix ans, un petit groupe d’enseignants motivés s’est réuni pour réfléchir à cette question. Leur réflexion s’appuyait, au départ, sur le travail en compétences, sans note, utilisé en SEGPA. L’objectif était de faire un diagnostic précis à la fin de chaque trimestre et/ou contrôle pour connaître les points forts et faibles des élèves puis imaginer des solutions pour les retravailler avec eux. Le « travailler différemment » permettrait peut-être d’échapper à la stigmatisation de la note. C’était même une des préoccupations majeures des enseignants qui se sont lancés dans cette aventure : sortir de la note, souvent dévalorisante, parfois source de décrochage des élèves en difficulté (un élève en grande difficulté qui après de gros efforts passe de 5 à 8 en tire très peu voire aucune motivation pour la suite) et opter pour une évaluation qui permette ou tente à l’élève de se rendre réellement compte de ses progrès.

Le travail entrepris s’est d’abord centré sur les classes de 6ème. Le but était de permettre aux élèves de réussir la transition de l’école primaire au collège. Chaque matière a mis à plat ses compétences disciplinaires. D’autres compétences, transversales, ont été élaborées. Elles correspondaient à des exigences et/ou savoir-faire communs à toutes les disciplines : avoir son matériel, tenir correctement ses cahiers, s’exprimer à l’oral et à l’écrit, trouver des informations dans différents supports, réutiliser ses connaissances dans des contextes variés… Le but de ces compétences transversales était de pouvoir faire un bilan précis et clair des difficultés de chaque élève afin de les surmonter et permettre à chacun-e d’avoir les outils nécessaires pour suivre dans chaque matière. Un temps était consacré en cours à l’auto-évaluation des compétences disciplinaires et, en vie de classe, à l’auto-évaluation des compétences transversales. Le but recherché étant d’amener les élèves à s’investir davantage dans leurs apprentissages. L’auto-évaluation était ensuite discutée avec l’élève et comparée avec l’évaluation de l’enseignant. Ce travail a mené l’ensemble des équipes pédagogiques de classe et disciplinaires à fournir un vrai travail en commun, qui a permis la mise en place d’exigences communes. Ceci était primordial pour la mise en réussite des élèves dans un collège qui ne « tournait pas rond » : outre les résultats « catastrophiques » des élèves, les problèmes de discipline, de refus de travail étaient nombreux. Il s’agissait donc d’instaurer un climat de confiance entre les adultes et les élèves pour rendre les apprentissages non seulement possibles mais aussi sereins.

Les balbutiements

Ce travail s’est mis en place progressivement et a considérablement évolué. Ainsi, au début, chaque compétence était évaluée selon 3 niveaux d’acquisition : A (compétence acquise), E (en cours d’acquisition) et N (non acquis). Or il est apparu que le niveau d’acquisition E était très large et vague entre un élève qui saisissait tout juste ce qui lui était demandé et un élève qui avait quasiment acquis une compétence. De plus, les élèves ont vite eu tendance à se mettre E à presque toutes les compétences. Ce niveau a donc été séparé en deux avec D (début d’acquisition) et P (presque acquis). Ensuite, afin de pouvoir apprécier au mieux l’acquisition d’une compétence et ne pas être uniquement dans le ressenti, des critères correspondant à chaque niveau d’acquisition ont été élaborés ainsi que des situations d’évaluation spécifiques par matière. Par exemple, pour la compétence « Je sais m’exprimer à l’écrit » l’équipe s’est mise d’accord sur les critères de réussite suivants :
A : Je sais répondre en faisant des phrases et en utilisant le vocabulaire spécifique de la discipline
P : Je sais répondre en faisant des phrases (Sujet + Verbe + Complément)
D : Je sais répondre sans faire de phrases
N : je n’arrive pas à formuler de réponse à l’écrit

Cette évolution s’est faite progressivement, sur 3 années. Nous sommes passés de 2 classes où des professeurs travaillaient en compétences à 4 classes puis toutes les classes de 6ème où l’ensemble des professeurs prenant des classes de ce niveau acceptait de s’insérer dans la dynamique du projet.

Parallèlement et graduellement, le bulletin trimestriel « classique » a été remplacé par un nouveau bulletin où n’apparaissait plus les notes mais les compétences transversales. Une deuxième partie du bulletin était consacrée aux enseignements disciplinaires : chaque enseignant renseignait également le niveau d’acquisition de l’élève dans sa discipline (A, P, D, le « N » étant souvent proscrit) ainsi que des conseils pour progresser. Ces conseils, le plus précis possible, devant remplacer les traditionnelles remarques telles que « peut- mieux faire » ou « n’apprend pas ses leçons » jugées trop superficielles et qui n’apporte rien à l’élève. Ces évolutions ont été le fruit de nombreuses heures de concertation et de travail qui ont amené des doutes, de tâtonnements, de retours en arrière. Certains points ont fait l’objet d’âpres discussions avant leur mise en place. Ce fut le cas en particulier de l’élaboration des critères d’acquisition des compétences. Ce travail n’a été possible qu’avec la mise en place de concertations sur un créneau de 2 heures chaque semaine. A la suite de nombreuses demandes, ces heures ont donc été intégrées dans les emplois du temps (ajoutées au temps de service). En plus de cela, les enseignants se sont régulièrement mobilisés pour conserver des heures supplémentaires dans la DHG (dotation horaire globale), afin de mettre en place des espaces de remédiation : groupes de besoin constitués grâce à l’attribution de trois professeurs pour deux classes, heures d’ATP (aide méthodologique, faites par des enseignants) ou de TDS (remédiation ou approfondissement disciplinaire). S’il est intéressant de pouvoir cibler les difficultés de chaque élève, il est indispensable de pouvoir proposer aux élèves des moments où il leur est possible de tenter d’acquérir les compétences non acquises que ce soit au niveau disciplinaire ou au niveau transversal. Ceci a constitué et constitue encore, une priorité pour une bonne partie de l’équipe éducative.

Réactions

Ces « changements » ont été possibles par la volonté et l’investissement d’un certain nombre d’enseignants mais également par le soutien apporté par la direction de l’établissement lors des premières années, notamment dans la défense auprès de l’IA d’un projet très « coûteux » en heures poste et en paiement des concertations. Par ailleurs, les enseignants investis en classe de 6ème ont intégré le PASI (Pôle académique de soutien à l’innovation). Les équipes du collège ont récemment décidé de cesser leur travail avec le PASI, celui-ci devenant de plus en plus un outil de l’administration pour tenter de mener à bien la casse du système éducatif en tentant, par exemple, de s’approprier un dispositif pédagogique innovant et en le détournant de son but initial, pour mettre en avant le socle commun.

Au sein de l’établissement les réactions ont été variées. Un certain nombre d’enseignants ont toujours eu une certaine méfiance face au travail mené, celui-ci étant jugé trop lourd (bulletins plus longs à remplir, gestion de plusieurs grilles de compétences) Certains ont donc « choisi » de ne plus prendre en charge de classe de 6ème. Les élèves quant à eux se sont assez facilement intégrés dans ce mode de fonctionnement qui ressemble souvent à ce qui est pratiqué en école primaire. Lors d’une étude en 2006, plus de 75% des élèves disaient être satisfaits du fonctionnement. En revanche, la plupart d’entre eux précisaient être déstabilisés par le fait de ne pas avoir de notes. Cette remarque a également été faite par une petite majorité de parents qui, avec ce mode d’évaluation disait ne pas arriver à « situer » leur enfant par rapport à un niveau global. De manière à être le mieux compris possible des parents, le projet était (et continue d’être) présenté très tôt dans l’année, en général fin septembre, lorsque les enseignants communiquent les résultats des élèves aux évaluations nationales. Les bulletins étant remis en main propre aux parents et à l’élève, celui-ci est en général bien compris et leur permet de mieux connaître les points forts et faibles de leur enfant.

Evolution

Au cours des cinq dernières années, les enseignants ont tenté d’élargir cette expérience aux autres niveaux du collège, en particulier pour les 5ème et 4ème. Deux obstacles se sont alors interposés : tout d’abord, la réticence d’un certain nombre d’enseignants et la « lassitude » de certains face à la nécessité de toujours devoir « revendiquer » pour pouvoir ne serait-ce que maintenir l’existant. Le travail en compétences n’a donc pas pu être aussi abouti qu’en 6ème sur les autres niveaux. Des collègues le poursuivent néanmoins dans plusieurs matières (anglais, espagnol, français, maths, EPS). Des grilles de compétences communes sont mises en place et permettent de construire les apprentissages sur des objectifs communs dans les niveaux 5ème, 4ème et 3ème. Une classe de 5ème et une classe de 4ème expérimentent la mise en place de compétences transversales sur ces niveaux cette année.

Le travail mené au sein du collège Barbusse a été labellisé innovant par le rectorat. Des enseignants ont souvent été sollicités pour aller le présenter lors de formation. Or, à chaque rentrée, les heures des dispositifs sont menacées. Le chantage aux heures s’est fait, au fil des années, de plus en plus pressant. Le discours institutionnel est à chaque fois le même : vous êtes un établissement surdoté, soit vous gardez les dispositifs mais on augmente les effectifs, soit vous avez des effectifs corrects, mais plus de dispositifs. Des préavis de grève sont régulièrement posés pour la rentrée, et ont déjà été utilisés pour des questions de moyens.

L’évaluation : une question d’éthique et un enjeu idéologique

Le travail engagé en 2001est souvent entré en contradiction avec les valeurs dominantes dans la société, prégnantes aussi bien chez les collègues, chez les élèves et chez les parents d’élèves : le besoin de classer, de hiérarchiser, bref, de noter. Les discussions occasionnées par ces confrontations de valeurs ont souvent été très riches. Actuellement, le projet entre en totale opposition avec l’Institution, avec la mise en place du socle commun des connaissances et des compétences. L’ensemble du projet barbussien, en se basant sur les « compétences » avait été construit dans un but émancipateur pour les élèves et pour pouvoir donner du sens à leurs apprentissages. Les valeurs portées ici sont bien loin de la soupe idéologique sous-tendue par le socle commun. C’est encore la position de la majorité des enseignants, et des sections syndicales qui, depuis le début l’activité syndicale de l’établissement se retrouvent sur une position de refus du socle.

[CNT Education] Communiqué des enseignants du collège Henri Barbusse (Vaulx-en-Velin)

Article du jeudi 28 janvier 2010

COLLEGE HENRI BARBUSSE :
REFUS DES « STAGES 108 HEURES »




Les enseignants refusent que des étudiants préparant le concours du CAPES soient utilisés comme « main d'oeuvre » bon marché et viennent remplacer des enseignants titulaires partant en stage pendant une semaine.

Les personnels du collège Henri Barbusse, réunis en heure d'information syndicale ce mardi 19 janvier 2010 viennent d'apprendre avec stupeur que trois enseignants du collège, titulaires , devant effectuer un stage de formation continue d'une semaine dans le courant du mois de mars devraient être remplacés pendant leur absence par des étudiants candidats au CAPES dans le cadre des stages dits « stages 108 heures ».

Les personnels présents s'indignent que des étudiants n'ayant acquis aucune expérience préalable soient utilisés comme moyen de remplacement bon marché alors même que le ministère n’a eu de cesse de réduire les emplois d’enseignants depuis des années (encore 3000 emplois de TZR supprimés cette année !) et qu'on les place en responsabilité devant des classes pendant une semaine. Ils s'interrogent d'autre part sur les effets néfastes d'un tel dispositif, et ce particulièrement dans un établissement comme le nôtre, classé Ambition Réussite, qui accueille un public d'élèves dont certains sont parfois en grande difficultés scolaire ou sociale et pour lesquels la présence d'adultes référents stables est indispensable pour instaurer la confiance nécessaire à tout apprentissage.

Comment prétendre qu'un étudiant, quelle que soit sa bonne volonté, « parachuté » seul devant une classe et cela pour une semaine, puisse faire cours? Que penseront les parents d'élèves d'une telle initiative? Que leurs enfants ne méritent pas d'avoir un personnel qualifié en face d'eux? Le métier d'enseignant n'est-il pas un métier qui s'apprend? Quelle image donnée à cet étudiant du métier d’enseignant se retrouvant seul face à une classe sans outil pédagogique ou didactique ?Comment penser que la mise en place d'un tutorat ponctuel par un enseignant de la matière concernée suffira à permettre à cet étudiant de faire cours pendant une semaine à la place d'un professeur ayant en charge les élèves depuis le début de l'année?

Les enseignants de l'équipe des équipes concernées ont déjà fait savoir qu'aucun d'eux n'accepterait d'être tuteur d'un étudiant dans de telles conditions.

Les personnels ont souligné que nombre d'entre eux ont déjà accueilli dans leurs classes des étudiants en observation, ce qui leur paraît être une démarche naturelle et nécessaire. Ils insistent sur les dangers de la mise en place de tels « stages » qui, pourraient, à terme, se substituer à une véritable formation professionnelle dans le cadre de la masterisation des concours. Dans le cas présent, la mise en situation d'étudiants non formés leur paraît dangereuse pour l'équilibre des classes, des équipes éducatives et inefficace pour faire découvrir dans des conditions décentes le métier d'enseignant et susciter des vocations.

En conséquence, les personnels ont demandé à l'Inspectrice d'Académie et au Recteur d'abandonner purement et simplement ce projet. Ils se tiendront d'informés des suites données à leur demande et se réuniront de nouveau pour adopter une position collective par rapport à cette question et en informer les parents d'élèves.

[Vendredi 29 janvier à 19h30] Évaluations à l'école : quelles logiques, quels enjeux ?

Article du dimanche 24 janvier 2010

L’année dernière, les évaluations de CM2 et de CE1 ont provoqué une indignation générale.
À la fois pour des raisons qui tiennent à la nature de l’épreuve : la confusion entre bilan et diagnostic, les questions sur une partie du programme non étudiée, les items non adaptés aux cursus général des élèves, le codage binaire des réponses, l’impossibilité de cerner, à partir de ce test, les compétences réelles des élèves, et bien sûr le caractère ultra sélectif de certains items et du temps accordé.
À cause, aussi, du but avoué par la hiérarchie, d’en faire un moyen pour vérifier la bonne application des «nouveaux programmes» dont personne ne veut, et de servir de critère pour la mise en place de l’aide personnalisée, alors que justement la forme du test ne permet pas de comprendre d’où viennent les difficultés rencontrées par les élèves.
Et puis pour des raisons plus essentielles qui tiennent à la fonction que les évaluations jouent dans la politique gouvernementale ; le fait qu’elles soient sans cesse présentées comme un «outil de mesure par les résultats pour gouverner».

Ces critiques émanant des enseignants, comme des parents d’élèves, ont donné lieu à de nombreuses tentatives pour empêcher leur mise en place : boycott, refus de faire passer certains items, refus de faire remonter les résultats, confiscation des livrets d’évaluation par des parents d’élèves, grève des enseignants concernés le jours de passation de ces «examens».
Toutes ces stratégies ont été largement freinées par la timidité du soutien des centrales syndicales et par les pressions exercées par les inspecteurs sur les enseignants récalcitrants mais souvent isolés. En de nombreux endroits, les résultats ont malgré tout été faussés ou ne sont pas remontés, ce qui n’a pas empêché les inspections de les mettre en avant pour valoriser ou menacer certaines écoles et obliger les RASED à en faire leur principal outil d’analyse et de fonctionnement.
Les critiques qui ont été faites l’année dernière sont toujours d’actualité dans la mesure où le ministère compte renouveler l’expérience telle quelle.



De toutes façons, la justification générale de toute évaluation depuis 89, et qui était de nouveau avancée par Darcos de «mesurer objectivement les acquis des élèves», n’est plus en fait qu’une vague incantation rituelle dépourvue de toute réalité, un simple alibi pour ce qui est une opération de pouvoir, de disqualification, de gestion autoritaire de ce que doit devenir l’école soumise à la culture du résultat, la mesure de la performance, le classement et la comparaison, l’assignation à des normes de réussite, tant pour les élèves que les enseignants et les établissements.
Les conditions de passation largement détournées, adaptées, hétérogènes, la diversité des formes de remontée des résultats, 22% officiels de non remise des livrets, les pressions et menaces sur certains IEN pour carrément trafiquer les résultats, le fait que l’administration ait voulu à tout prix les utiliser malgré leur peu de fiabilité et leur non sens montre bien que l’objectif affiché de «mesurer les acquis» n’est qu’un prétexte, et que l’objectif est bien ailleurs.
Dans l’ensemble de la fonction publique, l’évaluation des personnels devient un outil de contrôle et de gestion essentiel, et il serait étonnant que l’Éducation Nationale échappe à cette logique. Ces évaluations nationales de masse sont amenées à être un des instruments privilégiés d’un fonctionnement au mérite (classement des écoles puis des enseignants), et d’une politique d’économies et de surveillance. À terme, l’objectif visé est de mettre au pas les enseignants afin de revenir aux supposés fondamentaux d’une école dont nous ne voulons pas qui produit de la différentiation, sélectionne, trie, oriente, reproduit les inégalités sociales et relègue le plus grand nombre…

C’est pour cela que nous pensons que tous les enseignants doivent manifester leur refus de mettre en place ces évaluations en fonction des possibilités et dynamiques locales. Dans certaines académies, comme Paris et Montpellier, ce refus s’exprime même par un mouvement de grève le lundi 18 janvier. Sur Lyon, la CNT Éducation a choisi de profiter de cette occasion pour vous inviter à une soirée-débat sur ce thème.



Soirée pédagogique autour de l’évaluation

Vendredi 29 janvier à 19h30
au local de la CNT 69,
44 rue Burdeau, 69001 Lyon.


Soirée annoncée et soutenue par : CGT, PAS, SUD et CNT, réunis lors de la demi journée d’information syndicale du 21 octobre, ainsi que par le SNUIPP.

Téléchargez le N°78 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du mercredi 20 janvier 2010

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Le numéro 24 de N' AUTRE ECOLE : une ressource vitale !

Article du jeudi 31 décembre 2009

En aéronautique, le mot ressource désigne la manœuvre de redressement brusque d’un avion qui passe du piqué (descente) à la chandelle (montée). Tandis que les travailleurs de l’éducation subissent des représailles, sentent peser sur eux des menaces ou simplement subissent la pression d’un État décidé à réduire ses fonctionnaires à « fonctionner », nous fourbissons des instruments de navigation pour prendre de la hauteur, tracer notre route et garder le cap. À tous les « groupes de pilotage », nous préférons nos équipages, solidaires, conscients, armés de connaissances et de courage.




Ressources ? Ce sont les outils dont nous avons besoin dans nos métiers d’éducateurs : aux "groupes de pilotage" officiels, nous préférons nos équipages, solidaires, conscients, armés de connaissances et de courage. Ce numéro fait la liste des sources d’information, expose donc ce qui se fait et ce qui peut se faire, dans une école qui doit devenir nôtre et changer en profondeur d’objectifs et de méthodes.

SOMMAIRE :

Le dossier Ressources : 4
■ Ressources et recours Solitaires ou solidaires 8
■ Mission du professeur […] 8
■ Dilemme syndical 9
■ Des équipes au travail 9
■ Travail d’équipe : un besoin primaire ? 10
■ Le travail en équipe : l’exemple d’une pratique de classe 11
■ Le collectif 13
■ Journal de bord ; Le militant est-il un petit soldat ? 17
■ Le défi du « Care » 20
■ Juridique 22
■ Orsay en lutte : de la section syndicale au collectif 25
■ Ce que militer nous a appris ; Culture de soi-même / culture des autres 29
■ Écriture militante 32
■ Homme de livres 35
■ ENTRETIEN. Normand Baillargeon : l’éducation moins le pouvoir ? 38
■ (RE)LECTURE PÉDAGOGIQUE. Entre émancipation et assujettissement : Makarenko 42
■ DE RETOUR DE CONGRÈS. Au congrès du mouvement Freinet : la méthode naturelle, un oxymore ? L’éducation nouvelle en congrès 45
■ LIVRES ET REVUE 47
■ LITTÉRATURE JEUNESSE


Lire N'AUTRE ECOLE N°24 en ligne ici :





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Téléchargez le N°77 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du jeudi 10 décembre 2009

Cliquer ici ou sur l'image pour télécharger le numéro 77 de décembre 2009




Au sommaire :

- Pour sortir de l’impasse, quelle stratégie syndicale ?
- Autour de l’évaluation...
- Non au militarisme et au nationalisme à l’école
- Mentorat : acheter l’assiduité ?
- Non à la masterisation de la formation des enseignants
- Solidarité avec les travailleurs algériens de l’Education
- A Lyon comme ailleurs, régularisation des travailleurs sans-papier


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[CNT Education] Grève mardi 24 novembre 2009 !

Article du lundi 23 novembre 2009

Des syndicats de la Fédération des Travailleurs de l’Education s‘ associent à l’appel à la grève du 24 mais ne se leurrent pas.

La seule riposte, la grève, qui a du sens, c’est celle qui se fixe des objectifs précis et se poursuit par reconduction jusqu’à les avoir atteints. Dans les AG, tâchons de contaminer écoles et bahuts par le virus de cette grève combattive bien plus virulente que la traditionnelle grève saisonnière épisodique !

Cela concerne aussi le syndicalisme dans son ensemble, tant il est majoritairement englué depuis des années dans ses dérives : co-gestion, concentration sur les situations locales et les cas individuels , permanents déconnectés du travail et frein à l’action des personnels quand elle déborde leurs directives ...

Les fortes mobilisations interprofessionnelles de 2009 et les mouvements sectoriels qui s’enchainent cet automne prouvent qu’une riposte d’ampleur est possible

Il apparait donc urgent de forger une alternative syndicale combattive et autogérée, actrice des luttes !

Construisons-la ensemble dès le 24 pour que l’on ait toujours raison de se syndiquer !
Attrapons le bon virus : celui de la grève !


Téléchargez le N°76 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du mardi 17 novembre 2009

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Lutte victorieuse à Vaulx-en-Velin

Article du lundi 16 novembre 2009

Depuis plusieurs années, l’Inspection d’académie (IA) réduit les moyens alloués à chaque établissement scolaire afin de satisfaire les desiderata des « sinistres » de l’Éducation nationale successifs dont le seul but est la suppression de postes à court et moyen terme et la privatisation à plus long terme.



Au collège Henri Barbusse (Vaulx-en-Velin), comme dans tous les collèges situés en zone où l’éducation est dite prioritaire, les moyens doivent être à la hauteur des besoins et des difficultés scolaires des élèves, issus d’un milieu populaire où la mixité sociale est absente (93 % des parents font partie des catégories sociales défavorisées). Grâce à plusieurs communiqués et entrevues à l’IA, les personnels de Barbusse sont partis en vacances avec l’assurance que l’ensemble des dispositifs pédagogiques mis en place depuis plusieurs années serait renouvelé à la rentrée. Une inquiétude subsistait au sujet du nombre de divisions en 6e et donc du nombre d’élèves par classe. En effet, l’IA prévoyait 115 élèves à répartir en cinq classes, alors que les enseignants savaient que ce chiffre serait largement dépassé et que la barre de 24 élèves par classe en 6e (promise par l’IA dans un tel établissement) serait à coup sûr dépassée. C’est pour cela qu’un préavis de grève avait été déposé en juillet pour la semaine de la rentrée.

Une nouveauté : la suppression d’heures pendant les vacances

Lors de la pré-rentrée, la surprise et la colère ont été grandes lorsque les professeurs se sont rendus compte que l’IA avait bien décidé d’ouvrir une nouvelle classe en 6e… mais au lieu de donner les 26 h correspondant aux enseignements d’une 6e, il n’en avait attribué que neuf. Par comparaison, que penserait-on d’une ouverture de classe de CP avec un enseignant présent à tiers temps ? Le principal a donc annoncé qu’il avait été contraint de supprimer la plupart des dispositifs pédagogiques. Des dispositifs de remédiation et d’aide, qui permettent aussi de faire de l’approfondissement avec les élèves qui ont le plus de facilités.

Une seule réponse : lutte collective

La réponse des enseignants a été rapide et unanime : cette décision de l’IA de supprimer des moyens à notre établissement pendant les vacances scolaires était inacceptable et dénotait un mépris pour le travail entrepris par les équipes depuis des années. Plutôt que de se résigner, les personnels ont choisi de lutter et ont donc décidé de demander une entrevue à l’inspectrice d’académie. Dans le cas où aucune réponse ne serait apportée, ils useraient du droit de grève pour dénoncer la situation faite aux élèves accueillis dans leur collège. La détermination des personnels ainsi que leur volonté de rester unis et solidaires a de nouveau été forte. Plus de 90 % ont voté pour être en grève à partir de vendredi 4 septembre. Très rapidement, différentes commissions se sont mises en place : un courrier a été envoyé à l’IA le mardi 1er septembre, jour de la pré-rentrée, un courrier à destination des parents a été fait, ainsi qu’un communiqué de presse. L’IA a voulu jouer la déstabilisation en n’accordant un rendez-vous que le vendredi matin. Les personnels ont décidé de ne pas être en grève le vendredi pour voir ce qui serait proposé par l’inspectrice d’académie et, si la réponse apportée n’était pas satisfaisante, de commencer un mouvement de grève le lundi suivant. Une délégation, composée d’enseignants syndiqués et non syndiqués ainsi que d’un parent d’élève a ainsi été reçue pendant quasiment 1 h30. Dans l’après-midi, les enseignants apprenaient avec soulagement que leur établissement se voyait doté de 18 h par poste et 10 h supplémentaires. Et si, un peu partout, nous nous mettions à exiger les moyens exprimés par les personnels à la base, en fonction du besoin des élèves ?

éduc 69

[Education] [21 octobre 2009] 1/2 journée d'information syndicale

Article du mercredi 14 octobre 2009

PREMIER DEGRÉ

Demi journée d'information (inter)syndicale Organisée par la CGT Educ’action, le PAS, SUD Education et la CNT Education

Mercredi 21 octobre 2009 de 9h à 12h

à la Bourse du Travail de Lyon, salle E Place Guichard, Lyon 3ème (ligne B, métro Guichard)


Ordre du jour :
1- actualités
2- droits syndicaux
3- état des lieux dans les écoles et les établissements
4- point sur le Rased et l'Aide Personnalisée
5- la Formation
6- les perspectives


Les demi-journées d'information syndicale sont un droit,

Utilisons-les pour s'informer, échanger et élaborer !

Si vous souhaitez y participer, il suffit d’envoyer une lettre manuscrite à votre IEN pour l’en informer (modèle de lettre sur document à télécharger) au moins une semaine à l’avance.



Appel avec modèle de lettre à envoyer à votre IEN


educ69@cnt-f.org

Téléchargez le N°75 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du mercredi 14 octobre 2009

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Téléchargez gratuitement le N°74 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du jeudi 17 septembre 2009

Le numero de septembre de "Tartagueule" à télécharger : cliquer ici ou sur l'image pour télécharger le numéro 74 de septembre 2009



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[Education] N'AUTRE ECOLE N°23 - été 2009 - en ligne

Article du jeudi 30 juillet 2009

Contre leurre école 2008|2009



Pour une révolution sociale, éducative et pédagogique

Sommaire :

Entre la jupe et les murs,
l’école sous les projecteurs

Une année sous le signe de
l’action et de la désobéissance

De la maternelle à l’universités,
des luttes s’inventent.

...

Le n°23 de N’AUTRE école revue de Fédération CNT des travailleurs-ses de l’éducation (été 2009 – 52 pages – 4 euros)


A lire en ligne en cliquant sur le vignette ci-dessous, bonne lecture





Lire le N°22 en ligne ici

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[Education] N'AUTRE ECOLE N°22 en ligne

Article du mardi 30 juin 2009

L’éK.O.le ? … ne jetons pas l’éponge !



Des syndicats qui s’éloignent du terrain et usent les luttes, une école qui se coupe du quartier, des pédagogies qui nient le social...
N’empêche que partout en France, ça pense et ça analyse encore (le statut de l’écrit, la question de la lecture ; la valeur de l’orthographe ; le malaise enseignant ; la subordination ; l’éducation à l’autonomie et à la responsabilité, le bloc législatif), ça bataille aussi (la dissolution de l’école ; l’éducation comme engagement).

Et ça lutte toujours : des refus et / ou des affirmations se déclarent - en reliant, de plus en plus, questionnement pédagogique et action collective - sous forme de collectifs (Collectif de résistance à base élève, collectif autogéré TCF), de mouvements (désobéisseurs), de réseaux tenaces (RESF), d’associations (Intermèdes), d’occupations conjointes d’écoles avec les parents d’élèves (contre les réformes Darcos). Les lendemains de crise ne chanteront pas ?
Raison de plus pour ne pas céder, pour ne pas se crisper non plus, mais pour inventer et questionner de nouvelles formes de lutte. Les litanies réactionnaires semblent l’emporter (la gifle encensée, le ba-a ba sanctifié, la difficulté naturalisée) ?
Avec ses moyens, ce numéro illustre que les pédagogies nouvelles ne sont pas si fatiguées que ça. L’éK.O.le… O.K. pour la changer ? + (re)lecture pédagogique : Korczak + 4 pages de notes de lectures (livres, revues, littérature jeunesse) Le n°22 de N’AUTRE école revue de Fédération CNT des travailleurs-ses de l’éducation (printemps 2009 – 52 pages – 4 euros)


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Article du mercredi 24 juin 2009

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Mardi 23 juin 18 h :Tous en soutien à Erwan Redon ! (Enseignant désobéisseur menacé)

Article du mardi 23 juin 2009

NON AUX SANCTIONS, NON AU LICENCIEMENT D'ERWAN REDON !

Erwan Redon, professeur des écoles à l'école des convalescents (Marseille 1er), est convoqué le 7 juillet 2009 en commission disciplinaire pour «insuffisance professionnelle». Il fait partie des 3000 désobéisseurs répartis sur tout le territoire. Ceux-ci ont, depuis plusieurs mois déjà, entamé un mouvement de résistance et refusent de participer à la mise en oeuvre des nouveaux programmes inspirés par la vision d'une école rétrograde et utilitariste.





Nous assistons depuis quelques années à une dangereuse multiplication des sanctions et procédures disciplinaires. Les retraits de salaires, annulations de promotions et procédures de licenciement ne peuvent être une réponse aux luttes qui se sont installées dans notre profession : les réformes imposées, que nous percevons à juste titre comme des reculs considérables des conditions d’accueil des élèves, des régressions de nos conditions de travail et un renoncement à la réussite de tous les élèves, ont conduit à des prises de conscience et à un engagement militant dérangeant pour notre hiérarchie.

Notre administration recourt contre des collègues comme Erwan Redon, à des méthodes expéditives, calquées sur celles du privé, avec menaces de sanctions, allant jusqu’au licenciement, à la clé. Cela ne peut être la réponse à notre légitime inquiétude quant au devenir de l’école, de ses élèves et de ses maîtres.

Le conseil de discipline, instance certes paritaire, met l’administration dans la situation d’être à la fois juge et partie. Il ne garantit pas un traitement équitable pour les collègues concernés.

Les organisations syndicales du rhône, CGT Educ'action, CNT Education PAS 69, et SUD Education dénoncent cette situation, s’opposent aux sanctions, notamment aux licenciements d’enseignants et exigent que chaque cas se règle dans le respect des droits et devoirs de chacun.



L'intersyndicale éducation du Rhône, CGT, CNT, PAS, SUD appelle à :

un rassemblement devant l'inspection académique du Rhône, 21, rue Jaboulay, mardi 23 juin à 18 heures

avec conférence de presse

dans le cadre de la journée nationale de soutien à Erwan Redon.

Un préavis de grève national a été déposé pour cette journée.




Plus d’informations : http://www.soutienerwanredon.org/

Tract à télécharger

Communiqué de la Fédération

A l'école de la désobéissance

Soutien à la CNT-Education 69

Article du mardi 23 juin 2009

Appel à la souscription et pétition !

Depuis le mois de janvier 2009, l’Inspection d’Académie et le Rectorat de Lyon s’attaquent aux droits syndicaux de la CNT-Education du Rhône. Défendre la CNT- Education, défendre le syndicalisme de lutte ! Appel à la souscription et à la pétition !

Pour soutenir la CNT-Education :
Participez à la souscription !


(pour financer les frais de justice) chèques à l’ordre du SUT-SSE CNT à envoyer à notre adresse : CNT-Education, 44, rue Burdeau, 69001 Lyon

Pour les personnels du Rhône :
Signez et faites circuler la Pétition !

À télécharger en PDF ci-dessous puis à renvoyer à notre adresse postale.



Défendre la CNT- Education Défendre le syndicalisme de lutte !

Depuis le mois de janvier 2009, l’Inspection d’Académie et le Rectorat de Lyon s’attaquent aux droits syndicaux de la CNT-Education du Rhône. Alors que notre syndicat développe son activité, son implantation et use de ses droits syndicaux depuis la rentrée 2001, l’administration lui conteste aujourd’hui le droit de déposer des préavis de grève en son nom pour couvrir les personnels. Alors que la CNT-Education 69 a déposé à ce jour près de 50 préavis de grève, reconnus et jamais contestés par l’administration voilà que celle-ci se met à nous opposer un refus au nom que nous ne serions « pas représentatifs ». Comment se fait-il que la CNT-Education soit privée de droits dévolus par le code du travail, et dont nous avons bénéficié jusqu’en décembre 2008, sans qu’aucun élément nouveau, notamment législatif, ne vienne invalider notre reconnaissance de fait ? Si, pour l’administration il « est incontestable que le SUTE 69 développe une certaine activité », pour reprendre ses termes, ce qui semble profondément la gêner, au-delà de notre développement, c’est notre non-participation aux élections professionnelles et notre refus de participer au système paritaire.

Faire rentrer le syndicalisme dans le moule ! Cette attaque s’inscrit dans contexte plus général d’offensive contre syndicalisme de lutte. En 2006 déjà, la CNT-PTT a été privée de l’ensemble de ses droits syndicaux et a été déclarée illégale à la Poste au motif de son refus de participer aux élections paritaires et au système co-gestionnaire. Après trois ans de bataille sur le terrain et au plan juridique, le 15 mai dernier, le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction existante, a annulé l’accord interdisant la CNT-PTT, a condamné la Poste à payer des dommages à la CNT et à rétablir ses droits syndicaux dans leur ensemble. Une issue favorable mais après 3 ans de répression et de sanctions contre les militants. Plus généralement, on assiste à une volonté générale de mise au pas du syndicalisme dans un modèle unique. Il s’agit bien d’en finir avec le syndicalisme de lutte et faire rentrer toute forme d’expression syndicale dans le moule de la cogestion et dans le rôle de partenaires sociaux. Aujourd’hui c’est à la CNT-Education qu’on s’attaque, mais demain cela sera le tour de qui ? Par-delà les étiquettes d’organisation, c’est l’ensemble du syndicalisme de lutte qui est en danger.

Réagir, défendre et soutenir la CNT-Education Malgré le fait que nous soyons intervenus auprès de l’administration pour protester contre cette atteinte à nos droits syndicaux, que nous ayons fait preuve de notre « représentativité » comme elle nous le demandait, celle-ci continue à opposer un refus au dépôt de nos préavis de grève. La CNT-Education a donc décidé de dénoncer publiquement cette atteinte aux droits syndicaux, d’appeler au soutien et d’utiliser à son tour le dernier recours possible, porter l’affaire devant la justice en déposant un recours au Tribunal administratif. Néanmoins, afin de renforcer notre démarche, nous appelons tous nos militant-e-s, sympathisant-e-s et plus largement, toutes les personnes attachées à un syndicalisme de lutte et plus largement au respect des droits syndicaux à se mobiliser en participant à la souscription que nous lançons pour faire face aux frais de justice, en signant et en diffusant la pétition qui dénonce l’entrave à l’exercice de nos droits syndicaux et témoigne de l’activité et de la représentativité de la CNT-Education dans le Rhône (voir encadré). Enfin, nous rappelons que le mieux, pour permettre le développent de la CNT éducation et pour pérenniser son activité, malgré les entraves de l’administration reste bien évidemment, de la rejoindre, de participer à sa construction, à ses luttes, d’y adhérer, de se syndiquer !

Pétition

[CNT Education 69] Écoles, collèges, lycées : un an de lutte

Article du mercredi 17 juin 2009


Ces six derniers mois ont été, dans le Rhône, une course en avant pour construire un mouvement capable d’empêcher les réformes visant à détruire le système éducatif de la maternelle à l’université. Cette construction s’est faite en plusieurs étapes et avec l’implication de personnes d’horizons très divers. Il n’en reste pas moins que six mois après la grève du 20 novembre, les victoires sont maigres voire inexistantes au vu des nouvelles avancées du ministre sur deux réformes phares (les jardins d’éveil et la réforme des lycées).

Le 20 novembre : seule journée de grève nationale de l’année !
Si la première manifestation du 20 novembre était prometteuse tant en terme de mobilisation des personnels que de revendications, elle n’a été suivie d’aucune autre journée nationale pour l’éducation (les collectifs ont bien tenté de créer des mobilisations nationales, mais la FSU s’est toujours refusée à appeler à la grève ces jours-là, or le poids du syndicat majoritaire est malheureusement encore très important au niveau des enseignants). Le mécontentement visible ce 20 novembre n’a ébranlé ni le ministère ni les centrales syndicales qui n’ont, à aucun moment, appuyé les demandes répétées de nouvelles journées de grève. Parallèlement, dès ce mois de novembre, différents secteurs ont compris l’importance de s’organiser en collectifs locaux. Ces collectifs regroupant syndiqués, non-syndiqués, professeurs du primaire, du secondaire et parents d’élèves ont été un lieu d’application d’une démocratie directe où chacun a pu apporter sa contribution aux débats et décisions. Au plus fort de cette longue lutte, des collectifs nouvellement créés ou plus anciens ont ainsi rassemblé de 60 personnes (pour Vénissieux, Croix Rousse, etc.) à 150 personnes. Ces collectifs ont impulsé des actions variées, telles que des manifestations locales, des nuits des écoles, des soirées de débat, des blocages d’IEN, des distributions de tracts. Elles ont d’ailleurs trouvé l’adhésion d’une partie assez large de la population.

Des collectifs locaux à l’assemblée générale nationale :
la question de la légitimité et la difficulté des prises de décisions Dans la même volonté de faire participer toutes les personnes mobilisées, dès le 20 novembre, une AG départementale a eu lieu à l’initiative des syndicats afin de débattre des suites du mouvement. Si lors de cette AG les personnes venues de différents secteurs géographiques ont pu se réunir, il a fallu d’autres AG pour faire admettre que ce lieu de discussion était un espace où chaque personne avait sa place et où les collectifs représentés étaient en droit de prendre des décisions, d’appeler à la grève ou à des actions avec ou sans le soutien des syndicats majoritaires (comme la grève 10 mars).

Cette période de luttes aura également vu la création de l’AG nationale qui s’est tenue pour la première fois en janvier à Villeurbanne. Si une trentaine de départements ont participé à l’une des quatre AG nationales, de grandes disparités dans l’état de la mobilisation sont apparues. De nombreux départements n’ont pas construit la mobilisation, attendant un signe des syndicats majoritaires. Finalement la tenue de ces AG, importantes pour coordonner au niveau national les tentatives de construction d’un mouvement de grande ampleur, s’est heurtée à des difficultés liées aux différentes réalités des départements, à la difficulté de mobiliser à long terme et à l’idée que, finalement, cette AG n’avait pas la légitimité à proposer des actions plus radicales. Les décisions prises lors de ces AG montrent souvent une volonté de ménager notre image auprès du grand public quitte à laisser de côté des modes d’action plus radicaux. Informer c’est essentiel, gagner c’est vital !

Il est certain que des actions avec et à l’attention des parents d’élèves — dont l’implication a été exceptionnelle — et de l’opinion publique étaient indispensables. Elles ont souvent (en particulier dans le Rhône) donné lieu à des discussions, des prises de conscience et un soutien fort d’une partie importante de la population. Cependant, cette nécessité d’informer les parents ne devait pas exclure le fait d’utiliser la grève comme moyen d’action. C’est en effet par une grève plus dure et plus longue qu’un vrai rapport de force aurait été établi, seul capable de faire avancer nos revendications et faire enfin reculer le gouvernement sur sa casse programmée du service public d’éducation.

D’autres types d’actions ont été menées : le gel ou la suspension de l’aide personnalisée, les lettres de désobéissance; mais aucune n’a permis de pérenniser et d’amplifier l’esquisse d’un mouvement dont les bases étaient lancées en novembre.

À l’issue de ces six mois de luttes, aucune de nos revendications n’a été gagnée de façon durable. Cependant, ce mouvement a permis d’apprendre à construire des outils indispensables à travers les collectifs, les coordinations départementales et nationales et a surtout montré la nécessité absolue de passer par la grève pour gagner sur nos revendications.

Éduc 69


Extrait du Combat Syndicaliste n°340 de juin 2009

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[CNT Sup/recherche 69] NO BOLOGNA NO !

Article du lundi 15 juin 2009




Comme tous les deux ans depuis une décennie, ministres de l’Enseignement supérieur, syndicats étudiants « représentatifs » (pour la France c’est l’Unef) et entrepreneurs se sont réunis, cette année en Belgique, dans la continuité du processus de Bologne (1999). Résultant du tournant dit « réformateur » des années 80, impulsé par l’European Round Table of Industrialists (ERT), premier lobby industriel européen, le processus de Bologne a pour objectif de préparer les facs à entrer sur le marché mondial des universités et de la recherche. 46 pays y sont engagés, et ce, sans aucun débat public, oeuvrant activement à la réalisation du but de la stratégie de Lisbonne : faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d'ici à 2010 » (Relever le défi - La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi, dit Rapport Kok, novembre 2004). Dans cette logique, « l’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique » (rapport de l’ERT, 1995), et « les enseignants ne sont plus indispensables à la formation tout au long de la vie ; des prestataires de services éducatifs feront l’affaire » (rapport de l’OCDE, 1998). Sous couvert d’harmonisation des cycles d’étude, facilitant le caractère européen des diplômes, ce processus incite les Etats à une harmonisation des modes de financement du service d’éducation : le mot clé est celui d’ « autonomie » des établissements, à savoir un partenariat des universités avec des entreprises, selon le modèle anglosaxon. L’horizon est donc une hiérarchie financière des universités, entraînant, de fait, celle des diplômes qu’elles délivrent. Cette « autonomie » est le coeur de la loi LRU qui détruit actuellement l’enseignement supérieur public en France : suppression des postes de fonctionnaires, casse du statut des enseignants chercheurs, externalisation de la main d’oeuvre d’entretien, développement des filières les plus rentables aux dépens des autres. S’ajoute à cette transformation structurelle radicale, le credo qui se veut garant d’une éducation de qualité à la sauce Bologne : l’évaluation systématique des travailleurs.

Or, l’éducation ne peut se réduire à la mathématique d’une chaîne de montage : refusons la loi LRU, et son origine européenne, le processus de Bologne ! refusons la commercialisation des services publics !

Sup/recherche 69

Extrait du Combat Syndicaliste n°340 de juin 2009

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