CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

Communiqué de presse des personnels de l'Education du premier degré de Vaulx-en-Velin : grève à la rentrée

Article du jeudi 2 septembre 2010

Une centaine d'enseignants du premier degré de Vaulx-en-Velin, seront en grève jeudi 2 septembre 2010, jour de la rentrée des écoliers. Les enseignants grévistes accueilleront les parents jusqu'à 9h30, puis se réuniront en Assemblée Générale à l’école maternelle Makarenko A, de 10h00 à 11h30 avec les parents d'élèves. A midi, se tiendront une conférence de presse et un pique-nique devant la mairie de Vaulx-en-Velin. Les enseignants dénoncent encore et toujours les économies budgétaires réalisées par l'Inspection Académique du Rhône sur le dos des RASED, donc des élèves en grande difficulté. Neuf postes d'enseignants spécialisés sur tout le département du Rhône sont redéployés dans d'autres secteurs. Or, tous les besoins RASED du département doivent être couverts.

Cette journée fait suite à deux rassemblements devant l'IEN de Vaulx-en-Velin en mars et en avril, à quatre rencontres avec l'Inspectrice d'Académie, et à une journée de grève des enseignants le 8 juin. L'Inspectrice d'Académie a affirmé, pour justifier les redéploiements, que "l'apport de l'aide personnalisée dans trois circonscriptions (Vaulx-en-Velin, Décines et Jonage) est actuellement équivalent à 50 postes" dédiés à la difficulté scolaire. Depuis la première audience, les enseignants n'ont cessé de lui affirmer que l'aide personnalisée ne pouvait pas se substituer aux enseignants spécialisés des RASED. Lors de la négociation préalable au préavis de grève du 2 septembre, l'Inspectrice d'Académie a proposé de mettre à disposition, pour un an seulement, sur la circonscription de Vaulx-en-Velin, trois enseignants remplaçants et non spécialisés à la place des 3 postes RASED supprimés.

L'Inspection académique doit :

- réouvrir ces trois postes

- affecter des enseignants formés à titre définitif sur ces postes pour pérenniser l'aide spécialisée à la grande difficulté scolaire

Le nombre de places pour la formation des enseignants spécialisés doit augmenter afin de répondre aux besoins du terrain

L'enseignement spécialisé n'est pas une variable d'ajustement permettant la mise en place du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques.

La CNT Education 69 est bien sûr partie prenante de ce mouvement, n'hésitez pas à nous contacter.

[CNT Education] Menaces sur l’éducation prioritaire : c’est CLAIR !

Article du mardi 6 juillet 2010



Nous prenons actuellement connaissance des établissements du second degré qui expérimenteront le programme CLAIR à la rentrée 2010. Ce dispositif devrait être généralisé à la rentrée 2011, dans le cadre d’une large « redéfinition de la carte de l’éducation prioritaire », pour les établissements qui en relèveraient encore. Il remplacera alors les dispositifs existants. Annoncé par Châtel lors de la clôture des « états généraux de la sécurité à l’école », ce programme encore bien flou, est supposé être une réponse aux violences mais permettra surtout d’expérimenter la gestion libérale de l’école de demain. Il comporte 3 mesures :

Recrutement direct par les chefs d’établissements

Les postes vacants et ceux qui se libèreront en cours de mouvement intra 2010 seront bloqués. Les candidats qui manifesteront leur envie d’être affectés dans ces collèges seront triés par le chef d’établissement et seront affectés en fonction du choix de celuici. Sans préciser, le ministre indique qu’ils auront « les moyens pour attirer les professeurs déterminés ». Parle-t-il de salaire au mérite ou autres formes de primes, on ne sait pas encore. Les chefs vont donc pouvoir se choisir une vraie garde rapprochée sans rendre de comptes à quiconque. Cela va dans la logique actuelle de l’augmentation de leurs pouvoirs pédagogiques comme administratifs : recrutement du personnel de vie scolaire, extension des prérogatives du conseil pédagogique, possibilité d’imposer encore plus facilement la DHG, autonomie croissante et contractualisation des établissements... Petit à petit les pièces s’assemblent et la perspective d’EPLE géré à la façon de mini-entreprises par des « managers publics » n’est plus une caricature.

Recentrage exclusif sur le socle commun.

Là encore ce que nous craignions et dénoncions de longue date à propos de ce SMIC scolaire finit par se réaliser. Pour le ministre, c’est clair, dans ces établissements concentrant le plus de difficultés « seule doit compter la validation du socle commun ». Ce n’est pas grave si cela prive ces élèves de l’accès à des connaissances inscrites dans les programmes disciplinaires mais absentes du socle ou s’ils ne connaitront les sciences humaines seulement à travers une sorte de compilation de culture générale... Le ministre doit certainement se dire que cela n’en vaut pas la peine pour finir en LP ou apprenti ? La fameuse « égalité des chances » est toujours plus un mythe et l’école à plusieurs vitesses, une réalité...

Installation d’un « préfet des études » par niveau

Sorte de « super CPE », il sera responsable de la vie scolaire et du suivi personnalisé des élèves pour un niveau donné. Cela pose un certain nombre de questions. Quel statut pour ces personnels ? CPE, professeurs volontaires déchargés ou payés en heure sup’ voir carrément nouveaux personnels précaires à l’instar des « médiateurs de la réussite scolaire » recrutés en CAE en 2009 ? Quelles relations avec les personnels en place (CPE, PP...) alors qu’il est dit qu’ils auront « l’entière responsabilité sur le plan pédagogique et éducatif » de leur niveau respectif ? La Vie Scolaire aurait surtout besoin de plus de stabilité et de statuts décents pour ses personnels dont la situation ne cesse de se dégrader depuis la fin des MI-SE. Ajouter une couche au mille-feuille ne ferra donc pas forcement du bien... Pourquoi ne pas tout simplement acter la nomination d’un CPE par niveau dans ces établissements ? En parallèle à ces mesures phares, le ministère annonce pour les CLAIR, une plus grande liberté dans l’organisation et les horaires, dans le projet pédagogique, ainsi qu’une ouverture à « l’expérimentation ». Pour nous il ne s’agit là que d’un trompel’oeil. En effet quelle réelle innovation pédagogique est possible dans le cadre tronqué du socle commun et d’une autonomie qui ressemble plus à une dictature managériale du chef d’établissement qu’à de l’autogestion !?

Sans oublier bien sûr la grève, les pistes de résistance sont multiples : boycott du conseil pédagogique, refus de remplir les livrets de compétence du socle commun, refus collectifs de toute individualisation des objectifs par les chefs d’établissements, refus de la contractualisation des moyens... Tous ces actes de « sabotage » pédagogique et administratif n’auront bien sur de sens et de poids que si ils sont décidés collectivement à l’échelle des établissements voir coordonnés au sein des bassins ou réseaux. Nous encourageons la création rapide d’intersyndicales ou collectifs locaux pour mobiliser sur ces questions.

Pour la CNT- FTE, c’est donc CLAIR, il faut mettre en échec cette nouvelle attaque contre l’éducation prioritaire, non seulement dans la centaine de bahuts concernés dès 2010 mais aussi avec le soutien de tous ceux qui seront touchés en 2011.

Tract en pdf

Communiqué de presse des personnels de l'Education du 1er et 2nd degré de Vaulx-en-Velin, Décines, et Jonage : bilan de la journée de mobilisation du 8 juin

Article du mercredi 9 juin 2010



Les personnels de l'Education de Vaulx-en-Velin, Décines et Jonage du premier et du second degré étaient en grève aujourd'hui pour dénoncer le redéploiement de 4 postes RASED : 1 sur Vaulxen- Velin, 2 sur Décines et 1 sur Jonage. Ils saluent la large réussite de la mobilisation sur Vaulx. Sur Vaulx-en-Velin, 18 écoles étaient fermées; auquelles s'ajoutaient 3 sur Décines et 2 sur Jonage. 75 % des enseignants du premier degré étaient grévistes sur Vaulx-en-Velin.

A 9h00 ce matin (8 juin), 130 enseignants grévistes et des parents d'élèves étaient réunis en Assemblée Générale à l'Ecole Jean Vilar de Vaulx-en-Velin. Les enseignants présents à l'Assemblée Générale ont voté à une écrasante majorité le principe d'une grève pour la rentrée scolaire 2010/2011, si l'Inspection Académique ne rendait pas les postes RASED. C'est pourquoi les enseignants vont demander une nouvelle audience à l'Inspectrice d'Académie durant le mois de juin, afin de laisser une nouvelle chance à la négociation.

Par ailleurs, ils ont également voté de faire, durant le mois de juin un rassemblement devant l'Inspection Académique; ainsi qu'une manifestation sur Vaulx-en-Velin un soir, après l'école pour montrer que la pression n'était pas relâchée d'ici la fin de l'année.

Sur Vaulx-en-Velin et Décines, une coordination de parents d'élèves est en train de se monter pour lutter contre la casse de l'école publique engendrée par les restrictions budgétaires dans l'Education Nationale. Ils co-organiseront avec les enseignants, des rencontres dans les écoles pour informer et mobiliser le reste des parents sur la question des suppressions des postes RASED. La coordination de parents a prévu plusieurs actions pour demander le maintien des postes RASED : Interpellation à répétition de l'inspection Académique par messages internet et téléphoniques; blocage la montée des élèves dans les classes.

Les enseignants, les parents d'élèves, le maire de Vaulx-en-Velin, la conseillère Générale du canton de Vaulx, ont ensuite pique-niqué place de la Nation à Vaulx-en-Velin. Des prises de paroles ont eu lieu, les enseignants ont réalisé une première fois leur « classe sauvage » et une conférence de presse a été tenue.

A 15h00, les enseignants grévistes et les parents d'élèves se sont rendus Place des Terreaux à Lyon pour jouer leur classe sauvage et distribuer des tracts. Trois saynètes ont été jouées, pour illustrer l'impact direct dans les classes des mesures annoncées par le gouvernement et des tracts ont été distribués à la population. Les saynètes avaient pour thème la disparition des RASED, la réduction du nombre dʼenseignants-remplaçants, lʼappel à du personnel remplaçant non titulaire :
vacataires diplômés mais non formés à la prise en charge dʼune classe, la formation inquiétante des futurs enseignants après la mort des IUFM, l'augmentation de l'effectif des élèves dans les classes, la baisse de la scolarisation en maternelle pour les élèves de moins de trois ans…

[CNT Education 69] Soirée débat vendredi 28 mai 19H00 : Nouveaux programmes, "Management" ou pédagogie ?

Article du vendredi 28 mai 2010



Les programmes scolaires de 2008 pour l'école primaire, accompagnés du socle commun des compétences, ont constitué un tournant dans la manière d'appréhender la transmission des savoirs à l'école. Ce ne sont pourtant pas les premiers programmes à définir ce qui doit être fait à l'école, ni même la première tentative de définir "ce qu'il n'est pas permis d'ignorer" !

Remettant en cause la logique des cycles en ciblant des objectifs précis pour chaque niveau, ils sont à l'opposé de notre façon d'appréhender l'école.

La construction des connaissances par l'apprenant est remplacée par une exigence de résultats validés de façon binaire tout au long de la scolarité et qu'on retrouve dans les évaluations nationales ou l'attestation de maîtrise des paliers du socle.

La construction des connaissances par les élèves et la construction d'individus libres et critiques qui pourrait l'accompagner sont donc laissées de côté au profit d'une accumulation comptable qui formate dès leur plus jeune âge les enfants. L'école se trouve donc réduite à créer des produits qui doivent avoir intégré une liste de compétences à cocher. Toutes les difficultés des élèves viennent donc de leurs seuls manques de compétences ! La mise en place de ce même socle commun au collège et au lycée questionne sur ses objectifs cachés. Cette logique de compétences, qui vise à rendre adaptés et adaptables les élèves, transforme les finalités mêmes de l'enseignement et de réforme en réforme, on se dirige vers une métamorphose de l'école en boîte de formation.

Sous couvert de culture commune on nous impose un bilan de compétence, type pôle emploi ou l'élève-salarié doit se justifier de ses lacunes. Ce qui pose la question suivante: l'école doit elle encore former des individus ou ne sert-elle plus qu'à produire des salariés ?

A tout cela s'ajoutent, côté enseignants la mise en place des EPEP, de certaines primes ciblées, les suppressions de postes dans une logique cyniquement comptable. S'ajoutent aussi, pour les élèves, l'aide personnalisée ou les stages de vacances qui achèvent d'individualiser leur rapport à leurs difficultés...

Comment concilier alors des pratiques pédagogiques où l'élève prend le temps de construire ses connaissances et les exigences managériales de notre hiérarchie (dont certains membres viennent déjà des cabinets de DRH du privé ?).

De façon concrète, que se passe-t-il dans nos établissements ? Que pouvons nous mettre en place ? Quelles sont les alternatives possibles à ce fameux socle commun ?


C'est pour échanger autour de tout cela que nous vous invitons à une soirée débat le vendredi 28 mai. 19H00 au local CNT 44 rue Burdeau 69001 Lyon.

La discussion sera suivie d'un moment d'échange plus convivial (un apéro quoi !),
merci d'amener une petite chose à grignoter.

N’autre école n°26 est sorti

Article du jeudi 27 mai 2010

École : quelle démocratie ? Le nouveau numéro de la revue N’Autre école



Le n° 26 (printemps/été 2010) de la revue syndicale et pédagogique "N’Autre école" est à présent disponible dans sa version papier, dans sa version PDF "intégrale" et en feuilletage écran sur : www.cnt-f.org/nautreecole

Démocratie ?

Depuis longtemps le mot agite le monde… Et dès l’origine il conjugue une indestructible aspiration collective et une tromperie : les Grecs de l’Antiquité définissaient la démocratie comme « la liberté de parole et la reddition des comptes » et piétinaient l’égalité par l’esclavage. Que faisons-nous par et pour la démocratie dans nos établissements scolaires – et autour ? Quel est le concret des avancées et des défenses, de ce pas à pas millimétrique où s’éveille la conscience de plus de droits ? Et quelle règles – provisoires, discutées, indispensables – mettons-nous en place pour bâtir l’échafaudage ? Comment faisons-nous face/avec/contre les règles de l’institution ?

Au détour des 60 pages de ce numéro, nous avons essayé de traiter ces questions à travers le prisme de nos pratiques professionnelles, pédagogiques, militantes et syndicales. Loin de trouver des réponses définitives, nos réflexions nous ont mené à une seule certitude : la démocratie n’est pas un modèle clé en main, glorieuse fin de l’histoire, mais un vaste champ d’expérimentation, un projet à toujours relancer et approfondir (sommaire et choix d’article en consultation libre sur le site).

Le numéro papier est en vente au prix de 4 € (2 € pour sa version Pdf) L’abonnement est de 20 € pour 5 n°.

Il est maintenant possible de commander ou de s’abonner directement depuis le site en paiement sécurisé http://www.cnt-f.org/nautreecole/spip.php?article186 ou par courrier : CNT-FTE N’Autre école, 33 rue des Vignoles 75020 Paris (chèques à l’ordre de CNT-FTE)

Pour toute information : nautrecole@cnt-f.org


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Anciens numéros à télécharger

Téléchargez le N°80 de "Tartagueule" mai 2010 (mensuel de la CNT Education 69)

Article du mardi 25 mai 2010



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Anciens numéros

CNT SUTE du Rhônes 69

Adresse électronique educ69@cnt-f.org

Téléphone 04 78 27 05 80 fax :04 78 30 98 65

Adresse postale Palais du travail, 9 place Lazare Goujon, 69100 Villeurbanne

Permanences : 2e mercredi du mois, 18h/19h
au local de la CNT 69 : 44 rue Burdeau 69001 Lyon.

Site de la Fédération de l'Education

[CNT Education 69] Évaluations nationales CE1 : c’est toujours non ! (grève du 17 au 22 mai)

Article du dimanche 16 mai 2010



L’année dernière, dans le cadre du mouvement de contestation des mesures Darcos, nous nous étions mobilisé-es contre les absurdes et dangereuses évaluations nationales des CM2 et des CE1.

Un grand nombre d’enseignant-es n’avait pas fait passer les évaluations, ou n’avait pas renvoyé les résultats. D’autres avaient fait le choix d’une passation non conforme aux injonctions ministérielles. Des parents avaient même "subtilisé" les livrets de leurs enfants ou n’avaient pas envoyé ces derniers à l’école.

Cette année, les évaluations reviennent et les raisons de les refuser sont toujours les mêmes :

✗ refus d’évaluer nos élèves sur des compétences non abordées en cours d’année, de les mettre en échec et d’instaurer un climat de classe et une relation à l’opposé de ce que nous souhaitons

✗ refus de voir les écoles mises en concurrence (les résultats aux dernières évaluations ont été comparés par les inspections qui ont pointé certaines « mauvaises » écoles ),

✗ refus du mode de notation qui attribue le score de zéro à l’enfant qui aura fait une seule erreur sur six de la même manière que s’il avait tout faux,

✗ refus d’une vision élitiste et productiviste de l’école et de l’enseignement.

Le seul moyen efficace pour permettre que les élèves de CE1 ne passent pas les évaluations est la GRÈVE. Cela a fonctionné cette année pour les évaluations CM2, auxquelles ont échappé les enfants des classes d’enseignant-es grévistes, notamment à Paris et à Montpellier. Personne ne peut faire passer les évaluations à notre place ! Aucune sanction n’a été possible, la grève reste un droit : utilisons le !

Un préavis de grève national est déposé par la FTE pour toute la semaine des évaluations. Une solidarité peut se mettre en place dans les écoles pour que les enseignant-es de CE1 ne soient pas laissé-es seul-es face à ces évaluations et leur refus. Nous sommes tous- tes concerné-es !

Mettons en place des caisses de solidarité pour permettre aux enseignant-es de CE1 de faire grève les 4 jours !

Nous ne pouvons entériner ce que nous refusions l’année dernière ! Nous appelons donc TOUTES et TOUS les collègues à organiser la grève selon des modalités choisies par les conseils des enseignant-es (par exemple, grève des enseignants de CE1 avec soutien financier des collègues)

Préavis de grève

Tract

Fédération CNT Education

Revue N'autre ecole

Téléchargez le N°79 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du dimanche 21 mars 2010

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Collège Barbusse à Vaulx en Velin : En attendant que l'Inspection Académique se décide, les personnels occupent collège cette nuit

Article du dimanche 14 mars 2010

Vaulx-en-Velin le 11 Mars 2010



Ce Jeudi 11 Mars aura vu pour la quatrième journée une très forte mobilisation au collège Barbusse. 80 personnes étaient présentes devant l'Inspecteur d'Académie adjoint qui était venu rencontrer les personnels. Les enseignants ont déploré l'absence du représentant du Rectorat qui avait été promis par Mme L'Inspectrice d'Académie.

L'Inspecteur d'Académie a entendu la présentation du rapport rédigé par les professeurs détaillant l'ensemble des actions pédagogiques menées sur l'établissement. Il a dit avoir « été convaincu par la richesse pédagogique » du travail mené au sein du collège Henri Barbusse qu'il ne remettait nullement en cause. Il a cependant avoué son incapacité à faire face aux besoins des élèves du collège en proposant une dotation suffisante. Il a avoué devoir appliquer localement une politique nationale, l'enveloppe allouée par le ministère à l'Inspection Académique du rhône ayant diminué.
L'Inspection ne peut plus abonder aux demandes des équipes, même lorsqu'il s'agit de maintenir des dispositifs existants. Les personnels qui, ces deux dernières années ont déjà subi des coupes franches dans leur dotation horaire, ont fait savoir qu'après plus de deux ans d'adaptation à ces baisses de moyens, il ne leur était plus possible de faire autant avec moins. Ils se verraient dans l'obligation de supprimer des dispositifs qui aujourd'hui répondent à des besoins précis des élèves si aucune rallonge n'était proposée. Ils ont donc demandé à M.l'Inspecteur d'Académie Adjoint de solliciter une rallonge exceptionnelle de moyens au ministère afin de couvrir les besoins des collèges du Rhône. Ils ont réaffirmé leur volonté d'assurer leur mission de service public et qu'il était hors de question de se résigner à voir leurs élèves à nouveau en souffrance.

Comme demandé par l'ensemble des personnels, Mme l'Inspectrice d'Académie a contacté le collège à 16h. Elle a par contre annoncé son incapacité à apporter une réponse immédiate. Elle a reporté celle-ci à la journée de vendredi. Les personnels ne pouvant se contenter de cela, ont donc décidé d'occuper le collège ce jeudi soir. Ils ne quitteront pas l'établissement avant d'avoir obtenu le nombre nécessaire au fonctionnement des dispositifs du collège, soit une cinquantaine d'heures.

Nous retrouver sur FaceBook : collectif collège Barbusse (69) en colère !!

[CNT éducation 69] Collège Barbusse ou la fin de l’hypocrisie sur l’ambition de réussir d’un Collège banlieue

Article du dimanche 14 mars 2010



Le collège Barbusse est classé en Réseau Ambition Réussite depuis 4 ans (c’est le classement le plus élevé des anciennes zones d’éducation prioritaire). Sous ce label, l’académie et le ministère veulent faire croire que notre établissement a des moyens qui lui permettent de palier les difficultés sociales de la population accueillie (plus de 90% de familles défavorisées). Les enseignants n’avaient pas attendu ce label pour mettre en place des dispositifs permettant d’accompagner l’entrée et l’adaptation des élèves au collège, ou des dispositifs d’aide pour les élèves de 4ème afin d’essayer de redonner goût à l’école à des élèves parfois en souffrance. Pourtant, depuis plusieurs années, ces moyens sont rognés, et les enseignants doivent se mobiliser à chaque annonce des crédits de fonctionnement pour l’année suivante sous peine de ne même pas pouvoir sauvegarder le strict minimum pour fonctionner décemment. Ici, nous n’avons pas vu passer le moindre centime des milliards annoncés par le très médiatique « plan banlieue ».

Bien au contraire : cette année, les moyens attribués au collège étant encore très nettement en baisse, le chef d’établissement a dû choisir de supprimer un certain nombre des dispositifs qui faisaient la force et la qualité de l’accueil au collège Barbusse. Les enseignants du collège Henri Barbusse réunis en heure d’information syndicale vendredi 5 mars ont décidé d’entamer un mouvement de grève à partir de lundi 8 mars afin de protester contre la situation qui est faite à leur établissement et par conséquent à leur élèves. Ils bloqueront également le collège à partir de 7 heures lundi matin.

Ainsi les élèves qui rentreront en 6ème à la rentrée 2010 ne bénéficieront pas des mêmes chances que ceux qui sont entrés au collège il y a quelques années. En effet contrairement à leurs aînés, ils ne bénéficieront plus d’heures d’aide au travail personnalisé (ATP) qui permettaient d’accompagner l’entrée et l’adaptation des élèves au collège. La rentrée en 6ème est en effet une période de transition difficile, et ce dispositif mettait l’accent sur la méthodologie nécessaire pour suivre correctement les cours au collège tant au niveau de l’organisation concrète du cartable ou de l’apprentissage des leçons. Lorsqu’ils rentreront en 5ème ils n’auront plus d’aide hebdomadaire afin de les aider dans leur travail personnel et se retrouveront en classe entière en sciences (sciences-physiques, SVT technologie). Pourtant dans ces matières où l’expérimentation est primordiale, accueillir les élèves en groupes réduits de 18 indispensables pour réaliser les expériences scientifiques dans de bonnes conditions de sécurité. De même en classe de 4ème, ce fonctionnement par groupes en sciences va disparaître, tout comme l’heure de Traitement des Difficultés Scolaire (TDS) mise en place il y a quelques années. Pourtant remédier aux difficultés rencontrées par les élèves de 4ième, classe dans laquelle les décrochages sont très nombreux, est également nécessaire au collège Barbusse. Ce dispositif permet aux élèves de réfléchir à leur difficultés et leur laisse le choix de la matière dans laquelle ils seront pris en charge pendant quelques semaines, que ce soit pour travailler un point qu’ils n’ont pas acquis ou pour approfondir un thème qu’ils affectionnent davantage ou encore pour avoir l’occasion de s’exprimer en langues vivantes dans un groupe de 14 élèves maximum.

Cet ensemble qui vise à créer une cohérence pédagogique et une ambiance de travail au sein du collège, et par là même à donner plus de sens à l’école risque de disparaître. Pourtant tous ces dispositifs ont été validés par l’administration et mis en avant comme pistes de travail pour d’autres collèges, en particulier lors de visites des inspecteurs généraux qui ont salué ces initiatives pédagogiques. Le travail des élèves et des enseignants a d’ailleurs porté ses fruits : le collège Henri Barbusse est passé de 45% de réussite au brevet des collèges au début des années 2000 à 80% ces deux dernières années. Cela n’a pas convaincu l’Inspectrice d’Académie qui, lorsqu’elle a reçu une délégation composés de personnels et d’un parent d’élève, a apporté une fin de non-recevoir et reporté l’attribution d’hypothétiques moyens supplémentaires au mois de juin « en fonction de ce qui lui restera ». Or comment préparer sereinement et correctement la rentrée prochaine sans aucune certitude quant aux moyens alloués en septembre ? Cette gestion témoigne d’une certaine indifférence pour la réussite scolaire de la jeunesse d’un quartier populaire comme celui de Vaulx-en-Velin et d’un mépris réel pour le travail de l’équipe pédagogique du collège Henri Barbusse.

Après tout, pourquoi un collège de banlieue ne se contenterait-il pas d’un petit 50% de réussite au Brevet des Collèges ? Ne serait-ce pas là un juste retour à la normale ? Pourquoi les enseignants et les parents maintiendraient-ils cette curieuse et bien trop coûteuse ambition de vouloir faire réussir leurs élèves et leurs enfants ?

[CNT Education 69] Collège Barbusse (Vaulx-en-Velin): faute de réponse, la grève continue.

Article du lundi 8 mars 2010

Vaulx-en-Velin le 8 Mars 2010



Ce lundi 8 aura vu une très forte mobilisation au collège Barbusse avec 98;5% de grévistes : les cours ne se sont donc pas déroulés et le principal a renvoyé les élèves dans leur foyer.
Les enseignants étaient présents dès 7 heures du matin avec 4 banderoles devant le collège. Ils ont demandé à être reçus par le Recteur afin que celui-ci rétablisse les heures indispensables au fonctionnement des dispositifs permettant la réussite de leurs élèves. A cette heure ils n'ont reçu aucune réponse. Face à ce silence; les enseignants ont décidé de reconduire la grève demain Mardi 9 Mars. Ils se retrouveront à 9H00 au collège pour une assemblée générale avant de se rendre directement au Rectorat de Lyon afin d'obtenir une réponse à leur demande de rendez-vous. Ils organiseront à cette occasion une action visuelle devant le Rectorat à 11H30, suivi d'un barbecue festif. A cette occasion se tiendra une nouvelle conférence de presse à 13H00.

Les enseignants du collège Barbusse se sont aujourd'hui déplacés dans les collèges de la banlieue Est de Lyon à la rencontre de leurs collègues, afin de les informer de leur situation. Ils les ont alors invités à envoyer des représentants pour dénoncer avec eux les économies budgétaires réalisées sur le dos des banlieues et de l'éducation prioritaire.

Demande d'audience au Recteur qui a été envoyée ce matin.

Nous retrouver sur FaceBook : collectif collège Barbusse (69) en colère !!

[Solidarité] Aubervilliers en lutte

Article du vendredi 5 mars 2010



Avant les vacances scolaires, les enseignants de Seine-Saint-Denis ont entamé un mouvement de grève reconductible afin de contester les décisions gouvernementales qui poursuivent et accentuent la casse du service public d'éducation. Ce mouvement parti d'Aubervilliers s'est étendu à l'ensemble de la région parisienne avec plus de 130 établissements du second degré en lutte et une centaine d'école primaire.

Quelques grévistes du 93 étaient présents hier soir à l'émission syndicale "Spartacus" sur Radio Canut

Lors de l'émission les grévistes d'Aubervilliers ont présenté leur blog qui met à disposition des informations sur le mouvement mais aussi du matériel militant qui peut être repris par toutes les personnes en lutte.

Voici le lien : http://aubervilliersenlutte.wordpress.com/

[Presse] Vaulx en Velin Journal : moins de moyen pour les collèges

Article du vendredi 26 février 2010



Alors que le gouvernement annonce 16 000 suppressions de postes dans l’Education nationale pour la rentrée prochaine, les collèges, dont ceux de Vaulx, subissent des coupes dans l’attribution de leurs moyens.



Dans ce contexte de diminution des moyens aux collèges, l’Inspection académique, chargée de leur répartition au niveau du département, a choisi de revoir à la baisse les heures attribuées au collège Barbusse, pourtant classé Ambition Réussite.

Pour denis Pourrat, enseignant à Barbusse, représentant syndical de sud Education : “Le gouvernement est dans une logique comptable”. selon lui et les autres représentants syndicaux Cnt-Education et snEs-Fsu, l’annonce de la diminution de la dotation horaire globale pour la rentrée prochaine s’inscrit dans une politique “visant à détruire le travail entrepris depuis une dizaine d’années” et s’avère catastrophique pour les élèves dont “90 % des familles sont dans la catégorie sociale défavorisée”.

Eric Bellot, le principal du collège Barbusse constate : “A la rentrée, nous recevons une enveloppe d’heures qui permet d’assurer les enseignements. En septembre nous avions une dotation horaire globale de 874 heures, pour la rentrée prochaine nous aurons 845 heures. Il n’y aura pas de suppression de postes et nous allons garantir l’enseignement de la langue arabe”. En revanche, la diminution de la dotation globale horaire va entraîner la disparition de dispositifs d’aide aux élèves : les classes de 4e bénéficiaient d’un soutien très spécifique qui va être supprimé et il ne sera plus possible de répartir les élèves en groupe pour les cours de sciences en 5e et 4e. Le collège Barbusse n’est pas le seul établissement concerné puisque, pour le département du Rhône, la baisse est de 800 heures. Les enseignants estiment qu’il n’y pas d’autre alternative que de “se battre car nous voulons que nos élèves puissent poursuivre leurs études dans de bonnes conditions. Nous avons eu un taux de réussite de 80 % au brevet cette année, alors que nous étions à près de 45 % il y a quelques années. Non seulement nous avons réussi à obtenir la paix sociale à Barbusse mais de plus à conduire nos élèves vers la réussite”. Ils ont déposé un préavis de grève pour le 1er mars, mais gardent l’espoir que l’inspectrice d’Académie leur accordera une entrevue d’ici-là : “C’est ce que nous lui avons demandé dans un courrier qui, pour l’instant, reste sans réponse”, précise Mickaël Goyot, enseignant et délégué syndical.

Les personnels du collège sont soutenus par les élus de la Ville et les parents d’élèves délégués, prêts aussi à se mobiliser pour le sort de leurs enfants. Car, pour stéphanie stupak, parent d’élève siégeant au Conseil d’administration, “c’est bien l’avenir de nos enfants qui est en jeu. Comment, en effet, conserver la même qualité d’enseignement lorsque les moyens diminuent ? Aussi bien la direction que les enseignants sont à l’écoute des parents et des élèves. Il existe une vraie volonté d’aider les élèves. Mais avec moins d’heures, les enseignants n’auront plus le temps de s’investir autant. Ce n’est pas parce que nous habitons dans des quartiers dits difficiles que nos enfants n’ont pas le droit à la réussite”, s’insurge-t-elle.

une colère d’autant plus justifiée que le 3 novembre 2009, Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale déclarait à propos de la politique du gouvernement en matière d’éducation : “Notre principal objectif est de lutter contre l’échec scolaire. Dans les Zones d’Education Prioritaires, lutter contre l’échec scolaire, c’est faire plus pour ceux qui ont moins (…). Trois ans après la création des réseaux Ambition Réussite le bilan est encourageant. Nous devons concentrer les moyens là où les besoins sont les plus criants. Faire d’avantage pour les élèves qui ont des difficultés”. dont acte.

Jeanne Paillard



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[Education] N'AUTRE ECOLE N°25 - hiver 2010 - en ligne

Article du samedi 20 février 2010



Connaître la pieuvre : d’où vient l’évaluation, notée ou pas, dans l’entreprise et dans l’école. Y répondre : par le refus quand nécessaire, par son double intelligent, sensible et rigoureux dans l’ordinaire des jours. Si notre numéro est copieux, ce n’est pas seulement fonction de l’enjeu, mais parce que les exemples de « contre-évaluation » sont nombreux, et « transférables » comme on dit. Sans compter que nous poussons l’obsession jusqu’à nous demander s’il faut évaluer nos combats. N’hésitez pas à évaluer ce numéro ! (il n’y a que son prix que nous n’avons pas (ré)évalué, bien qu’il atteigne les 60 pages)



SOMMAIRE :

Édito

Tous évalués. Pourquoi ? Par qui ?

La théorie de l’évaluation

C’est eux qui le disent...

L’évaluation nouveau paradigme des réformes de l’éducation

La nuit sécuritaire

Récréation

Secteur privé : l’évaluation reste un outil de tri sélectif

N’Auto école

Mémento juridique : évaluation des personnels Évaluer et s’évader ?

Propos sur l’évaluation

Notation : pourrons-nous changer

les mentalités et les pratiques ?

Où est passée la note ?

La constante macabre

L’expérience de l’Hautil

Des ceintures de toutes les couleurs

Une histoire de la note... et de sa contestation

Anecdotes docimologie

Les arbres de connaissance

La Recherche ou l’évaluation permanente

Notation, évaluation, inspection : objection !

L’évaluation dans le supérieur

Le refus d’inspection dans le secondaire

Pour une stratégie de l’opacité

Les compétences : faire avec ou comment s’en débarrasser ? Quelle évaluation pour nos luttes ?

Les évaluations nationales au cœur des luttes

Mais comment évaluer notre action ?

Évoluer et s’évaluer

RESF : l’impossible bilan

► Mais aussi en ligne sur le site de la revue : L’évaluation en maternelle, Éric Dussart

Aimer ne s’évalue pas, René Croci

Dis, donc… c’est à l’école que tu apprends ces vilaines manières ?, Ch. Pepinster

... et des prolongements aux articles.

Carnet de lectures

Lecture jeunesse



A lire en ligne en cliquant sur le vignette ci-dessous, bonne lecture (la revue papier est disponible au local CNT pour 4 euros)




site de la revue "N'autre école"

[CNT Education 69] Grèves et luttes dans les établissements scolaires contre la casse programmée du service public d'éducation

Article du lundi 15 février 2010



La CNT Education 69 apporte son soutien à tous les collègues des établissements du 2nd degré qui se mobilisent actuellement contre les DHG (Dotation Horaire Globale, moyens accordés à chaque établissement scolaire) dans le Rhône.
En effet, ces DHG sont actuellement présentées dans les conseils d'administration des collèges et des lycées qui n'ont pas le pouvoir de se positionner sur le volumes des heures affectées : qu'ils les refusent ou les valident, ces dotations seront imposées par l'IA.
Les moyens accordés sont très souvent en baisse, ce qui est la traduction locale des suppressions massives de poste voulues par le gouvernement. Ainsi l'inspectrice d'académie du Rhône doit supprimer 44 postes.

Plusieurs établissements ont donc choisi de rentrer dans la lutte pour dénoncer les situations qui leur sont faites et les dégradations à prévoir des conditions d'enseignement. C'est le cas du LP Picasso à Givors et du collège Alain à St-Fons qui étaient en grève jeudi 4 février (le LP Picasso a poursuivi son mouvement) ou du LP Sembat-Séguin de Vénissieux et du LP Bron Auto qui étaient en grève mardi 9 février.
Les enseignants du collège Barbusse ont quant à eux choisi d'empêcher la tenue du CA et revendiqué une réaffectation des heures manquantes. Dans le cas contraire, ils ont annoncé qu'ils se mettraient en grève reconductible.

Dans d'autres académies des luttes similaires ont vu le jour, en particulier en Seine-Saint-Denis où après une journée de grève départementale jeudi 4 février, celle-ci est reconductible avec une manifestation de 2000 personnes à Paris le jeudi 11 février, ou encore dans l'académie de Lille où des établissements étaient en grève la semaine passée.

La CNT Education 69 et ses adhérents poursuivront leur action au sein de ces luttes et militeront afin que celles-ci s'élargissent à tous les établissements ainsi qu'aux écoles primaires ou à l'Université, elles aussi victimes de la politique de rigueur budgétaire que subit le service public d'éducation.

[CNT Education] Communiqué du personnel du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin

Article du lundi 8 février 2010

Ci-dessous le communiqué que les personnels du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin ont envoyé ce soir à l'inspectrice d'Académie.
Les enseignants ont empêché la tenue du conseil d'administration lundi 8 février, car ils refusent la DHG pour la rentrée prochaine.
En effet, les moyens attribués ne permettent pas d'envisager une rentrée scolaire sereine: plusieurs dispositifs d'aide aux élèves risquent d'être supprimés tout comme la prise en charge des élèves en groupes en sciences (SVT, Sciences physiques et technologie).



A Madame l'Inspectrice d'Académie,
s/c du chef d’établissement

Objet : Dotation Horaire Globalisée du collège Henri Barbusse

Madame,
Considérant la dotation horaire globale attribuée à leur établissement, les personnels du Collège Henri Barbusse réunis en heure d'information syndicale ce jour ont décidé d’empêcher la tenue du conseil d’administration qui devait se tenir ce jour. En effet, cette dotation met en péril le fonctionnement même de l’établissement parce qu’elle porte un grave préjudice aux conditions d'apprentissage des élèves et aux conditions d'enseignement des professeurs.

Lors de la présentation faite par le chef d'établissement en assemblée générale le jeudi 4 février, les enseignants ont appris avec stupeur la disparition de plusieurs dispositifs d'aide aux élèves et la suppression des groupes de sciences, ainsi que l'ATP à la rentrée prochaine. Jusqu'à présent, il y avait, en sciences-physiques, SVT et technologie, 4 groupes pour 3 classes, permettant de travailler à 18 élèves et donc de réaliser les expériences nécessaires dans ces matières avec des conditions de sécurité acceptables. L'ATP est pour sa part indispensable pour permettre aux élèves d'apprendre à s'organiser dans leur travail. Ces annonces déjà intolérables doivent s'accompagner de la suppression de 14 autres heures, la dotation apportée par vos services contraignant le principal à sacrifier ce qui fait la réussite de notre établissement : de nombreux projets disciplinaires assurant l'ouverture culturelle (projet beaux arts, classe musique, projet théâtre, classe sciences), plusieurs sections sportives et divers dispositifs pédagogiques mis en place pour accompagner la scolarité de nos élèves dans chaque niveau. Et que dire de la SEGPA ? Depuis 2 ans, nous recevons des directeurs non formés, ce qui ne permet pas d’assurer la promotion de la structure et ce malgré les besoins de notre secteur.

Les dispositifs que l'administration a d'ores et déjà prévu de supprimer sont pourtant reconnus comme innovants à travers leur labellisation par le Pôle Académique de Soutien à l'Innovation et à l'Expérimentation). Ils sont dédiés aux élèves de 6e et 5e et ont été pensés dans le but d'accompagner les élèves dans leur passage de l'école primaire au collège. L’an dernier, des Inspecteurs Généraux venus visiter notre collège ont salué ce travail en précisant dans leur rapport que nous étions en avance sur d'autres établissements classés EP1 (« Ambition Réussite »), tant au niveau de la réflexion que des dispositifs permettant la prise en charge de nos élèves. Cela aurait-il changé ? Les constats d’un rapport de l’inspection générale ne résistent-ils pas à la logique d'économie budgétaire relayée par vos services ?

Pour tenter de justifier l’amputation des moyens alloués au collège, une baisse d’effectifs est anticipée, en particulier en classe de 3e où il est prévu qu’il n’y ait que 111 élèves alors qu'il y a actuellement 134 en classe de 4e. Où passeront donc ces 23 élèves à la rentrée 2010 ? Certes, certains d’entre eux s’orienteront vers des 3e spécifiques (3e DP6 ou 3e DPA), mais ils ne seront vraisemblablement qu’un petit nombre. De fait, depuis la suppression de la classe de 3e DP6 dans notre établissement en juin 2009, les élèves ainsi que leurs parents ont plus d'appréhension à envisager une orientation dans un autre établissement, en particulier en lycée professionnel. Nous nous permettons de vous rappeler que lors de la préparation de la rentrée dernière, nous avions déjà attiré votre attention sur le fait que vos prévisions d'effectifs en janvier semblaient sous-évaluées. Or, face à la réalité des chiffres, vous avez finalement dû rejoindre nos prévisions en ouvrant une division supplémentaire en 4e fin juin et une 6e supplémentaire le 9 juillet.

Confronté à une DHG famélique, le chef d'établissement prévoit la suppression de l'arabe comme langue vivante 2, alors que cette LV2 enrichit l'offre éducative proposée au sein de notre collège. De même, la suppression d'un poste d'EPS telle qu’elle est prévue nuirait considérablement à la « relative » stabilité de l'équipe au cours des dernières années ainsi qu'à un certain nombre de projets portés collectivement. Ceci est d'autant plus incompréhensible qu’un professeur d'EPS devrait venir assurer la moitié de service de notre collègue dont le poste serait supprimé et que l'autre moitié serait assurée en heures supplémentaires par les autres enseignants. Nous refusons de rentrer dans de telles logiques comptables : 18H d'EPS sont nécessaires au collège Barbusse, et nous avons besoin des compétences du professeur concerné. Celui-ci doit donc rester au collège.

En même temps que la baisse de dotation, les enseignants ont appris par la presse que leur établissement serait équipé de vidéo surveillance en 2011. Ce projet ne correspond aucunement à leur demande et tend de plus à stigmatiser nos élèves comme de possibles délinquants. L'argent dépensé pour ce projet serait assurément beaucoup plus utile pour permettre la poursuite du travail mené en profondeur et qui vise à donner à leurs élèves confiance en l'avenir.

Nous nous permettons de vous rappeler que le classement EP1 de notre établissement n'est pas dû au hasard. Les difficultés sociales des familles sont bien réelles: plus de 90% d'entre elles sont classées dans la catégorie sociale défavorisée. Nous accueillons un nombre important d'élèves n'ayant pas commencé leur scolarité en France du fait de la présence d'un forum réfugiés sur notre zone de recrutement et de quartiers où les logements ont des loyers faibles. Cependant, et grâce au travail entrepris depuis plusieurs années, l'évolution du collège est plutôt positive tant au niveau de l'ambiance de travail que des résultats au brevet des collèges : de 45 % en 2000 à 80% en 2008 et 2009. Est-ce à cause de cette réussite que vous avez décidé de réduire nos moyens, en pensant que même si nous ne faisons pas aussi bien, ce ne serait pas très grave? Ou est-ce parce que l'idée de donner davantage de moyens aux établissements dont les difficultés sont plus grandes, afin de garantir une certaine égalité des chances, fait désormais partie du passé ?

Les enseignants du collège Barbusse ne sont pas prêts à vous laisser mener à bien une politique qui vise à détruire le travail entrepris depuis une dizaine d'années, il refuse que la jeunesse des quartiers populaires soit la variable d'ajustement des politiques de restrictions budgétaires. Il demande donc à ce qu'une délégation d'enseignants soit reçue dans les jours qui viennent et que vos services réaffectent au plus vite les moyens qui permettront au collège de retrouver sa sérénité. En dépit de l'absence de réponse à nos précédents courriers, nous espérons vivement que notre demande d'audience sera cette fois-ci satisfaite. Si le dialogue n'est pas envisageable, nous serions amenés à nous faire entendre d'une toute autre manière, notamment par la grève, pour nous opposer à la destruction programmée de notre établissement.



Les personnels du collège Henri Barbusse réunis en heure d'information syndicale avec le soutien des sections SNES, SUD et CNT du collège.

[CNT Education] Vendredi 29 janvier 19h30 : soirée pédagogique autour de l’évaluation

Article du jeudi 28 janvier 2010

SOIREE PEDAGOGIQUE AUTOUR DE L’EVALUATION
vendredi 29 janvier a 19h30 au local de la CNT Educ,
44 rue Burdeau 69001 LYON.






Pourquoi une soirée autour de l’évaluation ?

La problématique de l’évaluation est interprofessionnelle, elle touche tous les champs du travail social, du soin, de l’éducation, de la culture… La CNT éduc 69 défend des pratiques de classe différentes « instruire pour révolter », oui, mais pas n’importe comment, et ce de la maternelle à l’université : toutes les expériences, points de vue sont donc les bienvenus. Il nous semble important également que les syndicats reprennent l’initiative d’une offensive pédagogique.

Comment et pourquoi valide-t-on l’acquisition d’un savoir à l’école : est-ce pour donner des repères aux élèves, pour communiquer aux parents, ou pour rentrer dans une entreprise de contrôle social ?

Cette soirée est conçue comme un échange de pratiques, pour cela, il est fait appel à contribution de militant-es ou non, syndiqué-es ou non. Cet appel à contribution invite les collègues à présenter un système d’évaluation qui ne stigmatiserait pas les élèves, et il est demandé dans la mesure du possible d’amener du matériel.

S’ensuivra un moment de discussions informelles qui permettra d’approfondir nos réflexions et de lancer des pistes pour d’autres soirées !

Évaluations : quelles logiques, quels enjeux ?

- Texte extrait "Tartagueule" de la CNT-Educ 69

L’année dernière, les évaluations de CM2 et de CE1 ont provoqué une indignation générale. A la fois pour des raisons qui tiennent à la nature de l’épreuve : la confusion entre bilan et diagnostic, les questions sur une partie du programme non étudiée, les items non adaptés aux cursus général des élèves, le codage binaire des réponses, l’impossibilité de cerner, à partir de ce test, les compétences réelles des élèves, et bien sûr le caractère ultra sélectif de certains items et du temps accordé. A cause, aussi, du but avoué par la hiérarchie, d’en faire un moyen pour vérifier la bonne application des « nouveaux programmes » dont personne ne veut, et de servir de critère pour la mise en place de l’aide personnalisée, alors que justement la forme du test ne permet pas de comprendre d’où viennent les difficultés rencontrées par les élèves. Et puis pour des raisons plus essentielles qui tiennent à la fonction que les évaluations jouent dans la politique gouvernementale ; le fait qu’elles soient sans cesse présentées comme un « outil de mesure par les résultats pour gouverner ».

Ces critiques émanant des enseignants, comme des parents d’élèves, ont donné lieu à de nombreuses tentatives pour empêcher leur mise en place : boycott, refus de faire passer certains items, refus de faire remonter les résultats, confiscation des livrets d’évaluation par des parents d’élèves, grève des enseignants concernés le jours de passation de ces « examens ». Toutes ces stratégies ont été largement freinées par la timidité du soutien des centrales syndicales et par les pressions exercées par les inspecteurs sur les enseignants récalcitrants mais souvent isolés. En de nombreux endroits, les résultats ont malgré tout été faussés ou ne sont pas remontés, ce qui n’a pas empêché les inspections de les mettre en avant pour valoriser ou menacer certaines écoles et obliger les RASED à en faire leur principal outil d’analyse et de fonctionnement. Les critiques qui ont été faites l’année dernière sont toujours d’actualité dans la mesure où le ministère compte renouveler l’expérience telle quelle.

De toutes façons, la justification générale de toute évaluation depuis 89 , et qui était de nouveau avancée par Darcos de « mesurer objectivement les acquis des élèves », n’est plus en fait qu’une vague incantation rituelle dépourvue de toute réalité, un simple alibi pour ce qui est une opération de pouvoir, de disqualification, de gestion autoritaire de ce que doit devenir l’école soumise à la culture du résultat, la mesure de la performance, le classement et lacomparaison, l’assignation à des normes de réussite, tant pour les élèves que les enseignants et les établissements. Les conditions de passation largement détournées, adaptées, hétérogènes, la diversité des formes de remontée des résultats, 22% officiels de non remise des livrets, les pressions et menaces sur certains IEN pour carrément trafiquer les résultats, le fait que l’administration ait voulu à tout prix les utiliser malgré leur peu de fiabilité et leur non sens montre bien que l’objectif affiché de « mesurer les acquis » n’est qu’un prétexte, et que l’objectif est bien ailleurs.

Dans l’ensemble de la fonction publique, l’évaluation des personnels devient un outil de contrôle et de gestion essentiel, et il serait étonnant que l’Éducation Nationale échappe à cette logique. Ces évaluations nationales de masse sont amenées à être un des instruments privilégiés d’un fonctionnement au mérite (classement des écoles puis des enseignants), et d’une politique d’économies et de surveillance. A terme, l’objectif visé est de mettre au pas les enseignants afin de revenir aux suposés fondamentaux d’une école dont nous ne voulons pas qui produit de la différentiation, sélectionne, trie, oriente, reproduit les inégalités sociales et relégue le plus grand nombre…

C’est pour cela que nous pensons que tous les enseignants doivent manifester leur refus de mettre en place ces évaluations en fonction des possibilités et dynamiques locales. Dans certaines académies, comme Paris et Montpellier, ce refus s’exprime même par un mouvement de grève le lundi 18 janvier. Sur Lyon, la CNT Éducation a choisi de profiter de cette occasion pour vous inviter à une soirée-débat sur ce thème.

Mais où est passée la note ?


- Texte extrait du journal "N’autre école" et écrit par la section CNT du collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin

Contexte :

Le collège Henri Barbusse est situé à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise. C’est un établissement présenté comme « difficile » : d’abord REP, puis prévention violence et enfin RAR (réseau ambition réussite). Les difficultés sociales des familles y sont très importantes. En 2002, quasiment 90% des familles étaient classées dans la catégorie sociale « défavorisée » avec 65% d’élèves boursiers. A titre de comparaison, la moyenne des REP était alors de 40% d’élèves boursiers et 63% de familles défavorisées. Dans ce contexte où les résultats aux évaluations de 6ème étaient très faibles et inférieurs de 10% à la moyenne des REP (53% de réussite en français et 45% en mathématiques), la question de travailler autrement pour aider tous les élèves (ceux en grande difficulté tout comme les élèves en réussite) tout en conservant l’hétérogénéité (le regroupement des élèves par niveaux étant considéré comme éthiquement irrecevable par l’équipe pédagogique) au sein des classes s’est imposée. Retour sur un peu plus de 10 ans d’expérimentation.

Dix ans déjà…

C’est ainsi qu’il y a dix ans, un petit groupe d’enseignants motivés s’est réuni pour réfléchir à cette question. Leur réflexion s’appuyait, au départ, sur le travail en compétences, sans note, utilisé en SEGPA. L’objectif était de faire un diagnostic précis à la fin de chaque trimestre et/ou contrôle pour connaître les points forts et faibles des élèves puis imaginer des solutions pour les retravailler avec eux. Le « travailler différemment » permettrait peut-être d’échapper à la stigmatisation de la note. C’était même une des préoccupations majeures des enseignants qui se sont lancés dans cette aventure : sortir de la note, souvent dévalorisante, parfois source de décrochage des élèves en difficulté (un élève en grande difficulté qui après de gros efforts passe de 5 à 8 en tire très peu voire aucune motivation pour la suite) et opter pour une évaluation qui permette ou tente à l’élève de se rendre réellement compte de ses progrès.

Le travail entrepris s’est d’abord centré sur les classes de 6ème. Le but était de permettre aux élèves de réussir la transition de l’école primaire au collège. Chaque matière a mis à plat ses compétences disciplinaires. D’autres compétences, transversales, ont été élaborées. Elles correspondaient à des exigences et/ou savoir-faire communs à toutes les disciplines : avoir son matériel, tenir correctement ses cahiers, s’exprimer à l’oral et à l’écrit, trouver des informations dans différents supports, réutiliser ses connaissances dans des contextes variés… Le but de ces compétences transversales était de pouvoir faire un bilan précis et clair des difficultés de chaque élève afin de les surmonter et permettre à chacun-e d’avoir les outils nécessaires pour suivre dans chaque matière. Un temps était consacré en cours à l’auto-évaluation des compétences disciplinaires et, en vie de classe, à l’auto-évaluation des compétences transversales. Le but recherché étant d’amener les élèves à s’investir davantage dans leurs apprentissages. L’auto-évaluation était ensuite discutée avec l’élève et comparée avec l’évaluation de l’enseignant. Ce travail a mené l’ensemble des équipes pédagogiques de classe et disciplinaires à fournir un vrai travail en commun, qui a permis la mise en place d’exigences communes. Ceci était primordial pour la mise en réussite des élèves dans un collège qui ne « tournait pas rond » : outre les résultats « catastrophiques » des élèves, les problèmes de discipline, de refus de travail étaient nombreux. Il s’agissait donc d’instaurer un climat de confiance entre les adultes et les élèves pour rendre les apprentissages non seulement possibles mais aussi sereins.

Les balbutiements

Ce travail s’est mis en place progressivement et a considérablement évolué. Ainsi, au début, chaque compétence était évaluée selon 3 niveaux d’acquisition : A (compétence acquise), E (en cours d’acquisition) et N (non acquis). Or il est apparu que le niveau d’acquisition E était très large et vague entre un élève qui saisissait tout juste ce qui lui était demandé et un élève qui avait quasiment acquis une compétence. De plus, les élèves ont vite eu tendance à se mettre E à presque toutes les compétences. Ce niveau a donc été séparé en deux avec D (début d’acquisition) et P (presque acquis). Ensuite, afin de pouvoir apprécier au mieux l’acquisition d’une compétence et ne pas être uniquement dans le ressenti, des critères correspondant à chaque niveau d’acquisition ont été élaborés ainsi que des situations d’évaluation spécifiques par matière. Par exemple, pour la compétence « Je sais m’exprimer à l’écrit » l’équipe s’est mise d’accord sur les critères de réussite suivants :
A : Je sais répondre en faisant des phrases et en utilisant le vocabulaire spécifique de la discipline
P : Je sais répondre en faisant des phrases (Sujet + Verbe + Complément)
D : Je sais répondre sans faire de phrases
N : je n’arrive pas à formuler de réponse à l’écrit

Cette évolution s’est faite progressivement, sur 3 années. Nous sommes passés de 2 classes où des professeurs travaillaient en compétences à 4 classes puis toutes les classes de 6ème où l’ensemble des professeurs prenant des classes de ce niveau acceptait de s’insérer dans la dynamique du projet.

Parallèlement et graduellement, le bulletin trimestriel « classique » a été remplacé par un nouveau bulletin où n’apparaissait plus les notes mais les compétences transversales. Une deuxième partie du bulletin était consacrée aux enseignements disciplinaires : chaque enseignant renseignait également le niveau d’acquisition de l’élève dans sa discipline (A, P, D, le « N » étant souvent proscrit) ainsi que des conseils pour progresser. Ces conseils, le plus précis possible, devant remplacer les traditionnelles remarques telles que « peut- mieux faire » ou « n’apprend pas ses leçons » jugées trop superficielles et qui n’apporte rien à l’élève. Ces évolutions ont été le fruit de nombreuses heures de concertation et de travail qui ont amené des doutes, de tâtonnements, de retours en arrière. Certains points ont fait l’objet d’âpres discussions avant leur mise en place. Ce fut le cas en particulier de l’élaboration des critères d’acquisition des compétences. Ce travail n’a été possible qu’avec la mise en place de concertations sur un créneau de 2 heures chaque semaine. A la suite de nombreuses demandes, ces heures ont donc été intégrées dans les emplois du temps (ajoutées au temps de service). En plus de cela, les enseignants se sont régulièrement mobilisés pour conserver des heures supplémentaires dans la DHG (dotation horaire globale), afin de mettre en place des espaces de remédiation : groupes de besoin constitués grâce à l’attribution de trois professeurs pour deux classes, heures d’ATP (aide méthodologique, faites par des enseignants) ou de TDS (remédiation ou approfondissement disciplinaire). S’il est intéressant de pouvoir cibler les difficultés de chaque élève, il est indispensable de pouvoir proposer aux élèves des moments où il leur est possible de tenter d’acquérir les compétences non acquises que ce soit au niveau disciplinaire ou au niveau transversal. Ceci a constitué et constitue encore, une priorité pour une bonne partie de l’équipe éducative.

Réactions

Ces « changements » ont été possibles par la volonté et l’investissement d’un certain nombre d’enseignants mais également par le soutien apporté par la direction de l’établissement lors des premières années, notamment dans la défense auprès de l’IA d’un projet très « coûteux » en heures poste et en paiement des concertations. Par ailleurs, les enseignants investis en classe de 6ème ont intégré le PASI (Pôle académique de soutien à l’innovation). Les équipes du collège ont récemment décidé de cesser leur travail avec le PASI, celui-ci devenant de plus en plus un outil de l’administration pour tenter de mener à bien la casse du système éducatif en tentant, par exemple, de s’approprier un dispositif pédagogique innovant et en le détournant de son but initial, pour mettre en avant le socle commun.

Au sein de l’établissement les réactions ont été variées. Un certain nombre d’enseignants ont toujours eu une certaine méfiance face au travail mené, celui-ci étant jugé trop lourd (bulletins plus longs à remplir, gestion de plusieurs grilles de compétences) Certains ont donc « choisi » de ne plus prendre en charge de classe de 6ème. Les élèves quant à eux se sont assez facilement intégrés dans ce mode de fonctionnement qui ressemble souvent à ce qui est pratiqué en école primaire. Lors d’une étude en 2006, plus de 75% des élèves disaient être satisfaits du fonctionnement. En revanche, la plupart d’entre eux précisaient être déstabilisés par le fait de ne pas avoir de notes. Cette remarque a également été faite par une petite majorité de parents qui, avec ce mode d’évaluation disait ne pas arriver à « situer » leur enfant par rapport à un niveau global. De manière à être le mieux compris possible des parents, le projet était (et continue d’être) présenté très tôt dans l’année, en général fin septembre, lorsque les enseignants communiquent les résultats des élèves aux évaluations nationales. Les bulletins étant remis en main propre aux parents et à l’élève, celui-ci est en général bien compris et leur permet de mieux connaître les points forts et faibles de leur enfant.

Evolution

Au cours des cinq dernières années, les enseignants ont tenté d’élargir cette expérience aux autres niveaux du collège, en particulier pour les 5ème et 4ème. Deux obstacles se sont alors interposés : tout d’abord, la réticence d’un certain nombre d’enseignants et la « lassitude » de certains face à la nécessité de toujours devoir « revendiquer » pour pouvoir ne serait-ce que maintenir l’existant. Le travail en compétences n’a donc pas pu être aussi abouti qu’en 6ème sur les autres niveaux. Des collègues le poursuivent néanmoins dans plusieurs matières (anglais, espagnol, français, maths, EPS). Des grilles de compétences communes sont mises en place et permettent de construire les apprentissages sur des objectifs communs dans les niveaux 5ème, 4ème et 3ème. Une classe de 5ème et une classe de 4ème expérimentent la mise en place de compétences transversales sur ces niveaux cette année.

Le travail mené au sein du collège Barbusse a été labellisé innovant par le rectorat. Des enseignants ont souvent été sollicités pour aller le présenter lors de formation. Or, à chaque rentrée, les heures des dispositifs sont menacées. Le chantage aux heures s’est fait, au fil des années, de plus en plus pressant. Le discours institutionnel est à chaque fois le même : vous êtes un établissement surdoté, soit vous gardez les dispositifs mais on augmente les effectifs, soit vous avez des effectifs corrects, mais plus de dispositifs. Des préavis de grève sont régulièrement posés pour la rentrée, et ont déjà été utilisés pour des questions de moyens.

L’évaluation : une question d’éthique et un enjeu idéologique

Le travail engagé en 2001est souvent entré en contradiction avec les valeurs dominantes dans la société, prégnantes aussi bien chez les collègues, chez les élèves et chez les parents d’élèves : le besoin de classer, de hiérarchiser, bref, de noter. Les discussions occasionnées par ces confrontations de valeurs ont souvent été très riches. Actuellement, le projet entre en totale opposition avec l’Institution, avec la mise en place du socle commun des connaissances et des compétences. L’ensemble du projet barbussien, en se basant sur les « compétences » avait été construit dans un but émancipateur pour les élèves et pour pouvoir donner du sens à leurs apprentissages. Les valeurs portées ici sont bien loin de la soupe idéologique sous-tendue par le socle commun. C’est encore la position de la majorité des enseignants, et des sections syndicales qui, depuis le début l’activité syndicale de l’établissement se retrouvent sur une position de refus du socle.

[CNT Education] Communiqué des enseignants du collège Henri Barbusse (Vaulx-en-Velin)

Article du jeudi 28 janvier 2010

COLLEGE HENRI BARBUSSE :
REFUS DES « STAGES 108 HEURES »




Les enseignants refusent que des étudiants préparant le concours du CAPES soient utilisés comme « main d'oeuvre » bon marché et viennent remplacer des enseignants titulaires partant en stage pendant une semaine.

Les personnels du collège Henri Barbusse, réunis en heure d'information syndicale ce mardi 19 janvier 2010 viennent d'apprendre avec stupeur que trois enseignants du collège, titulaires , devant effectuer un stage de formation continue d'une semaine dans le courant du mois de mars devraient être remplacés pendant leur absence par des étudiants candidats au CAPES dans le cadre des stages dits « stages 108 heures ».

Les personnels présents s'indignent que des étudiants n'ayant acquis aucune expérience préalable soient utilisés comme moyen de remplacement bon marché alors même que le ministère n’a eu de cesse de réduire les emplois d’enseignants depuis des années (encore 3000 emplois de TZR supprimés cette année !) et qu'on les place en responsabilité devant des classes pendant une semaine. Ils s'interrogent d'autre part sur les effets néfastes d'un tel dispositif, et ce particulièrement dans un établissement comme le nôtre, classé Ambition Réussite, qui accueille un public d'élèves dont certains sont parfois en grande difficultés scolaire ou sociale et pour lesquels la présence d'adultes référents stables est indispensable pour instaurer la confiance nécessaire à tout apprentissage.

Comment prétendre qu'un étudiant, quelle que soit sa bonne volonté, « parachuté » seul devant une classe et cela pour une semaine, puisse faire cours? Que penseront les parents d'élèves d'une telle initiative? Que leurs enfants ne méritent pas d'avoir un personnel qualifié en face d'eux? Le métier d'enseignant n'est-il pas un métier qui s'apprend? Quelle image donnée à cet étudiant du métier d’enseignant se retrouvant seul face à une classe sans outil pédagogique ou didactique ?Comment penser que la mise en place d'un tutorat ponctuel par un enseignant de la matière concernée suffira à permettre à cet étudiant de faire cours pendant une semaine à la place d'un professeur ayant en charge les élèves depuis le début de l'année?

Les enseignants de l'équipe des équipes concernées ont déjà fait savoir qu'aucun d'eux n'accepterait d'être tuteur d'un étudiant dans de telles conditions.

Les personnels ont souligné que nombre d'entre eux ont déjà accueilli dans leurs classes des étudiants en observation, ce qui leur paraît être une démarche naturelle et nécessaire. Ils insistent sur les dangers de la mise en place de tels « stages » qui, pourraient, à terme, se substituer à une véritable formation professionnelle dans le cadre de la masterisation des concours. Dans le cas présent, la mise en situation d'étudiants non formés leur paraît dangereuse pour l'équilibre des classes, des équipes éducatives et inefficace pour faire découvrir dans des conditions décentes le métier d'enseignant et susciter des vocations.

En conséquence, les personnels ont demandé à l'Inspectrice d'Académie et au Recteur d'abandonner purement et simplement ce projet. Ils se tiendront d'informés des suites données à leur demande et se réuniront de nouveau pour adopter une position collective par rapport à cette question et en informer les parents d'élèves.

[Vendredi 29 janvier à 19h30] Évaluations à l'école : quelles logiques, quels enjeux ?

Article du dimanche 24 janvier 2010

L’année dernière, les évaluations de CM2 et de CE1 ont provoqué une indignation générale.
À la fois pour des raisons qui tiennent à la nature de l’épreuve : la confusion entre bilan et diagnostic, les questions sur une partie du programme non étudiée, les items non adaptés aux cursus général des élèves, le codage binaire des réponses, l’impossibilité de cerner, à partir de ce test, les compétences réelles des élèves, et bien sûr le caractère ultra sélectif de certains items et du temps accordé.
À cause, aussi, du but avoué par la hiérarchie, d’en faire un moyen pour vérifier la bonne application des «nouveaux programmes» dont personne ne veut, et de servir de critère pour la mise en place de l’aide personnalisée, alors que justement la forme du test ne permet pas de comprendre d’où viennent les difficultés rencontrées par les élèves.
Et puis pour des raisons plus essentielles qui tiennent à la fonction que les évaluations jouent dans la politique gouvernementale ; le fait qu’elles soient sans cesse présentées comme un «outil de mesure par les résultats pour gouverner».

Ces critiques émanant des enseignants, comme des parents d’élèves, ont donné lieu à de nombreuses tentatives pour empêcher leur mise en place : boycott, refus de faire passer certains items, refus de faire remonter les résultats, confiscation des livrets d’évaluation par des parents d’élèves, grève des enseignants concernés le jours de passation de ces «examens».
Toutes ces stratégies ont été largement freinées par la timidité du soutien des centrales syndicales et par les pressions exercées par les inspecteurs sur les enseignants récalcitrants mais souvent isolés. En de nombreux endroits, les résultats ont malgré tout été faussés ou ne sont pas remontés, ce qui n’a pas empêché les inspections de les mettre en avant pour valoriser ou menacer certaines écoles et obliger les RASED à en faire leur principal outil d’analyse et de fonctionnement.
Les critiques qui ont été faites l’année dernière sont toujours d’actualité dans la mesure où le ministère compte renouveler l’expérience telle quelle.



De toutes façons, la justification générale de toute évaluation depuis 89, et qui était de nouveau avancée par Darcos de «mesurer objectivement les acquis des élèves», n’est plus en fait qu’une vague incantation rituelle dépourvue de toute réalité, un simple alibi pour ce qui est une opération de pouvoir, de disqualification, de gestion autoritaire de ce que doit devenir l’école soumise à la culture du résultat, la mesure de la performance, le classement et la comparaison, l’assignation à des normes de réussite, tant pour les élèves que les enseignants et les établissements.
Les conditions de passation largement détournées, adaptées, hétérogènes, la diversité des formes de remontée des résultats, 22% officiels de non remise des livrets, les pressions et menaces sur certains IEN pour carrément trafiquer les résultats, le fait que l’administration ait voulu à tout prix les utiliser malgré leur peu de fiabilité et leur non sens montre bien que l’objectif affiché de «mesurer les acquis» n’est qu’un prétexte, et que l’objectif est bien ailleurs.
Dans l’ensemble de la fonction publique, l’évaluation des personnels devient un outil de contrôle et de gestion essentiel, et il serait étonnant que l’Éducation Nationale échappe à cette logique. Ces évaluations nationales de masse sont amenées à être un des instruments privilégiés d’un fonctionnement au mérite (classement des écoles puis des enseignants), et d’une politique d’économies et de surveillance. À terme, l’objectif visé est de mettre au pas les enseignants afin de revenir aux supposés fondamentaux d’une école dont nous ne voulons pas qui produit de la différentiation, sélectionne, trie, oriente, reproduit les inégalités sociales et relègue le plus grand nombre…

C’est pour cela que nous pensons que tous les enseignants doivent manifester leur refus de mettre en place ces évaluations en fonction des possibilités et dynamiques locales. Dans certaines académies, comme Paris et Montpellier, ce refus s’exprime même par un mouvement de grève le lundi 18 janvier. Sur Lyon, la CNT Éducation a choisi de profiter de cette occasion pour vous inviter à une soirée-débat sur ce thème.



Soirée pédagogique autour de l’évaluation

Vendredi 29 janvier à 19h30
au local de la CNT 69,
44 rue Burdeau, 69001 Lyon.


Soirée annoncée et soutenue par : CGT, PAS, SUD et CNT, réunis lors de la demi journée d’information syndicale du 21 octobre, ainsi que par le SNUIPP.

Téléchargez le N°78 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du mercredi 20 janvier 2010

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Adresse électronique educ69@cnt-f.org

Téléphone 04 78 27 05 80 fax :04 78 30 98 65

Adresse postale Palais du travail, 9 place Lazare Goujon, 69100 Villeurbanne

Permanences : 2e mercredi du mois, 18h/19h
au local de la CNT 69 : 44 rue Burdeau 69001 Lyon.

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Le numéro 24 de N' AUTRE ECOLE : une ressource vitale !

Article du jeudi 31 décembre 2009

En aéronautique, le mot ressource désigne la manœuvre de redressement brusque d’un avion qui passe du piqué (descente) à la chandelle (montée). Tandis que les travailleurs de l’éducation subissent des représailles, sentent peser sur eux des menaces ou simplement subissent la pression d’un État décidé à réduire ses fonctionnaires à « fonctionner », nous fourbissons des instruments de navigation pour prendre de la hauteur, tracer notre route et garder le cap. À tous les « groupes de pilotage », nous préférons nos équipages, solidaires, conscients, armés de connaissances et de courage.




Ressources ? Ce sont les outils dont nous avons besoin dans nos métiers d’éducateurs : aux "groupes de pilotage" officiels, nous préférons nos équipages, solidaires, conscients, armés de connaissances et de courage. Ce numéro fait la liste des sources d’information, expose donc ce qui se fait et ce qui peut se faire, dans une école qui doit devenir nôtre et changer en profondeur d’objectifs et de méthodes.

SOMMAIRE :

Le dossier Ressources : 4
■ Ressources et recours Solitaires ou solidaires 8
■ Mission du professeur […] 8
■ Dilemme syndical 9
■ Des équipes au travail 9
■ Travail d’équipe : un besoin primaire ? 10
■ Le travail en équipe : l’exemple d’une pratique de classe 11
■ Le collectif 13
■ Journal de bord ; Le militant est-il un petit soldat ? 17
■ Le défi du « Care » 20
■ Juridique 22
■ Orsay en lutte : de la section syndicale au collectif 25
■ Ce que militer nous a appris ; Culture de soi-même / culture des autres 29
■ Écriture militante 32
■ Homme de livres 35
■ ENTRETIEN. Normand Baillargeon : l’éducation moins le pouvoir ? 38
■ (RE)LECTURE PÉDAGOGIQUE. Entre émancipation et assujettissement : Makarenko 42
■ DE RETOUR DE CONGRÈS. Au congrès du mouvement Freinet : la méthode naturelle, un oxymore ? L’éducation nouvelle en congrès 45
■ LIVRES ET REVUE 47
■ LITTÉRATURE JEUNESSE


Lire N'AUTRE ECOLE N°24 en ligne ici :





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Téléchargez le N°77 de "Tartagueule" (mensuel de la CNT Education 69)

Article du jeudi 10 décembre 2009

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Au sommaire :

- Pour sortir de l’impasse, quelle stratégie syndicale ?
- Autour de l’évaluation...
- Non au militarisme et au nationalisme à l’école
- Mentorat : acheter l’assiduité ?
- Non à la masterisation de la formation des enseignants
- Solidarité avec les travailleurs algériens de l’Education
- A Lyon comme ailleurs, régularisation des travailleurs sans-papier


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[CNT Education] Grève mardi 24 novembre 2009 !

Article du lundi 23 novembre 2009

Des syndicats de la Fédération des Travailleurs de l’Education s‘ associent à l’appel à la grève du 24 mais ne se leurrent pas.

La seule riposte, la grève, qui a du sens, c’est celle qui se fixe des objectifs précis et se poursuit par reconduction jusqu’à les avoir atteints. Dans les AG, tâchons de contaminer écoles et bahuts par le virus de cette grève combattive bien plus virulente que la traditionnelle grève saisonnière épisodique !

Cela concerne aussi le syndicalisme dans son ensemble, tant il est majoritairement englué depuis des années dans ses dérives : co-gestion, concentration sur les situations locales et les cas individuels , permanents déconnectés du travail et frein à l’action des personnels quand elle déborde leurs directives ...

Les fortes mobilisations interprofessionnelles de 2009 et les mouvements sectoriels qui s’enchainent cet automne prouvent qu’une riposte d’ampleur est possible

Il apparait donc urgent de forger une alternative syndicale combattive et autogérée, actrice des luttes !

Construisons-la ensemble dès le 24 pour que l’on ait toujours raison de se syndiquer !
Attrapons le bon virus : celui de la grève !


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Article du mardi 17 novembre 2009

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Lutte victorieuse à Vaulx-en-Velin

Article du lundi 16 novembre 2009

Depuis plusieurs années, l’Inspection d’académie (IA) réduit les moyens alloués à chaque établissement scolaire afin de satisfaire les desiderata des « sinistres » de l’Éducation nationale successifs dont le seul but est la suppression de postes à court et moyen terme et la privatisation à plus long terme.



Au collège Henri Barbusse (Vaulx-en-Velin), comme dans tous les collèges situés en zone où l’éducation est dite prioritaire, les moyens doivent être à la hauteur des besoins et des difficultés scolaires des élèves, issus d’un milieu populaire où la mixité sociale est absente (93 % des parents font partie des catégories sociales défavorisées). Grâce à plusieurs communiqués et entrevues à l’IA, les personnels de Barbusse sont partis en vacances avec l’assurance que l’ensemble des dispositifs pédagogiques mis en place depuis plusieurs années serait renouvelé à la rentrée. Une inquiétude subsistait au sujet du nombre de divisions en 6e et donc du nombre d’élèves par classe. En effet, l’IA prévoyait 115 élèves à répartir en cinq classes, alors que les enseignants savaient que ce chiffre serait largement dépassé et que la barre de 24 élèves par classe en 6e (promise par l’IA dans un tel établissement) serait à coup sûr dépassée. C’est pour cela qu’un préavis de grève avait été déposé en juillet pour la semaine de la rentrée.

Une nouveauté : la suppression d’heures pendant les vacances

Lors de la pré-rentrée, la surprise et la colère ont été grandes lorsque les professeurs se sont rendus compte que l’IA avait bien décidé d’ouvrir une nouvelle classe en 6e… mais au lieu de donner les 26 h correspondant aux enseignements d’une 6e, il n’en avait attribué que neuf. Par comparaison, que penserait-on d’une ouverture de classe de CP avec un enseignant présent à tiers temps ? Le principal a donc annoncé qu’il avait été contraint de supprimer la plupart des dispositifs pédagogiques. Des dispositifs de remédiation et d’aide, qui permettent aussi de faire de l’approfondissement avec les élèves qui ont le plus de facilités.

Une seule réponse : lutte collective

La réponse des enseignants a été rapide et unanime : cette décision de l’IA de supprimer des moyens à notre établissement pendant les vacances scolaires était inacceptable et dénotait un mépris pour le travail entrepris par les équipes depuis des années. Plutôt que de se résigner, les personnels ont choisi de lutter et ont donc décidé de demander une entrevue à l’inspectrice d’académie. Dans le cas où aucune réponse ne serait apportée, ils useraient du droit de grève pour dénoncer la situation faite aux élèves accueillis dans leur collège. La détermination des personnels ainsi que leur volonté de rester unis et solidaires a de nouveau été forte. Plus de 90 % ont voté pour être en grève à partir de vendredi 4 septembre. Très rapidement, différentes commissions se sont mises en place : un courrier a été envoyé à l’IA le mardi 1er septembre, jour de la pré-rentrée, un courrier à destination des parents a été fait, ainsi qu’un communiqué de presse. L’IA a voulu jouer la déstabilisation en n’accordant un rendez-vous que le vendredi matin. Les personnels ont décidé de ne pas être en grève le vendredi pour voir ce qui serait proposé par l’inspectrice d’académie et, si la réponse apportée n’était pas satisfaisante, de commencer un mouvement de grève le lundi suivant. Une délégation, composée d’enseignants syndiqués et non syndiqués ainsi que d’un parent d’élève a ainsi été reçue pendant quasiment 1 h30. Dans l’après-midi, les enseignants apprenaient avec soulagement que leur établissement se voyait doté de 18 h par poste et 10 h supplémentaires. Et si, un peu partout, nous nous mettions à exiger les moyens exprimés par les personnels à la base, en fonction du besoin des élèves ?

éduc 69