CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

[Livre] ¡ Duro Compañer@s ! Oaxaca 2006 : récits d’une insurrection mexicaine

Article du dimanche 6 mars 2011

Pauline Rosen-Cros



Mexique, 2006 : une ville entière se soulève contre un gouverneur détesté et contre tout un système économique et social autoritaire. Plusieurs attaques de la police sont repoussées par les habitants, qui barricadent leur ville et s’organisent au sein de l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (APPO). Pendant six mois, ils combattent l’État au quotidien et tentent d’instaurer un nouvel ordre social. Cette lutte multiforme rassemble des secteurs extrêmement variés de la population et s’étend dans tout l’État.
Pour raconter ce bouleversement, Pauline Rosen-Cros a choisi d’alterner un récit personnel, des entretiens et une très riche compilation de documents mexicains, jusqu’ici inaccessibles au public francophone.
Pauline Rosen-Cros, 25 ans, licenciée de sciences politiques à l’Université Lyon 2, a participé à l’écriture collective du livre Le CPE est mort, pas la précarité (2007), en écrivant parallèlement des articles sur le site d’informations rebellyon.info. Depuis 2007, elle a principalement habité à Oaxaca.

Les forces dites de l’ordre sont en possession de la place centrale, la défendent contre l’étau qui se resserre de plus en plus autour d’elles, et je dois changer une deuxième fois de pellicule. Nous descendons rapidement vers le sud et voyons qu’un combat principal se dessine dans une rue qui mène à la place à reconquérir. Pierres, gaz, pierres, gaz, pierres, gaz… Environ une heure plus tard, j’entends un bruit bizarre, comme une course de chevaux. Je tourne la tête et ce ne sont pas des sabots, mais des bottes qui trottent. « Ils fuient, ils se replient ! »

Entretien avec L. :

« C’était en septembre, pour la toute première assemblée d’État de l’APPO, l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca. (…) C’était le seul espace qui donnait un référent commun, qui menait la lutte de front et qui assumait une responsabilité, une attitude face à tout un mouvement. Je pensais que nous ne devions pas laisser cet espace se vider de la voix de ceux qui n’en ont pas. J’y ai participé pour dire pourquoi on était en train de lutter, quel changement on revendiquait. C’est ça qui m’a amené à croire réellement en l’APPO. J’étais réticent au début, je n’y croyais pas, mais quand j’ai connu peu à peu les organisations qui s’engageaient, les villages qui venaient, tout ça, je me suis dit : “Wouah…” »

[Livre] Mai 68 et ses vies ultérieures

Article du dimanche 6 mars 2011



Célébrée dans nombre de spectacles commémoratifs, l’histoire officielle affirme que les idées et les pratiques les plus radicales des révoltes de Mai 68 ont été récupérées ; que Mai 68 serait une quête individualiste et spirituelle annonçant le mot d’ordre des années 1980, « liberté ».
La position que j’adopte en est le contre-pied, car Mai 68 fut avant tout un événement politique : Mai 68 fut le plus grand mouvement de masse de l’histoire de France, la grève la plus importante de l’histoire du mouvement ouvrier français et l’unique insurrection « générale » qu’aient connue les pays occidentaux depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle s’est étendue au-delà des centres traditionnels de production industrielle pour gagner les travailleurs du secteur tertiaire. Aucun secteur professionnel, aucune catégorie de travailleurs n’ont été épargnés ; il n’y a pas de région, de ville ou de village de France qui ait échappé à la grève générale. Et ce mouvement s’inscrit dans la lignée de l’aspiration profonde des années 1960, à savoir l’aspiration à l’égalité.

Kristin Ross enseigne la littérature comparée à New York University. Elle a étudié à l’université de Californie et obtenu son doctorat de littérature française à Yale en 1981. Elle est l’auteure de plusieurs livres sur la culture politique française, dont Aller plus vite, laver plus blanc (Abbeville, 1997), sur la « modernisation » en France à l’orée des années 1960.

Réédition en poche d’un livre publié en 2005 par Complexe et Le Monde Diplomatique.

L’objectif de cet ouvrage n’est pas d’apporter une pierre supplémentaire à l’immense édifice des représentations de Mai 68. Il se soucie plus de la France des années 2000 que de celle de 1968, s’intéresse davantage à l’écho qu’au bruit et à la fureur. Son objet est de montrer comment l’événement en lui-même s’est trouvé dépassé par ses représentations successives, comment son statut événementiel a résisté aux tentatives d’annihilation, à l’amnésie sociale et aux assauts conjugués des sociologues et des ex-leaders étudiants qui, tour à tour, ont voulu l’interpréter ou en réclamer le monopole. Mon intention n’est pas de faire l’inventaire des erreurs et des réalisations de Mai 68, ni de faire la démonstration des « leçons » que l’on pourrait en tirer. J’utilise l’expression « vies ultérieures » pour bien marquer que ce que l’on désigne aujourd’hui comme « les événements de Mai 68 » ne peut être considéré indépendamment de la mémoire et de l’oubli collectifs qui les entourent. C’est l’histoire des manifestations concrètes de ce couple mémoire/oubli que je souhaiterais retracer dans ce livre. Trente ans après, la gestion de la mémoire de Mai 68 – ou, autrement dit, la façon dont les commentaires et les interprétations ont fini par vider l’événement de ses dimensions politiques – est au centre même de sa perception historique.

****

Non contente d’affirmer haut et fort que certaines des idées et des pratiques les plus radicales de Mai 68 ont été récupérées et recyclées au bénéfice du « marché », l’histoire officielle affirme que la société capitaliste d’aujourd’hui, bien loin de symboliser le déraillement ou l’échec des aspirations du mouvement de Mai, représente au contraire l’accomplissement de ses aspirations les plus profondes. En établissant une téléologie du présent, elle gomme les souvenirs d’alternatives passées qui recherchaient ou imaginaient d’autres résultats que ceux qui se sont effectivement produits.
Selon cette perspective, Mai 68 devait être compris comme l’affirmation du statu quo, une rébellion au service du consensus, une révolte générationnelle de la jeunesse contre les raideurs structurelles qui bloquaient la nécessaire modernisation culturelle de la France. En réinsérant la rupture dans une logique du même, et en renforçant les identités des systèmes et des groupes qui permettent la reproduction des structures sociales, la version officielle de l’après-68 a servi les intérêts des sociologues, tout comme ceux des militants repentis désireux d’exorciser leur passé, même si l’autorité revendiquée par ces deux groupes diffère radicalement. Les ex-leaders prétendent fonder leur discours sur leur expérience personnelle et s’appuient sur ces données pour nier ou déformer certains aspects clés de l’événement. À l’inverse, les sociologues ont recours à des structures et à des mécanismes abstraits, à des moyennes et à des quantifications, et élaborent des typologies construites sur des oppositions binaires – le tout étant bien évidemment fondé sur une méfiance viscérale vis-à-vis des enquêtes de terrain. En dépit de leurs prétentions contradictoires, les deux groupes ont travaillé de concert pour établir les codes déshistoricisés et dépolitisés qui servent à interpréter Mai 68 de nos jours.

[Livre]Anarchie économique

Article du dimanche 6 mars 2011

A paraître fin février-début mars 2011



« C’est nous-mêmes, petites gens, qui nous persuadons que la réalité marchande et financière du monde prime sur la réalité concrète et naturelle. Il en va ainsi lorsque nous admettons que le déficit en argent d’un hôpital public, ou d’une entreprise privée produisant des choses réellement utiles (c’est-à-dire non encore perverties par la fabrication économique de pseudo besoins), puisse entraîner sa fermeture. Une telle proposition a autant de sens que refuser des mots d’amour à l’être aimé parce que le stock de mots d’amour de la journée serait épuisé. C’est confondre la réalité concrète de son sentiment amoureux avec son signe, le mot amoureux. C’est confondre la vie réelle avec la valeur en argent qui lui est attribuée par les marchés. C’est écraser la vie sous des représentations qui nous ont échappé. C’est renoncer à vivre. »

Baba collabore au journal la Décroissance.

Retraites : ce hold up qui se prépare

Article du vendredi 3 septembre 2010



4 pages retraite en pdf

Lire le 4 pages d'analyse en ligne :

Vers une nouvelle « simplification » du droit du travail ?

Article du jeudi 3 juin 2010

Et voilà que l’on nous refait le coup de la « nécessaire-simplification-du- droit-du-travail»…

Dans un courrier du 17 février, Xavier Darcos, ministre du Travail, a confié à Franck Mougin, DRH du groupe Vinci, une mission sur le droit du travail. Ça ne s’invente pas… Confier une mission sur le droit du travail au DRH du groupe Vinci suffirait à donner une idée du but de ladite mission sans qu’il soit besoin d’en rajouter. Mais poursuivons… Le ministre lui demande d’animer un groupe de praticiens et d’experts « afin de trouver les voies et moyens de réduire l’insécurité dans les relations de travail ». Il est ainsi chargé de « formuler des propositions précises afin que le droit du travail soit un droit plus sûr, plus stable, plus simple, qui apporte des garanties essentielles aux salariés et aux entreprises, notamment en favorisant le dialogue social, la concertation et la négociation collective». Derrière ce blabla somme toute habituel, essayons de préciser ce qui se profile.



Un droit du travail trop « complexe » ?
Selon Xavier Darcos, il s’agit de « lever les obstacles au développement économique et social ». Le droit du travail conçu comme un « obstacle au développement économique », voilà une rengaine patronale tout à fait classique, « obstacle au développement social », c’est plus surprenant, mais il fallait bien rajouter le mot « social » après «économique» pour faire bien.

M. Darcos estime ainsi que de nombreux acteurs ressentent de l’ « insécurité » dans leurs relations de travail. Mais qui sont donc ces fameux « acteurs » qui se sentent en « insécurité » ? Les salariés exploités qui sont toujours moins protégés par un droit du travail dérégulé ? Les patrons, en plein sentiment d’« insécurité », parce qu’il existe encore un droit du travail susceptible de faire l’objet de revendications et même éventuellement de les renvoyer un jour devant un tribunal ?
Quoi qu’il en soit, Darcos poursuit en affirmant que le droit du travail serait « perçu comme encore très complexe et n’apportant pas toujours aux uns et aux autres les garanties qui permettent au monde du travail d’aborder avec confiance les enjeux auxquels il doit faire face ».
Encore « très complexe » ? Qu’est-ce à dire? Oui, il existe encore un code du travail malgré toutes les contre-réformes intervenues ces dernières années. La « simplification » finale serait effectivement de supprimer une bonne fois pour toute tout droit du travail. « Simplification » qui permettrait sûrement d’en finir avec le sentiment d’ « insécurité » dont semble souffrir le patronat. Tant que cette solution finale n’aura pas été appliquée, nous aurons toujours droit aux couinements du patronat et de leurs bouffons sur ce droit jugé « trop complexe ».

Mais prenons un instant au sérieux cette déclaration de Darcos sur ce droit trop « complexe ». En quoi le droit du travail est-il trop complexe ?
Qu’est-ce qui a rendu ce droit du travail si complexe ?

La question mérite qu’on s’y attarde. Le droit du travail, droit de l’exploitation du travail en régime capitaliste, s’est développé comme droit autonome pour fixer des limites à cette exploitation. Il s’est développé pendant près de 150 ans sous la forme d’une acquisition cumulative et hiérarchisée de nouveaux droits au gré des luttes sociales. De ce point de vue, le droit du travail ne s’est pas complexifié, il a grandi, il s’est développé. Que la durée hebdomadaire de travail passe de 39 à 35 heures, il n’y a là rien de compliqué. Que l’on passe de 12h maximum de travail par jour à la fin du XIXe à 10 h, rien de compliqué non plus. Il n’y a pas complexification, mais évolution dans le sens d’une acquisition de nouveaux droits pour les travailleurs. Certes, le droit du travail est « instable », « fluctuant » pour reprendre un reproche régulièrement fait par le patronat et repris par Darcos. Mais, si le droit du travail est instable, c’est qu’il est le résultat, toujours provisoire, de la lutte des classes. De ce point de vue, vouloir la fin de l’instabilité du droit du travail, c’est vouloir la fin du droit du travail. Soit par la suppression de tout droit pour les travailleurs, soit par le renversement du capitalisme. S’il y a bien eu complexification du droit du travail, elle est plutôt à rechercher dans la dérégulation qu’il a subi ces trente dernières années dans sa structure interne. De ce point de vue, Darcos n’a peur de rien lorsqu’il affirme que les entreprises ressentent de l’insécurité « face à une application du droit du travail souvent mouvante, instable et peu claire ». En effet, qui a rendu « peu claire » l’application du droit du travail ?

Si l’interaction des normes d’origine légale, conventionnelle, contractuelle est devenue « peu claire », c’est bien parce que le patronat l’a voulu en détruisant consciencieusement une hiérarchie des normes stable et claire fondée sur le principe de faveur. Les responsables du manque de clarté actuelle sont bien les amis patronaux de M. Darcos qui, après avoir exigé une dérégulation généralisée, viennent maintenant nous dire sans honte que c’est devenu trop compliqué selon le grand principe : si tu veux tuer ton chien, dis qu’il a la rage.

Ainsi de l’institution de la négociation collective, qui servait auparavant exclusivement à établir des avantages dépassant ceux prévus par la loi, dans un emploi dorénavant fréquent, elle sert au patron à faire accepter telle ou telle réorganisation du régime de travail aux représentants de son personnel.

Reprenons les exemples évoqués ci-dessus. Diminuer les temps de travail hebdomadaire ou quotidien, c’est pas compliqué… sauf si on l’accompagne d’une multitude de dérogations possibles.

Pour la durée hebdomadaire, nous sommes à 35 h mais avec possibilité de faire des heures supplémentaires, heures supplémentaires majorées à 25% pour les 8 premières et 50 % pour les suivantes… mais avec possibilité de déroger à ces taux de majoration par accord dans un sens favorable… ou défavorable. Heures supplémentaires dans le cadre d’un contingent d’heures supplémentaires fixé par décret… sauf si un accord en décide autrement. Contingent auquel on peut aussi déroger sous réserve de contreparties. Tout ceci sans parler de tous les modes possibles d’aménagements du travail apparus depuis le début des années 80.

Pour la durée quotidienne, c’est 10h maximum… sauf dérogation par accord dans la limite de 12 h. Le temps de repos est 11h… sauf dérogation par accord dans la limite de 9 h. Et ainsi de suite.
On le voit, sitôt qu’on dérégule à tout va, ça devient effectivement plus compliqué. Et ça devient plus compliqué d’abord pour les travailleurs qui ont tout à perdre face à un droit devenant illisible et ne jouant son rôle de garant de certaines limites sans possibilité de dérogation.

Pour simplifier le droit du travail, j’aurais donc bien quelques propositions à faire permettant de diminuer le volume du code du travail, tout en offrant de meilleures garanties aux travailleurs, mais je n’ai pas été invité à participer au groupe de travail.

Mais qui sont donc les « experts » composant ce groupe ? Outre M. Franck Mougin, DRH du groupe Vinci, chargé de diriger cette mission, les nominés sont : Paul-Henri Antonmattéi, professeur de droit du travail, Denis Boissard, directeur de projets à l’IUMM, Pierre Chauffour, avocat, Véronique Martin Léon, directrice adjointe du travail, Bernard Masingue, président d’un observatoire des cadres et directeur de la formation chez Veolia, Claire Pedini, DRH d’Alcatel, Emmanuelle Peres, secrétaire générale du centre des jeunes dirigeants (CJD), Jean-Damin Pô, directeur de l’institut de l’entreprise, Jean-Christophe Sciberras, DRH de Rhodia, Jean-Dominique Simonpoli, directeur de l’association Dialogues, Bernard Vivier, directeur de l’institut supérieur du travail (IST). Ça laisse rêveur… Pour sûr, avec une composition pareille, ce groupe va faire du «bon» boulot. La copie devra être rendue en novembre 2010 selon l’ordre de mission fixé par Darcos.

Loulou Santé-social 69

[CNT 38] Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

Article du vendredi 30 avril 2010

Pas de grève d’envergure, pas d’occupation, à peine quelques patrons séquestrés ... Depuis le mouvement contre le CPE, on a plus connu de grande grève. Pourquoi ?

Pourtant les étincelles n’ont pas manqué depuis : on a vu les étudiant se débattre contre la LRU, les lycéens se faire matraquer dans l’indifférence, des centre de rétention ont flambé, les Conti ont fait parlé d’eux, et les postiers se rebellent encore ...

Le capitalisme se porte à merveille.

Mais le système capitaliste, soutenu qu’il a été en permanence par l’État, a désormais les mains libres. Il n’est ni affaibli, ni vieillissant : au contraire. Il se durcit encore. Non seulement il exploite toutes les richesses à sa portée, sociales et naturelles, mais il peut à présent traiter les travailleur.euse.s comme un problème superflu, sans se soucier des contre-pouvoirs institutionnels qui lui ont laissé le champ libre. Dans ce contexte, qui peut croire encore à la promesse du libéralisme lorsque les capitalistes, si sûrs de leur emprise sur le monde, vampirisent le domaine public et se gavent des richesses de l’économie. Ces richesses sont les heures impayées, les salaires gelés, les postes supprimés, le congés pas pris, et les retraites rognées. Elles sont aussi les loyers volés, les prix qui grimpent, et les services sociaux qui ferment. C’est là que nous voulons nous battre.

Partageons le travail pour travailler moins, et partager les richesses.

Un système social qui réduit et licencie ses fonctionnaires ne laisse pas de doute sur le sort qu’il nous réserve : ceux qui ne paieront pas iront grossir les rangs des mal logés, mal soignés, mal nourris. Et les « partenaires sociaux » continueront probablement de vouloir « sauver le service public », quand il ne restera plus rien à sauver. Sortir du capitalisme signifie abandonner le régime de surproduction, mais surtout ce système de production tout court : cela passe aussi par la répartition du travail pour ralentir les cadences, menant à une forte diminution du temps de travail pour chacun.e. Cela passe aussi par le développement de nouvelles formes de travail, financées collectivement et tournées vers la collectivité, ce qui implique l’orientation de la production vers les besoins sociaux collectifs. Il n’est pas acceptable de se laisser gouverner par la peur du chômage, qui pressure et asservit les travailleur.euse.s. Pas plus qu’il n’est logique de retarder les retraites, quand la majorité du temps de travail est vouée à augmenter les bénéfices des actionnaires, les vrais fainéants.

Autogestion des luttes.

Il nous faut être capable de gérer nos luttes si nous voulons changer le travail, et avec lui tous les rapports sociaux. Cela implique de sortir de l’inertie, et de ne plus attendre le retour d’une quelconque réforme sociale. Elle est devenue une utopie ! Les alternatives existent, certaines sont déjà à l’oeuvre : il suffit de nous en emparer. Car nous ne sommes pas seulement confrontés à la mondialisation, mais surtout à notre propre capacité d’en sortir, et nous ne sommes pas prisonnier du capitalisme : à nous de mettre en oeuvre d’autres modes de production, et d’organisation sociale.

Et au final nous n’aurons que ce que nous prendrons.

[Billet d'humeur] Il est urgent d'attendre !

Article du vendredi 12 juin 2009

Ça fait des décennies que les patrons nous bassinent avec ça : C'est la crise alors attendez pour vos augmentations de salaires, vos conditions de travail... La conjoncture n'est pas bonne, nous verrons l'année prochaine et blablabla...

Mais les patrons ne sont pas les seuls à nous bassiner (et je reste poli) avec ce leitmotiv. Les politiciens de droite comme de gauche nous disent toujours d'attendre, que des jours meilleurs viendront (surtout si vous votez pour eux). La droite étant la représentante historique de nos ennemis de classe : les patrons, je ne m'attarderai pas trops sur son cas. Mais la gauche qui se l'est toujour jouée représentante du peuple : qu'a-t-elle fait pour nous, les travailleurs ? À part nous dire d'attendre ! Attendez que nous soyons au pouvoir, attendez que la conjoncture soit meilleure, attendez que nos réformes fassent leurs effets.... ET ? Rien. Notre situation n'a pas changé, notre situation dans la lutte des classes n'a pas bougé, pire elle s'est aggravée. Nos salaires n'ont pas bougé depuis 1978, la part du profit dans la richesse produite a augmenté au détriment de nos salaires. La gauche a été le meilleur allié de nos ennemis : le capital. On nous a dit d'attendre pour nous calmer, nous canaliser ...et ça a marché! Pour y arriver, ils avaient l'appui des syndicats qui ont joué le même jeu. Attendez camarades travailleurs, les camarades ministres et députés oeuvrent pour votre bien-être, soyez patients. Pour le dire simplement les syndicats devraient servir à organiser les travailleurs pour foutre sur la gueule aux patrons. Et bien, la plupart ne servent plus qu'à organiser les travailleurs pour aller manger avec les patrons ! Il est urgent d'attendre !



Et donc à chaque fois qu'il y a eu mouvement c'est parce que la base en a eu ras le bol et qu'elle a debordé les appareils bureaucratiques. Ces dernières années les syndicats ont eu de multiples occasions d'appeler à la grève générale reconductible, ils en avaient le devoir... mais ils ne l'ont pas fait. Il est urgent d'attendre! Aujourd'hui on arrive au sommet de cet art : nous ballader de journée de mobilisation en journée de merde tous les 2 mois, un petit effort et on arrivera aux vacances camarades ! Et on va pas perdre une journée de salaire tous les 2 mois juste pour vous faire le plaisir d'être reçu par le président, vous allez réussir à nous décourager ! Peut-être est-ce volontaire ?

Car enfin comment ils ont gagné en Guadeloupe ? C'est bien par le blocage de l'économie : ce qu'on apelle la grève jusqu'à satisfaction des revendications. Et là le dernier coup qu'ils nous pondent : une journée de mobilisation un jour ferié (le 1er mai). Jusqu'où s'arrêteront-ils? Comme disait l'autre. Mais la situation est de moins en moins tenable pour de plus en plus de gens. La violence pointe son nez et ces syndicats « responsables » et autre politiciens en sont grandement responsable : pas d'avenir, d'espoir, de debouché : il est urgent d'attendre !

Arrêtons d'attendre ! A l'image de tous ces travailleurs (actifs, chômeurs, étudiants ou retraités) qui luttent depuis des mois, qui construisent leur mouvement en tentant sans cesse de l'élargir et qui alimentent et utilisent leur caises de grève. Arrêtons d'attendre ! c'est ce qu'a toujour dit la CNT. Construisons dès maintenant nos outils de lutte, de solidarité, d'éducation, d'interprofessionalisme, de convivialité...

Construisons ICI ET MAINTENANT pour vivre un autre futur.

Ben, SUB 69

Extrait du Combat Syndicaliste n°339 de mai 2009

s'abonner au Combat Syndicaliste

recevoir trois numéros gratuit du Combat Syndicaliste

[13 juin] Construisons nos propres outils de lutte et de solidarité !

Article du jeudi 11 juin 2009

Un 13 juin à reculons

Le 29 janvier et le 19 mars, plusieurs millions de salariés se sont engagés. Et après ?
Un appel le 1° mai (pas d'appel à la grève), une journée de « mobilisation » le 26 mai. Et voici maintenant un appel le samedi 13 juin !!!

Face au hold-up du MEDEF, la seule réponse proposée par les bureaucraties syndicales a été des journées ponctuelles aux lendemains peu triomphants malgré l'ampleur des mobilisations. Les secteurs en lutte, du public comme du privé, de Molex, Caterpillar, FM Logistic, Scapa, Sony, 3M et autres Faurécia, des hôpitaux aux universités, sont restés isolés et de fait affaiblis.



Alors, certes, on nous répète toujours le même argument : « les salariés ne sont pas prêts à partir en reconductible ». Oui, en effet, tous les salariés ne sont pas prêts encore à partir en grève reconductible. Mais qui empêche les syndicats de faire converger les plus déterminés d'entre nous. Oui, en effet, une partie des salariés craignent de se mettre en grève pour perdre une fois de plus. Mais qui nous a habitué à des grèves d'une journée et à des stratégies perdantes ? En attendant les licenciements se succèdent, nos salaires stagnent, nos conditions de travail se détériorent, nos libertés sont bafouées, les immigrés traqués, notre système de santé détruit à des seules fins de rentabilité, l'éducation destructurée…

Un combat central : la grève générale

Faut il le rappeler, la grève, c'est bloquer le profit patronal en stoppant la production. C'est ce qu'ont fait les travailleurs Guadeloupéens et Martiniquais, avec les résultats que nous connaissons. C'est ce qu'ont fait, aussi nos ancêtres depuis le milieu du XIXe siècle, arrachant avec les dents de meilleures conditions de travail. C'est l'arme principale dont disposent les salariés pour faire plier le gouvernement et les patrons surtout par des temps de crise sociale.

Tous les autres moyens, dits de « modernisation du dialogue social », telles que la négociation ou les manifestations d' « opinion » comme ce samedi, participent à un mythe. Le mythe d'un patronat et d'un salariat qui pourraient s'entendre pour le bien être de l'ensemble de la société. Résultat : des licenciements à la pelle qui continuent, une production de richesse qui profitent toujours aux mêmes. Mais la grève illimitée c'est aussi faire un pas de côté, redonner un sens à notre travail. Produire, ça sert à quoi ?

Comment pouvons nous produire des richesses qui soient distribuées de manière égalitaire ? Comment articuler les envies de chacun avec les besoins de la société ?

Cette grève générale passe par le fait de retrouver notre confiance de classe. Notre confiance en notre capacité à poser des problèmes politiques concrets, loin des discours ronflants des professionnels politiciens. Une confiance en notre capacité de nous passer des bureaucraties syndicales qui pensent aux intérêts de leur organisation avant ceux des travailleurs et travailleuses.

Nous sommes des millions à payer les pots cassés de ceux et celles qui nous ont mis dans cette situation. Assemblée générale souveraine sur nos lieux de travail mais aussi dans nos quartiers pour imposer une société plus libre et plus juste.


L'heure est à un syndicalisme de lutte de classe, interprofessionnel, autogestionnaire et offensif : la peur doit changer de camp !



NOTRE ARME C'EST LA GRÈVE ! PAS LA MANIF' DU SAMEDI !

Tract à télécharger :



Communiqué de presse :



[Analyse et réflexion] Anarcho-syndicalisme et syndicalisme révolutionnaire : une solution à moyen terme

Article du mercredi 22 avril 2009

Après la grève massive du 19 mars, une AG s’est tenue à la bourse du travail, rassemblant entre 300 et 400 personnes.


Une assemblée générale certes encourageante mais qui ne dépasse toujours pas le cadre avant gardiste de gauchistes de tous poils. Combien de fois a-t-on entendu le mot de grève générale ? Sûrement à chaque intervention !


La question est : comment construire la grève générale ? Et là les avis divergent…





Sur le sens de la grève générale, un consensus peut être exprimé.

Elle, et elle seule, est à même de pouvoir stopper la déferlante actuelle de reculs sociaux. Elle et elle seule permet de pouvoir regagner un peu de terrain sur les salaires, les congés payés, la sécurité sociale, les retraites et les services publics. Parce qu’avec la grève générale, on fait du chantage en bloquant l’économie, et donc on bloque les bénéfices que le patronat se fait sur notre travail. C’est la seule solution. Et comme l’a souligné un militant anarcho syndicaliste à l’AG du 19 mars, sans grève générale on rentre dans des « grèves » d’opinion. Et l’opinion, certes, peut faire pression sur le gouvernement. Mais comme celui-ci n’a jamais été autant aux ordres du patronat français…. Le patron se fout de l’opinion ou de ne pas être aimé ou réélu. De toute manière, il n’est jamais aimé. L’entreprise, c’est son espace de dictature. La grève générale, c’est bloquer l’économie, la manif n’en est que l’expression publique.

Lire la suite

Communiqué CNT : Après le 19 mars, soyons responsables : construisons la grève reconductible !

Article du samedi 21 mars 2009

Jeudi 19 mars la mobilisation a été à la hauteur de ce qui était annoncé avec plus de trois millions de manifestants à « battre le pavé ». Et maintenant ?

Le gouvernement a joué le couplet convenu de la majorité silencieuse qui ne manifeste pas (qui osera dire le nombre réel de grévistes), et dans le même temps érige en « principe » la défense du bouclier fiscal et de la loi sur les heures supplémentaires.

Et pendant ce temps-là que font les directions de l’intersyndicale CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA? Ils se réunissent pour annoncer… qu’ils vont se revoir le 30 mars, dix jours après la mobilisation.

Avec comme seule proposition acquise pour l’instant : le principe d’un 1er Mai revendicatif et unitaire et le soutien des mobilisations locales ou régionales dans les bassins d’emploi en difficulté. Et peut-être, dans un sursaut de radicalité, une manifestation un samedi d’ici-là… Quelle capitulation !

Lire la suite