Vendredi (18/11) était voté au Conseil d’Administration de l’Université Lyon II le passage aux Responsabilités et Compétences Élargies (RCE) - application stricte et concrète de la LRU, alors même que celle-ci avait fait l’objet de deux longs et massifs mouvements d’opposition au niveau national.
Pour ne pas subir le passage illégitime à la LRU dans notre Université nous avons ainsi tenté d’envahir le Conseil dans l’objectif d’en empêcher la tenue et de bloquer notamment le passage aux RCE. La Présidence, ne pouvant plus compter sur ses méthodes dites démocratiques - censées à l’habitude lui permettre d’appliquer sans trop de difficultés les plans que lui dictent le ministère au service du patronat - avait dû pour l’occasion employer les grands moyens. Et pour cause. le vote ayant déjà fait l’objet d’un refus au Conseil d’Administration en Juillet, la Présidence n’avait plus d’autre choix que le passage en force pour satisfaire ses commanditaires.

PASSAGE EN FORCE DE LA PRIVATISATION DE L’UNIVERSITÉ LYON 2 !

Ainsi, les jours pré­cé­dant le vote, la pré­si­dence agi­tait une carotte de 250 000 euros de sub­ven­tions sup­plé­men­tai­res « qu’offri­rait » le minis­tère à notre Université dans le cas de l’accep­ta­tion du pas­sage aux RCE (c’était sans pré­ci­ser que près de 65 000 € de ces sub­ven­tions fini­raient direc­te­ment dans la poche du Président..) Pour enté­ri­ner ses dé­ci­sions, la pré­si­dence - cons­ciente de leur illé­gi­ti­mi­té - a du se bar­ri­ca­der dans ses bâti­ments, se faire pro­té­ger par des dizai­nes de vigi­les pri­vés armés, - embau­chés à prix d’or pour l’occa­sion - par ses sé­cu­ri­té incen­die, et faire appel à la police et aux RG au sein même de l’Université ainsi qu’à des ren­forts de cars de CRS. Nous la pré­ve­nons : ils ne seront pas tou­jours là et nous ne les lais­se­rons pas vendre notre Université sans réa­gir !

Quant aux autres orga­ni­sa­tions étu­dian­tes coges­tion­nai­res de la pri­va­ti­sa­tion (UNEF, Cé, Fédé Lyon 2 et Fac Verte) n’étaient pas aux côtés des étu­diant-e-s qui pro­tes­taient devant le CA contre le pas­sage aux RCE, mais bien au chaud dans le conseil en train de vendre l’Université. Celles-ci n’ont pas dai­gné quit­ter le conseil, contrai­re­ment à cer­tai­nes listes d’ensei­gnant-e-s et de per­son­nels qui ont refu­sé de sié­ger en signe de pro­tes­ta­tion (PAU, CGT).
Et c’est à grâce à ces orga­ni­sa­tions coges­tion­nai­res que l’Université peut se tar­guer depuis tou­jours d’adop­ter ses dé­ci­sions de manière « concer­tée et dé­mo­cra­ti­que » dans ses conseils !
Aucun repré­sen­tant étu­diant n’avait d’ailleurs trou­vé cho­quant ni anti-dé­mo­cra­ti­que que l’élu FSE soit empê­ché de sié­ger, ni que les étu­diants contes­ta­tai­res se fas­sent vio­lem­ment refou­ler par les vigi­les et la police au sein même de l’uni­ver­si­té.
Car c’est bien de la vente de notre Université qu’il s’agit : le pas­sage à l’auto­no­mie vient ainsi ache­ver leur stra­té­gie de pri­va­ti­sa­tion de l’Université !

LE SAVOIR N’EST PAS UNE MARCHANDISE !

Le pas­sage aux RCE laisse toute « liber­té » au Président de trou­ver de nou­veaux finan­ce­ments. Celui-ci sera contraint de gérer la pé­nu­rie bud­gé­taire et donc loin de gagner en auto­no­mie, il devient tota­le­ment dé­pen­dant des mar­chés ! Il devra pour cela adap­ter son offre de for­ma­tion aux entre­pri­ses loca­les, deve­nues action­nai­res de l’Université. Elles auront ainsi un « droit de regard sur le contenu pé­da­go­gi­que des for­ma­tions » C’est ainsi la mort annon­cée de toutes les filiè­res non ren­ta­bles ! Et quand les finan­ce­ments exté­rieurs ne suf­fi­ront plus,ils aug­men­te­ront les frais de sco­la­ri­té, dans la droite lignée de l’appli­ca­tion des plans d’aus­té­ri­té, qui feront payer aux clas­ses moyen­nes et popu­lai­res la crise du capi­ta­lisme...
Avec les RCE, la pré­si­dence a éga­le­ment toute marge de manœu­vre pour gérer « son » per­son­nel selon son bon vou­loir. Concrètement rien n’empê­chera plus l’exter­na­li­sa­tion de cer­tains bran­ches d’acti­vi­tés, jetant a la rue une partie du per­son­nel de l’uni­ver­si­té déjà pré­ca­ri­sé.
Ayant réus­sie son pas­sage à l’auto­no­mie, la pré­si­dence sou­haite main­te­nant faire passer tous les dé­crets en cas­cade. Ainsi, ce ven­dredi, elle entend sou­met­tre au vote les Initiatives D’EXcellence (IDEX)

Que sont les IDEX ?

* Elles sont des projets ayant pour objectif avoué la création au niveau national d’une dizaine de pôles universitaires hyperspécialisés et dotés de moyens exceptionnels (financés par le grand emprunt) en raison de leur « excellence ». - Une Université à deux vitesses qui délaisse les universités et les champs disciplinaires perçus comme non-productifs et/ou non-rentables. Il y a sélection selon les priorités économiques et industrielles des régions, et transformation en voies professionnalisantes pour des débouchés économiques.

* - Une Université du profit, soumise à la loi du marché, où il faut être compétitif à l’échelle mondiale et être reconnu dans les classement internationaux, ce qui implique une concurrence et une rentabilité. Les entreprises sélectionneront les formations et financeront les recherches dont elles ont besoin.

* - Une précarisation à tous les niveaux avec la mise en concurrence financière des chercheur-e-s entre eux, ainsi qu’une compression de la masse salariale va entrainer une précarisation accrue l’ensemble des personnel-le-s.

S’ORGANISER POUR RÉSISTER ET RIPOSTER !!

Face à ces atta­ques contre l’uni­ver­si­té publi­que et les clas­ses popu­lai­res, il nous faut ripos­ter. Notre camp est aujourd’hui affai­blit par la stra­té­gie de cer­tai­nes direc­tions syn­di­ca­les, qui a l’uni­ver­si­té comme dans le monde du tra­vail,tra­his­sent les inté­rêts de celles et ceux qu’elles repré­sen­tent. Ces orga­ni­sa­tions « res­pon­sa­bles » qui né­go­cient en notre nom dans les minis­tè­res n’ont qu’un objec­tif, étouf­fer toute contes­ta­tion sociale qui sor­ti­rait des clous pour mieux assu­rer la péren­nité du sys­tème actuel. Pour cette raison, nous devons nous orga­ni­ser de façon auto­nome pour les dé­bor­der !
Nous refu­sons de par­ti­ci­per dans leurs conseils à la coges­tion de la misère et de la pé­nu­rie bud­gé­taire ! Nous lut­te­rons pied a pied contre toutes les atta­ques ! La dé­mo­cra­tie uni­ver­si­taire est une mas­ca­rade ! Seule le rap­port de force et la lutte feront plier leur dé­ci­sions ! Contre la pri­va­ti­sa­tion des Universités ! Pour une conver­gence des luttes entre tous et toutes les exploi­té-e-s ! Rejoins-nous !

RASSEMBLEMENT DEVANT LE CA VENDREDI 25 NOVEMBRE
(campus des Quais, bâtiment Erato à 13h30)

AG JEUDI 1er DÉCEMBRE À 18h AMPHI FUGIER (campus des quais)



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