CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

[CNT 59/62] Communiqué suite à l’action antifasciste sur le marché d’Auchel le 26 juillet 2011

Article du samedi 30 juillet 2011



Mardi 26 juillet 2011, une soixantaine de syndicalistes des cinq unions locales CGT d’Auchel, Béthune, Bruay, Lillers et Isbergues, de la CNT et des membres de Résistance Anti-Fascisme ont diffusé sur le marché d’Auchel un tract informant la population du développement des idées fascistes et identitaires dans la région et de l’implantation dans leur ville de la Maison de l’Artois: un local accueillant des groupuscules d’extrême droite radicale et des militant-es néo-nazi-es.

L’action visait également à dénoncer avec fermeté le laxisme et les positions douteuses du maire de la ville vis-à-vis du Front National et de la Maison de l’Artois, ainsi que ses propos récemment tenus dans la presse quotidienne régionale, en lien avec l’implantation récente de cette dernière.

Les militants syndicaux ne laisseront pas l’élu leur interdire d’être présents sur le marché d’Auchel alors que le Front National peux y diffuser ses tracts sans être jamais être inquiété.

Au cours de notre diffusion de tracts, les fascistes de la Maison de l’Artois sont arrivés sur le marché et y ont tenu un meeting sauvage. Ils ont vociféré leur haine des étrangers et des militants syndicaux.

Adepte de la violence, leur service d’ordre, armé de matraques et de gants plombés, a attaqué notre cortège. Ils ont été aussitôt mis en échec, conspués et renvoyés à leur meeting haineux.

L’Union Régionale de la Confédération Nationale du Travail 59/62 appelle la population d’Auchel à se mobiliser et à s’organiser face à la présence des fascistes au sein de sa ville. Rappelons que partout où elle s’implante, l’extrême droite n’apporte que racisme, sexisme, homophobie, haine et violence. Cette semaine encore, elle est responsable du massacre de 76 personnes en Norvège. A Lyon, depuis l’implantation d’un local jumelé avec la Maison de l’Artois, la ville connaît une succession d’agressions graves à l’encontre des populations immigrées et des militants progressistes. A Lille, les personnes fréquentant la Maison Flamande – elle aussi jumelée avec la Maison de l’Artois – sont responsables d’agressions racistes en série et ont été condamnées à maintes reprises.

La progression des idées d’extrême droite et de l’idéologie fasciste des identitaires est la conséquence prévisible des politiques anti-sociales et sécuritaires décomplexées menées par les gouvernements successifs. Elles accélèrent le repli sur soi et les crispations identitaires à défaut de favoriser la solidarité et l’unité entre les travailleurs-euses quelques soient leurs origines.

Le discours pseudo-révolutionnaire des identitaires et l’opération marketing du FN visant à se racheter une respectabilité ne fait que masquer un discours qui n’a pas changé et qui continue de montrer du doigt les étrangers, profitant des ravages de la crise que connaît le système capitaliste.

Nous réaffirmons notre volonté de défense et d’action vis-à-vis de la vermine réactionnaire et raciste, alliée du patronat. Nous ne nous laisserons pas diviser sur des bases culturelles.

Notre identité et notre fierté sont celles d’appartenir à la classe ouvrière internationale, exploitée depuis trop longtemps !

Union Régionale CNT 59/62

Pour plus d'infos:
https://juralib.noblogs.org/2011/07/27/auchel-pas-de-calais-les-identitaires-travaillent%E2%80%A6-les-journaflics-aussi

Combat Syndicaliste n°359 été 2011 à télécharger

Article du vendredi 29 juillet 2011



Télecharger le Combat Syndicaliste n°359 été 2011 ici

Sommaire :

p2 :
Recherche : RGPP ? Régession Générale et Précarisation Profonde
Nous ne nous laisserons pas traire !
p3 :
Les maires : des patrons-voyous comme les autres ?
Les Ducros montrent toujours les crocs !
p4 :
À qui profite le grabataire ?
Alerte anti-sexiste ! Bordeaux répond présent !
p5 :
L’aéroport de Nantes : crash test imminent !
Décès de notre compagnon Larry Portis
p6 :
Délation : quand on nous met des flics dans la tête !
p7 : Le FN et la question sociale
p8 :
Aujourd’hui dans la rue, demain… (on continue ?)
Nouveau massacre en Palestine
p9 :
Portugal : la génération à la rue est dans la rue
L’éducation n’est pas une marchandise
p10 :
Ne rendez plus vos copies, échangez-les !
Sauvons les baleines ? Commençons par les Requins Marteaux !
p11
Carnet rouge et noir
Sortie des presses
Editorial:

NE SOYONS PAS SEULEMENT INDIGNÉ.ES

Décidément cette année 2011 n’a pas fini de nous surprendre. Elle avait commencé avec ce qu’on appelle maintenant les « révolutions arabes » et elle se poursuit avec un mouvement de protestation qui fait vibrer les places de plusieurs villes à travers l’Europe. Ces mouvements de révolte dans les pays arabes, loin d’être finis, ont ouvert une nouvelle page d’histoire. D’abord dans l’histoire de ces pays, avec la légitime exigence de libertés et de droits économiques, sociaux et politiques. Mais aussi dans l’histoire internationale en apportant le plus fabuleux démenti à toutes les théories du choc des civilisations, à toutes les théories racistes anti-arabes fleurissant à travers tout l’Occident. Et c’est enfin de par leur forme, leur radicalité et leur développement un appel au soulèvement général de tou.tes les opprimé.es de la planète !
C’est donc au tour de l’Europe de s’enflammer ? Peut-être pas dans les mêmes proportions que dans les pays arabes, tant nos réalités ne sont pas les mêmes. Mais on assiste tout de même à un mouvement de révolte d’une population qui en a marre d’être opprimée, rejetée, marginalisée, appauvrie. Ce mouvement se développe de pays en pays selon des degrés d’intensité différents. Ce qu’il y a de profond et de commun à tou.tes ces opprimé.e.s en lutte, c’est cette volonté de dire : STOP ! « Ya Basta ! » disaient nos camarades zapatistes il y a 20 ans. La volonté de dire Non ! de ne plus baisser la tête, de ne plus accepter ce quotidien invivable, l’idée qu’ensemble on sera toujours plus fort.e et que tout est à réinventer.
Du côté de l’expression et de la pratique, cela semble être en Espagne que ce mouvement s’est le plus épanoui. Les « indignados » ont saisi l’opportunité d’élections pour marquer leur refus de la société dans laquelle nous vivons, société qui n’offre que le chômage et la précarité à la population, et des palaces, des yachts et des îles privées à une élite financière. Face à cette société capitaliste, les politicien.ne.s de droite comme de gauche ne font rien, pire illes en profitent et la soutiennent. Le jeu électoral n’a donc plus prise sur la réalité des travailleur/euses (y compris en formation, sans travail ou à la retraite) sauf pour faire le jeu des partis d’extrême droite jouant sur la politique du bouc émissaire. Les indignados ont donc choisi ce temps électoral pour dire stop, on arrête tout et on repense tout tou.tes ensemble : la démocratie ici et maintenant ! Ce qui semble avoir surpris nombre d’observateurs, c’est leur sens de l’organisation, leur sérieux, leur capacité d’autoorganisation et de démocratie. Certain.es de ces camarades ont remis en avant des pratiques défendues par le mouvement libertaire depuis des lustres, des pratiques utilisées par le syndicalisme révolutionnaire dans toute son histoire : la démocratie directe, la pratique du consensus, l’autogestion, le rejet des politicien.nes, le rejet du capitalisme.
Espérons que cette expérience de terrain ne retombera pas comme un soufflé et qu’au contraire elle mûrira vers une vraie prise de position politique pendant l’été.
Nous, Cénétistes, nous saluons cet élan et invitons donc à la réflexion sur son évolution.

http://www.cnt-f.org/spip.php?article1678

[Communiqué de Presse Confédéral] NOUS NE PAIERONS RIEN ! UNITE POUR L’ANNULATION DE LA DETTE !

Article du mardi 26 juillet 2011

Malgré la crise économique qui a ébranlé le monde en 2008, le pouvoir de la finance ne s’est pas amendé, les promesses de l’époque se sont évaporées avec le retour des bénéfices. A l’inverse, en Europe sous la pression de l’U.E et du FMI, les gouvernements de gauche comme de droite appliquent des programmes dévastateurs qui accentuent les inégalités et aggravent la crise.

La reprise de la spéculation mondiale s’est effectuée grâce à une injection colossale de l’argent des fonds publics. Pour « rassurer les marchés », un Fond européen de stabilité financière de l’euro a été mis en place grâce à la réduction des dépenses publiques. Cette politique a des conséquences sociales désastreuses sur la vie des travailleurs et des travailleuses, mais ne calment pas pour autant les spéculateurs qui en veulent toujours plus.

Ici comme ailleurs les peuples n’ont pas de dette !
En Grèce, ils bradent tous les acquis sociaux et les biens communs de la classe ouvrière pour essayer de sauver encore une fois les grandes banques européennes qui détiennent la majorité de la dette grecque.
Les « aides » accordées à la Grèce sont en fait des prêts usuriers qui peuvent atteindre des taux de 30 % et qui enfoncent un peu plus le pays dans la récession.
Par contre le monde capitaliste a sa propre morale et respecte certaines valeurs. Alors que la Grèce est le 2ème pays au monde en budget d’armement par rapport à son PIB (produit intérieur brut), il n’y a aucune pression de la part du FMI pour réduire les dépenses dans ce secteur.
En France, depuis trente ans, les dépenses publiques de l’Etat ont diminué à travers des vagues de privatisations ou encore des suppressions massives de postes de fonctionnaires. Mais dans le même temps, la dette est passée de 55 milliards à 1250 milliards de 1980 à 2010.
Le poids de la dette n’est pourtant pas une fatalité mais bel et bien la conséquence de choix politiques. Pour se financer, depuis 1973, l’Etat ne peut plus bénéficier de prêts sans intérêts de la Banque de France. Il est obligé d’emprunter aux banques privées, ce qui a permis aux spéculateurs d’encaisser 1433 milliards d’euros versés par les fonds publics au titre des intérêts de la dette.
On constate donc que ce n’est pas notre dette mais qu’il s’agit de celle des choix politiques des gouvernements qui se sont succédés. Si l’on rajoute les 120 milliards d’exonérations fiscales et sociales, les fonds publics posséderaient aujourd’hui un bénéfice de 303 milliards d’euros. Et ils nous veulent nous faire croire que le peuple vit au dessus de ses moyens…

« Nous ne paierons rien » doit être le mot d’ordre des toutes les organisations qui se réclament des intérêts des travailleurs et des travailleuses. Aucun accord n’est acceptable avec les plans meurtriers du FMI et l’UE ! Aucun compromis possible avec la contrainte d’une réduction des déficits ! Seules les revendications qui ont pour but d’améliorer les conditions d’existence des travailleurs et des travailleuses doivent être nos mots d’ordre.

Une autre voie est possible !
Si les gouvernements de gauche et de droite et les bureaucraties syndicales se soumettent au consensus du respect et de l’obligation de réduire les déficits, une autre voie est possible, souhaitable et nécessaire. Cette voie est celle de la rupture avec la dictature capitaliste et de ses instances (UE et FMI). Cette voie est celle du retour au financement sans intérêt des dépenses publiques. Cette voie est celle de la reconquête des services publics et la renationalisation des banques. Cette voie est celle d’organisations syndicales indépendantes et libres de défendre les revendications des travailleurs et des travailleuses.

La CNT appelle à la réalisation de l’unité la plus large afin d’imposer l’annulation de la dette.

Le Secrétariat Relations Médias de la CNT

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[Social] 2 Août: Grève des 115 de France

Article du mardi 26 juillet 2011

Suite à une interpellation de Toulouse et 4 jours de prises de contact intense avec différentes villes de France, la Coordination Nationale des Professionnels de l'Urgence Sociale appelle à la grève des 115 de France le 2 Août.

Parce que les baisses drastiques de budget annoncées condamnent les associations à remettre à la rue des centaines de personnes,
Parce que nous, professionnels de terrain, connaissons les conséquences de ces remises à la rue pour les personnes que nous accompagnons chaque jour,
Parce que nous ne voulons pas être les complices impuissants d’une situation de non-droit

La Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale appelle à la

GREVE DES PROFESSIONNELS DES 115 DE FRANCE LE MARDI 2 AOUT.

« Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence ». Art L 345-2-2 Code de l’action sociale et des familles.
« Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée.» Art.L 345-2-3.

L’Etat ne doit pas se cacher derrière la politique du « logement d’abord », encore en chantier et sans effet pour le moment, pour remettre à la rue, en dépit de la loi, des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants. L’argument d’un accès au logement pour tous est un leurre : ces logements n’existent pas et l’accompagnement médico-social prévu n’est pas mis en place. Ce sont les trottoirs, les parcs et les terrains vagues qui accueillent aujourd’hui les personnes n’accédant pas ou plus à l’hébergement.
Nous les voyons chaque jour s’épuiser physiquement et psychologiquement, perdre l’espoir d’un ailleurs que la rue, condamnés à la survie. Nous n’avons pas les moyens d’effectuer les missions qui nous sont confiées.

Cette grève est donc, après les différentes mobilisations locales ainsi que la démission de Xavier Emmanuelli, un nouveau cri d’alarme, celui exprimant la colère des professionnels de terrain de toute la France.

Nous demandons à ce que la loi soit respectée. Pour se faire, l’Etat doit revenir sur la restriction de budget annoncée et montrer un réel engagement en faveur des plus démunis. Il en va de destin humains, de notre éthique professionnelle, de la solidarité nationale et du maintien du pacte social.


Contact : reelengagementsdf@gmail.com

[Palestine] Samedi 30 juillet 2011 - 19 h - Soirée témoignages - Le blocus israélien est étendu à la Grèce et les aéroports européens !

Article du mardi 26 juillet 2011

Juillet 2011 : Le blocus israélien est étendu à la Grèce et les aéroports européens

Avec les acteurs et actrices lyonnais(es) des missions

Bienvenue en Palestine

http://collectif69palestine.free.fr/article.php3?id_article=341

et Bateau français pour Gaza

http://collectif69palestine.free.fr/article.php3?id_article=344

(Avec des personnes refoulées dans les aéroport d’Europe et de Tel-Aviv le 8 juillet et des participants de la flottille bloqués en Grèce, et le passager du bateau français « Dignité El-Karama » arraisonné par la marine israélienne)

Samedi 30 juillet 2011 à 19 h
Maison des passages
44 rue Burdeau 69005 Lyon


Diaporama photo "à bord du Dignité"

http://collectif69palestine.free.fr/

[Ephéméride] 19 au 26 juillet 1936 - Olympiades populaires à Barcelone

Article du lundi 25 juillet 2011

Les Olympiades populaires étaient programmées à Barcelone du 19 au 26 juillet 1936, organisés en protestation contre la tenue des JO à Berlin. Conçues comme JO anti-fascistes, elles ont été interrompues par le soulèvement militaire du général Franco, initié par son pronunciamento du 18 juillet 1936.



Contexte

En 1928, les villes de Barcelone, Berlin, Istanbul, et d'autres, posent leur candidature auprès du Comité international olympique (CIO) pour l'organisation des Jeux olympiques de 1936. Le CIO se réunit en Espagne en mai 1931, peu après l'avènement de la Seconde République, pour choisir la ville où se dérouleraient les Jeux. Berlin fut choisie pour célébrer le retour de l'Allemagne dans le « concert des nations » démocratiques. Officieusement, le baron Pierre de Coubertin et le CIO sont effrayés par les républicains espagnols. Cependant, après la nomination d'Hitler comme chancelier en janvier 1933, les athlètes non aryens sont exclus ou déchus de leurs titres (par exemple le boxeur Erich Seelig). En 1934, la Coupe du Monde de football se tient en Italie. Le sport est alors intégré comme instrument de propagande par les régimes fascistes.

Des manifestations importantes se déroulent alors en Europe et surtout aux États-Unis contre la tenue des Jeux à Berlin. Une pétition pour le boycottage est signée par plus de 500 000 personnes et les manifestations rassemblent plusieurs centaines de milliers de personnes [1]. Le Comité international pour le respect de l'idée olympique est alors créé, tandis qu'en France, la nouvelle fédération sportive de gauche, la FSGT, lance le slogan : « Pas un sou, pas un homme pour les JO de Berlin ! ». Le journal Le Sport écrit ainsi, le 9 octobre 1935 : « La loi olympique est violée chaque jour, aucune garantie de liberté n'est accordée aux sportifs juifs et catholiques. Dans ces conditions, notre devoir, ainsi que celui de tous les hommes d'honneur, est de dénoncer vigoureusement les pratiques hitlériennes et de demander le transfert des Jeux dans un autre pays ».

Après la journée du 6 février 1934 à Paris, la stratégie des fronts populaires est adoptée en France et ailleurs. Dirigée par Léo Lagrange, qui sera sous-secrétaire au Sport du gouvernement dirigé par Blum, la FGST dialogue avec la Généralité de Catalogne, tandis qu'Anvers, Prague et d'autres villes tentent, sans succès, d'organiser des Jeux alternatifs. En 1935, Tel Aviv accueille les premiers Jeux olympiques « juifs ».



Une décision du Front populaire espagnol

La décision d'organiser les Olympiades populaires à Barcelone est prise dès après la victoire du Front populaire espagnol, le 18 février 1936. En raison des pressions de la Fédération ouvrière suisse de gymnastique et du sport, le gouvernement suisse (siège du CIO) refuse de voter une subvention à la délégation de sportifs se rendant à Berlin, avant de se rétracter. Trois cents athlètes helvétiques se rendent finalement à Barcelone ; certains intègreront la colonne Durruti. Aux Pays-Bas, le groupe anti-fasciste De Olympiade Onder Dictatuur (DOOD, « l'Olympiade sous la dictature ») milite en faveur du boycott des Jeux olympiques nazis, tandis qu'en Belgique et en France le débat reprend, en particulier après la victoire de la gauche aux élections de mai 1936.

Début mai, la Generalitat fixe le programme de l'Olimpiada Popular et le Comité d'organisation de Barcelone envoie en juin les invitations officielles. La cérémonie d'ouverture est fixée au 19 juillet 1936.

Six mille athlètes appartenant à 22 pays différents s'inscrivent alors. Les délégations les plus nombreuses sont celles des États-Unis, des Pays-Bas, de Belgique, de Tchécoslovaquie, du Danemark, de Norvège, de Suède et d'Algérie, tandis que les équipes allemandes et italiennes sont composées d'exilés politiques. La plupart des sportifs sont membres d'associations et de clubs sportifs syndicaux ou bien de partis de gauche ; peu appartiennent aux comités sportifs publics ou olympiques.

On décide d'utiliser l'infrastructure hôtelière construite pour l'Exposition internationale de 1929 et le Stade de Montjuïc — l'actuel Estadio Olímpico Lluís Companys — est censé accueillir les compétitions.


Tenue catalane aux olympiades


Le Front populaire en France

En France, l'extrême droite et les ligues fascistes soutiennent les Jeux olympiques de Berlin, tandis que le PCF prend officiellement parti pour les Olympiades populaires. Les épreuves qualificatives se tiennent le 4 juillet 1936 au stade Pershing, à Paris, en compagnie du secrétaire d'État aux Sports et aux Loisirs, Léo Lagrange. Mille deux cents athlètes s'inscrivent alors pour ces Olympiades antifascistes. La même semaine, le ministre des Transports Pierre Cot, André Malraux, Léo Lagrange et d'autres dirigeants du Front populaire participent à Garches (Hauts-de-Seine) à une journée de soutien aux Olympiades et contre les Jeux olympiques racistes de Berlin.

Le gouvernement Blum décide finalement de refuser les subventions aux participants et aux partisans des Olympiades de Barcelone, les frais étant à la charge des délégations et des athlètes. En outre, Blum inscrit un débat à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale, où il dispose sans peine de la majorité parlementaire. Un député communiste déclare alors : « Aller à Berlin, c'est accepter une sorte de complicité avec les bourreaux, c'est river les fers aux pieds des victimes, et c'est couvrir leurs plaintes que de chanter en chœur, avec le maître du Reich, l'hymne à la gloire du sport. » Le 9 juillet a lieu le vote sur la participation de la France aux Jeux olympiques de Berlin. La droite vote pour, tandis que l'ensemble de la gauche s'abstient — y compris le PCF —, à l'exception de Pierre Mendès France, qui vote contre.



La tenue des Olympiades et le pronunciamento militaire

Dès le 14 juillet, les sportifs français prennent la route de Barcelone. Chaque arrêt dans les gares sert de prétexte à des manifestations spontanées : on chante L'Internationale. Les derniers participants, ne parlant pour la plupart ni espagnol ni catalan, arrivent le 18 juillet au matin. Dans la nuit du 18 au 19, les premiers coups de feux éclatent à Barcelone en riposte au pronunciamento du général Franco. Bien que la plupart des sportifs restent dans leurs hôtels dans la journée du 19, certains descendent dans la rue et participent à l'offensive contre les militaires. Quelques uns sont blessés ou tués. Le calme revient sur la ville le lendemain, et le 23 juillet, Jaume Miravitlles, secrétaire du comité exécutif des Olympiades populaires de Barcelone, annonce l'annulation des jeux. Le lendemain, les premières colonnes de miliciens partent en direction de l'Aragon.

Le gouvernement Blum donne alors l'ordre aux délégations de revenir immédiatement, affrétant deux paquebots partis de Marseille. Il leur sera demandé 150 francs pour « frais de rapatriement ». Plusieurs athlètes décident cependant de rester sur place : « Nous étions venus défier le fascisme sur un stade et l'occasion nous fut donnée de le combattre tout court ». Emmanuel Mincq, footballeur juif polonais d'Anvers, rejoint le Bataillon Thälmann et deviendra l'un des dirigeants de la Brigade Dombrosky. Il restera en Espagne jusqu'en 1939, puis fera la tournée des camps en France (Argelès, Le Vernet, Gurs). Certains défileront sur le Paseo de Gracia avec la colonne Durruti, d'autres intègrent les colonnes du POUM ou de la CNT (colonne Ortiz).

Pris en tenailles entre les radicaux et les communistes, le Front populaire français renonce à aider les Républicains et pratique une « politique de non-intervention », en fermant les frontières et en interdisant à Lluis Companys de participer à un meeting unitaire en faveur de l'Espagne républicaine. Pendant ce temps là, Hitler et Mussolini envoient des chars et des hommes lutter pour les nationalistes. Blum, lui, offre des ambulances. En août 1936, les athlètes français défilent à Berlin en faisant le salut olympique, qui fut souvent mal interprété comme un salut nazi, alors que les délégations anglaises et américaines détournent la tête devant la tribune d'Hitler.



Sport et propagande

Jusqu'au Front populaire, en France, le sport est dénoncé à gauche comme une activité bourgeoise et réactionnaire. Mais il devient après un élément central, le Front populaire l'utilisant comme préparation militaire et patriote, tandis que Georges Barthélémy, député de la SFIO, en arrive même à déclarer que le sport contribue à « l'amélioration des rapports entre le capital et le travail, donc de l'élimination du concept de la lutte des classes » ; c'est aussi « un moyen d'arrêter la dégénérescence physique et morale de la race ». D'autres anarchistes (Sébastien Faure, P. Robin, F. Ferrer...) le considèrent comme un élément indispensable à l'éducation de l'individu.

Source wikipedia
pour le texte,
images+vidéo autres sources




liens :

http://www.nodo50.org/esperanto/artik27es.htm (espéranto)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Olympiades_populaires

http://actionantifasciste.fr/documents/1/barc.html

Increvables anarchistes

Tiken Jah Fakoly

Article du dimanche 24 juillet 2011







[International] A Londres, les bonnes vieilles méthodes d’exploitation n’ont pas disparu

Article du dimanche 24 juillet 2011

Après deux journées de grève en juin pour réclamer des salaires décent et le versement de la totalité de leur salaire, les travailleurs du nettoyage du Guildhall à Londres - bâtiment représentant les intérêts de la classe dominante, selon la présentation de son propre site Internet - des IWW ont débrayé pendant leurs heures de travail puis manifesté ce vendredi 15 juillet, devant le Guildhall. Leurs dernières paies sont incomplètes – il manque en moyenne deux semaines de salaire sur trois mois de travail - et malgré les promesse de la direction de l’entreprise sous-traitante Ocean Contract Cleaning London de régulariser la situation rien n’a été fait ; ces travailleurs sont de surcroît rémunérés 5,95 £ par heure, ce qui les oblige à vivre sous le seuil de pauvreté. Ils n’ont de plus ni retraite ni couverture maladie.

Leur colère et leur détermination face au mépris dont ils font l’objet sont aussi nôtres.

Le secrétariat international de la CNT-f tient à apporter son soutien à ces travailleurs en grève. Un coup porté contre l’un d’entre nous et un coup porté contre tous ! Solidarité Internationale !

[Saint-Etienne] CSA ? C’est ça !

Article du dimanche 24 juillet 2011

il n’a pas encore de nom, mais il a une adresse !!! 16 rue du mont à synthé

Alors que depuis quelques années, les lieux alternatifs ferment successivement : squats expulsés, salles de concerts fermées, disparition des lieux de répet’. .. l’envie de nous regrouper et de créer un lieu militant et autogéré.

QUI SOMMES NOUS ?

Ce local autogéré est une "fédération" de collectifs et d’individu-e-s militant-e-s réuni-e-s autour de valeurs communes libertaires.

La mise en place de ce projet a permis de rassembler des personnes engagées venant de tous horizons dans une volonté commune de partager nos expériences de vie, nos expériences de militantisme, de résistance. Nous voulons créer du lien entre ces luttes pour consolider le réseau déjà existant sur Saint-Étienne.

Notre but est de créer une réelle dynamique, un lieu de rencontre, convivial, ouvert sur l’extérieur et implanté dans le quartier, dans la ville.

QUE VOULONS NOUS ?

Nous voulons principalement une autonomie politique et morale pour lutter contre les formes d’exclusion, de discrimination et d’inégalité. Notre volonté commune est de construire des alternatives émancipatrices au système capitaliste et à ses conséquences sur les rapports entre les individu-e-s.

Pour cela nous défendons l’idée de respect de chacun-e et rejetons formellement toute forme de discrimination et de domination. Notre fonctionnement repose donc sur le respect de la liberté individuelle. Nous avons aussi comme objectif de faire de ce lieu un espace de rencontre où se mélangent les cultures et où se tisse un véritable lien social et solidaire.

De nombreuses activités (certaines existant déjà dans d’autres lieux, tels que la Dérive, la Plage, …) y sont déjà prévues : des permanences juridiques, une bibliothèque militante, un info-kiosque, un p’tit resto/bar, une zone de gratuité, des ateliers/cours (informatique, boxe, couture, espagnol, …), des conférences, des projections, des débats, des soirées à thème, mais aussi, des concerts, des fêtes…

MAIS ENCORE…

Sachant que le loyer est de 600€/mois sans les charges, qu’il y a quelques travaux à faire, il nous faut, vite, trouver le moyen de pérenniser le lieu, en l’autofinançant. Pour ce faire, nous avons mis en place un système de cotisations au sein du groupe travaillant à la création du projet et un concert de soutien, Quartiers Libres, a eu lieu le 18 décembre 2010.

Aujourd’hui, nous lançons un appel à soutien

System of a Down

Article du vendredi 22 juillet 2011

Chop Suey!




Sugar




Deer Dance




Prison Song (live 2005)

CNT - Infos N° 7, été 2011 Bulletin d’information confédéral

Article du vendredi 22 juillet 2011




Au sommaire :

Édito : BOUCHONS SUR L’AUTOROUTE DU DROIT AUX VACANCES !
La Bourse des travailleurs
Infos d’ici... et d’ailleurs
International
Communiqués

CNT Infos n°7 à télécharger

[International] Tentative d’assassinat du président du SNAPAP ( Algérie)

Article du vendredi 22 juillet 2011



Nous avons appris dimanche 17 juillet, par le site des Dernières nouvelles d’Algérie (information reprise depuis par plusieurs journaux francophones et arabophones), la tentative d’assassinat ayant visé le président du SNAPAP, Rachid Malaoui.

Celle-ci n’est pas sans nous rappeler le meurtre de Ahmed Kerroumi il y a quelques mois dans la même ville d’Oran. Le sabotage des câbles de frein de la voiture de Rachid Malaoui se rajoute à toutes les mesures auxquelles le pouvoir algérien a recours pour essayer de faire taire la contestation dont les syndicats autonomes algériens sont l’un de moteurs.
Après les menaces, pressions, harcèlements, matraquages, etc., les généraux algériens s’en prennent à la vie des militants. Devant ces évènements, nous réaffirmons notre soutien aux syndicalistes autonomes algériens dans leur combat pour les libertés syndicales et la dignité, contre le pouvoir dictatorial.

Un coup porté à l’un d’entre nous est un coup porté contre nous tous,Solidarité internationale !

Précédents billets sur le SNAPAP

[Lyon - Saint-Jean] Des commerçants de St-Jean dénoncent les exactions des identitaires...

Article du mardi 19 juillet 2011

Suite aux violences du 14 mai et à l’ouverture du local des identitaires montée du Change dans le Vieux Lyon, le collectif 69 de Vigilance contre l’Extrême-Droite a lancé un appel à témoignage auprès des habitant-e-s et commerçant-e-s du quartier que l’extrême-droite violente essaie d’annexer. Le collectif a reçu entre autres réponses cette lettre du représentant d’une association de commerçants, l’association Strada Nova, qui rassemble les riverain-e-s et commerçant-e-s de la rue Juiverie.

Le collectif 69 de vigilance poursuit son appel, les témoignages pouvant être envoyés à apa69 (at) riseup.net.




Lyon, le 15 juillet 2011

Madame, Mademoiselle, Monsieur, Collectif 69 de Vigilance contre l’extrême-droite,

Je tiens à vous remer­cier quant à la dif­fu­sion de votre appel « NE LAISSONS PAS FAIRE ! » et à la qua­lité de vos réflexions concer­nant les exac­tions et les vio­len­ces dont le Vieux-Lyon est actuel­le­ment le théâ­tre.

A votre infor­ma­tion, je sou­haite ajou­ter mon témoi­gnage et les éléments sui­vants.

Les com­mer­çants, arti­sans et habi­tants de la rue Juiverie (réunis dans l’asso­cia­tion STRADA NOVA que je repré­sente) ont en effet été confron­tés ces der­niers mois à plu­sieurs vio­len­tes mani­fes­ta­tions de rue en réu­nions ; ces der­niè­res par­tant de la montée du Change, à l’angle des rues Juiverie et de la Loge.

Au mois de mai et juin der­nier, nous avons vu des grou­pes d’une tren­taine de per­son­nes - armés de bâtons ou de barres - dans un état de déter­mi­na­tion ahu­ris­sant quant à agres­ser, en cou­rant de toute part, d’autres per­son­nes : de véri­ta­bles scènes de sou­lè­ve­ment plu­sieurs heures durant.

La cons­ter­na­tion s’est empa­rée des famil­les, enfants, per­son­nes âgées et des com­mer­çants du quar­tier, l’impact de ces invrai­sem­bla­bles déchaî­ne­ments de vio­lence se mesu­rant à la lumière des dis­cus­sions entres voi­sins, du trau­ma­tisme col­lec­tif évoqué et d’une peur quant à la menace de nou­veaux trou­bles met­tant en danger les inté­gri­tés - phy­si­ques et mora­les - des per­son­nes.

Cette situa­tion donne le sen­ti­ment à la popu­la­tion d’être sous la domi­na­tion d’une force incontrô­lée dont la logi­que lui est impo­sée, affec­tant l’acti­vité sociale, économique et bien entendu incom­pa­ti­ble avec l’accueil d’un nom­breux public sco­laire ou visi­teur du centre his­to­ri­que de la ville ; de fait, mena­çant les droits élémentaires de liber­tés de cir­cu­la­tion, de tra­vail et de sécu­rité publi­que.

Cet écrit est dicté pour que chacun com­prenne à quel point ces événements sont dévas­ta­teurs humai­ne­ment et impac­tent consi­dé­ra­ble­ment la qua­lité de vie de tout un quar­tier, expri­mée d’ordi­naire dans l’entente, la soli­da­rité et l’esprit de tolé­rance.

En vous remer­ciant encore pour votre action de sou­tien et en vous priant de bien vou­loir relayer ces propos.

Cordialement,

Association STRADA NOVA
(Habitants, arti­sans et com­mer­çants de la rue Juiverie).


Lettre en pdf

Appel à témoignage du collectif de vigilance

[Livres] Nouveautés aux Editions Les Bons Caractères

Article du mercredi 13 juillet 2011



Georges Kaldy
Hongrie 1956
un soulèvement populaire
une insurrection ouvrière
une révolution brisée

Parmi les livres consacrés au soulèvement en Hongrie en 1956, qu’ils aient été publiés à l’époque ou cinquante ans après, bien peu ont été consacrés à la mobilisation de la classe ouvrière de ce pays et au rôle des conseils ouvriers.
Le monde était divisé à cette époque en deux blocs : l’un, la plus grande partie de la planète, était dominé par les États-Unis et les puissances impérialistes, l’autre par l’Union soviétique de la bureaucratie. Ni les uns ni les autres n’avaient intérêt à mettre l’accent sur cette caractéristique de l’insurrection de 1956.
Le rôle spécifique des travailleurs et celui des conseils ouvriers ont été, au contraire, enterrés sous un tombereau de mensonges venant de part et d’autre. C’est pourtant le soulèvement populaire de 1956 en Hongrie qui a fait surgir, pour la dernière fois dans l’histoire contemporaine, des Conseils ouvriers jouant un rôle politique majeur. Et ce rôle est devenu plus important encore après l’intervention armée de la bureaucratie soviétique et sa victoire militaire. L’objectif de ce livre est de réparer ces injustices et cet oubli.




Bruno Paleni
Italie 1919-1920 Les deux années rouge
Fascisme ou révolution ?

Les années 1919 et 1920 furent pour l’Italie le biennio rosso, les « deux années rouges». Mais ces deux années d’agitation sociale profonde, qui se plaçaient dans le contexte de la vague révolutionnaire partie de Russie en 1917, n’aboutirent pas à la révolution sociale que beaucoup espéraient. Au contraire, le mouvement fasciste de Mussolini préparait la contre-offensive.
Quelle fut la politique des organisations ouvrières pendant cette crise sociale ? Comment les organisations fascistes purent-elles passer à l’attaque et les détruire ? Quelles forces s’opposèrent alors à ce qui fut qualifié de « contre-révolution préventive » ?
Cet ouvrage revient sur cette période méconnue, durant laquelle l’histoire a balancé entre fascisme et révolution.



Gilles Boti
La Russie avant 1917
De l’abolition du servage à la révolution (1861-1917)

En à peine plus d’un demi-siècle, la Russie va passer d’un état arriéré à tout point de vue, où une grande partie du peuple, la paysannerie, subissait encore le joug du servage, à une situation où la population laborieuse des villes et des campagnes aura renversé l’une des plus anciennes dynasties d’Europe, celle des Romanov, ces tsars autocrates qui disaient ne tenir leur pouvoir que de dieu, et l’ancien ordre établi.
Le présent livre s’efforce d’éclairer les prémisses de ce qui fut l’un des plus importants événements du 20ème siècle, la Révolution russe de 1917. Quelles contradictions sociales, économiques, politiques étaient à l’oeuvre dans ce pays, ce bastion du conservatisme et d’un ordre social odieux hérité du Moyen-Âge, qui, en fi nissant par prendre un tour explosif, allaient ébranler la Russie des tsars, et derrière elle le vieux monde.



Sandra Chirazi - Raphaël Menand
Histoire de la mondialisation capitaliste
Tome 2 : 1914-2010

Ce volume traite de l’histoire de la mondialisation capitaliste de 1914 à nos jours. Après la période des années 1914 et1955, marquées par deux guerres et une crise mondiales, l’explosion des nationalismes et des protectionnismes, il a fallu attendre la fin des années 1950 pour que la mondialisation capitaliste connaisse une nouvelle phase d’essor. D’abord très progressif et très encadré par les Etats, le développement des échanges internationaux s’est accéléré à partir de la crise économique du milieu des années 1970. Aboutissant, au bout du compte, à une hypertrophie de la sphère financière, il n’a pas permis à l’économie de sortir du marasme et de la crise.
Mais ce n’est pas l’ouverture des frontières qui est à mettre en cause – elles ne sont d’ailleurs ouvertes sans restriction qu’aux capitaux – mais bien les lois de fonctionnement de l’économie capitaliste elles-mêmes.

[communiqué confédéral] Le MAE futur outil de criminalisation des militants ?

Article du lundi 11 juillet 2011



Instauré en 2002, le Mandat d'Arrêt Européen montre aujourd'hui, notamment à travers le cas d'Aurore Martin, le caractère inique de cette harmonisation par le bas du droit européen.

Le Mandat D'arrêt Européen a instauré le principe de reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires pénales. C'est-à-dire qu'un pays peut exiger d'un autre l'extradition d'une personne selon ses propres lois. Dans les faits, comme pour « l'harmonisation européenne des droits sociaux », cela se traduit par un véritable nivellement par le bas des libertés individuelles des habitants de l'Union Européenne.
Ce Mandat d'Arrêt Européen trouve une tragique mise en pratique à travers le cas d'Aurore Martin, française, membre de Batasuna et dont l'Espagne exige l'extradition par la France, au motif qu'elle a exprimé son engagement au sein de l'organisation indépendantiste basque, autorisée en France mais interdite en Espagne. Pour une simple conférence de presse, l'Espagne réclame sa remise par les autorités françaises. C'est dans les faits la remise en cause de la liberté d'expression à l'intérieur de la France. L'importante mobilisation, que la CNT soutient, a pour le moment découragé la police française de l'arrêter mais Aurore Martin reste à tout moment sous la menace d'une arrestation.

Si aujourd'hui le MAE vise une militante indépendantiste, il pourra tout aussi bien être utilisé demain contre des militants syndicaux, le cadre des contre-sommets offrant une excellente occasion aux autorités d'un pays d'accuser des militants étrangers de délit d'opinion comme le fait l'Espagne avec Aurore Martin. Force est de constater, qu'une nouvelle fois l'Europe se fait au détriment des peuples et des libertés individuelles. Pourtant, un autre futur est possible. Une autre Europe aussi !

Le Secrétariat Relations Médias de la CNT

[ Revue de Presse] Inspection du travail Dans l’étau des objectifs

Article du dimanche 10 juillet 2011

Article paru dans l'Humanité.fr le 7 juillet 2011


Sous couvert d’un renforcement des effectifs à l’inspection du travail, le ministère du Travail a lancé en 2006 une modernisation qui impose aux agents des objectifs quantitatifs d’interventions en entreprise. Inspecteurs et contrôleurs rejettent une politique du chiffre qui dévoie le sens de leur travail.

C’est un signal inquiétant : lorsqu’ils parlent de leurs conditions de travail, inspecteurs et contrôleurs du travail se comparent souvent, spontanément, à France Télécom. « On est France Télécom, dix ans plus tard. Notre hiérarchie manifeste un mépris total pour la culture de service public. Le seul modèle c’est le privé », déplore un contrôleur du travail. « On va accumuler les tensions, puis franchir un palier au-delà duquel il y aura des arrêts maladie et peut-être des suicides, poursuit un de ses collègues. Et là, comme chez France Télécom, il sera très difficile de revenir en arrière, car quand une organisation du travail pathogène est mise en place, elle continue longtemps de produire ses effets. »

Sombre tableau. Pourtant, l’inspection du travail devrait bien se porter, puisqu’elle a bénéficié, officiellement, d’un renforcement historique ces dernières années. En mars 2006, dans la foulée de l’électrochoc provoqué par le drame de Saussignac – deux contrôleurs tués par un agriculteur dans ce village de Dordogne en septembre 2004 – le ministre délégué au Travail, Gérard Larcher, annonce un vaste « plan de modernisation et de développement de l’inspection du travail » (PMDIT). Assez habilement, il semble répondre aux revendications majeures des inspecteurs, réactivées par l’assassinat de leurs collègues, réclamant des moyens humains supplémentaires et un soutien politique à la mission de contrôle de l’application du Code du travail. Ainsi, alors que le corps compte à l’époque 450 inspecteurs et 900 contrôleurs, le PMDIT prévoit la création de 600 postes d’agents de contrôle sur 2007-2010, pour hisser la France – péniblement – à la moyenne européenne. D’autre part, il affirme la volonté du ministère de soutenir, promouvoir et piloter l’action de l’inspection, ce qui se traduira par une « politique travail », alors que depuis la crise des années 1970, il portait toute son attention sur la « politique emploi » de mesures contre le chômage.

« Le PMDIT, c’est un vrai jeu de dupes », déplore aujourd’hui un contrôleur du travail CGT, en service dans le Val-de-Marne. En matière de « développement » des effectifs, le tour de passe-passe a consisté à fusionner avec l’inspection du travail généraliste les inspections spécialisées dans les transports et l’agriculture, qui comptaient 570 agents. Au total, le renfort a représenté moins de 200 postes au niveau national (lire encadré p. 13), alors que, dans le même temps, l’application de la révision générale des politiques publiques (RGPP) sabrait les emplois de secrétaires, reportant sur les agents de contrôle une partie du travail administratif. En revanche, le volet « modernisation » et pilotage de l’inspection s’est, lui, réellement déployé, bouleversant en profondeur le travail des inspecteurs et contrôleurs du travail. « Au lancement du plan, les représentants du ministère avaient prévenu : ils donnaient des effectifs, mais attention, ils allaient encadrer », se souvient Joël Louis, inspecteur du travail, élu CGT au CHS du Rhône.

« Encadrer » signifie que désormais, le ministère du Travail impose aux agents de contrôle des domaines et thèmes d’action prioritaires, avec des objectifs quantitatifs à atteindre. Il s’agit d’appliquer à l’inspection les principes de la loi organique relative aux lois de finance (Lolf), votée sous la gauche en 2001 et entrée en vigueur le 1er janvier 2006 : pour rationaliser la dépense, toute action de l’État doit voir sa « performance » mesurée à l’aide d’indicateurs précis, comparant les résultats à des objectifs fixés chaque année. La Lolf se décline, dans la gestion du personnel, par une individualisation des salaires sous forme de primes versées après évaluation du « mérite », avec tout ce que cela implique d’arbitraire et de mise en concurrence.

À l’inspection, l’arsenal Lolf se met en place. Fin 2005 est inauguré le logiciel Cap Sitère, dans lequel, un an plus tard, les agents de contrôle sont tenus de saisir toute leur activité, pour que les chiffres « remontent » au ministère. En 2008, voilà les entretiens annuels d’évaluation, déterminant l’attribution de parts de primes en fonction des résultats individuels. L’objectif imposé est de 200 interventions par agent et par an, dont la moitié sur des axes prioritaires comme la santé sécurité, le dialogue social, la lutte contre le travail illégal, ou sur des campagnes ponctuelles de quelques semaines ciblées sur les garages, le risque routier, le risque ionisant…

« En soi, est-ce contestable que le ministère ait une politique travail avec des priorités ? En théorie, non, mais à condition que cela ne se fasse pas au détriment de champs entiers du droit du travail, et au détriment de la demande des usagers », explique un inspecteur du travail d’Île-de-France, élu de SUD travail. C’est là que le bât blesse. L’essentiel des actions prioritaires porte sur la santé et la sécurité au travail, en lien avec le scandale de l’amiante qui pousse désormais les pouvoirs publics à se couvrir dans ce domaine, et sur le travail illégal, en relais de la politique de lutte contre l’immigration. « Mais rien sur la durée du travail, la rémunération, les droits des institutions représentatives du personnel, sauf une simple campagne d’information sur la loi de 2008 sur la représentativité, pointe-t-il. On ne nous demande pas d’abandonner ces champs, mais… De même, on sent que la réponse aux usagers n’est plus du tout la priorité de notre direction. »

Pour les inspecteurs et contrôleurs, qui tiennent chaque semaine deux demi-journées de permanence, l’une physique, l’autre téléphonique, où défilent des salariés de plus en plus nombreux et dans des situations de plus en plus désespérées, c’est une « très forte injonction paradoxale, de plus en plus difficile à vivre, entre la demande de la hiérarchie et le travail réel », souligne ce militant. Gilles Gourc, contrôleur du travail à Lyon et représentant CNT, confirme : « Vu nos moyens, on a toujours plusieurs mois de retard dans le traitement des dossiers. C’est déjà difficile d’accueillir les gens en souffrance, et de leur annoncer qu’on ne pourra pas intervenir dans un délai raisonnable. On voit les gens s’effondrer. Si en plus on essaie d’atteindre les objectifs de la direction, on va souffrir. Je préfère avoir des mauvais chiffres, et me reconnaître dans mon métier. » Un autre contrôleur, exerçant dans les Hauts-de-Seine, ne décolère pas : « On nous demande de contrôler des entreprises sur le risque routier, mais les livreurs de pizza qui roulent avec des pneus lisses et sans rétroviseur n’entrent pas dans cette campagne. À quoi ça rime ? »

D’après le ministère, le pilotage de l’inspection du travail vise à améliorer l’« effectivité du droit du travail ». « Mais toujours plus de chiffres, toujours plus d’interventions, sans regarder la qualité, ça ne signifie rien, c’est seulement de l’affichage », proteste Joël Louis, de la CGT. « Si l’objectif était vraiment le respect du Code du travail et la protection des salariés, il y aurait d’autres moyens, bien plus efficaces. Par exemple, des réunions avec les parquets pour expliquer l’importance de l’ordre public social, pour qu’ils poursuivent autant dans le domaine social que sur la sécurité routière ! Rien n’est fait, nos PV sont transmis avec une simple lettre de notre directeur, sans même une explication sur l’importance de poursuivre. » Par ailleurs, les promoteurs du « pilotage » sont les mêmes qui, dans ces années 2000, par les 35 heures et les lois Fillon, ont multiplié pour les entreprises les possibilités de dérogation, qui compliquent la tâche des inspecteurs pour contrôler le respect du Code du travail.

Face à cette politique du chiffre, les agents résistent. Les syndicats CGT, SUD, CNT, organisent des campagnes de boycott de Cap Sitère et/ou des évaluations, qui impliquent un renoncement aux parts de prime et aux accélérateurs de carrière, au nom du « bon travail ». Mais la carotte et le bâton produisent, insidieusement, leurs effets délétères sur la manière de travailler, et sur l’ambiance. « Avant, entre nous, on parlait de ce qui se passait dans les boîtes, raconte Joël Louis. Aujourd’hui, oui, certains collègues ne parlent plus que des bâtons à remplir pour la hiérarchie et la carrière. Le ministère ne demande que ça ! C’est pas évident de résister. Les directeurs réunissent les sections pour donner les instructions, et l’agent qui ne se plie pas reçoit des mails lui rappelant ses objectifs. C’est assez traumatisant, car ça n’existait pas du tout avant. » L’absurdité du système pousse aussi aux comportements déviants, dont la hiérarchie fait mine de s’offusquer : saisies de fausses interventions, contrôles rapides à la chaîne pour remplir les quotas. « Un contrôle du registre du personnel, qui prend dix minutes, compte pour un bâton, tout comme une enquête sur la durée du travail, qui va nous demander énormément de travail », explique le contrôleur CGT du Val-de-Marne. « La politique du chiffre amène à mentir et à faire de l’abattage, puisque ce n’est plus le travail réel qui compte », souligne Gilles Gourc. « Pour sauvegarder le métier, il faut s’opposer à la direction ! »

De la résistance, il en faudra encore puisque le ministère poursuit son travail de « modernisation ». Prochaine étape, la mise en place, avant le 1er janvier prochain dans toute la fonction publique, de la prime de fonctions et de résultats (PFR) qui va encore accentuer l’individualisation des salaires par les primes. En parallèle, le ministère demande aux inspecteurs du travail, qui sont chefs de service, de se comporter en « managers » et de surveiller dans leur section l’application des objectifs par les subordonnés (les contrôleurs), alors que les relations entre collègues étaient jusqu’ici assez égalitaires.

Dans les services, les alertes se multiplient sur la souffrance, sous l’effet de la perte de sens du travail et des restructurations, réorganisations, déménagements, suppressions de postes menées à la hussarde par la RGPP. Avec ce sentiment des agents de vivre ce qu’ils sont censés prévenir dans les entreprises du privé.

Inspection renforcée ou fusionnée ?

En 2006, le ministre délégué aux Relations du travail, Gérard Larcher, annonce la création de 600 postes d’agents de contrôle (inspecteurs et contrôleurs) sur la période 2007-2010, dans le cadre du plan de modernisation (PMDIT). En réalité, c’est la fusion avec les inspections des transports et de l’agriculture (en janvier 2009) qui va permettre d’afficher une augmentation des effectifs. Ainsi, d’après les rapports annuels au Bureau international du travail, en 2006, l’inspection généraliste compte 1 430 agents de contrôle, contre 570 à l’agriculture et aux transports, soit 2 000 agents en tout. Fin 2009, après fusion et application du PMDIT, l’inspection fusionnée compte 2 190 agents de contrôle, soit seulement 190 de plus, au lieu des 600 renforts annoncés.

Fanny Doumayrou

[ Communiqué CNT FTE] Les contes du Père Chatel

Article du jeudi 7 juillet 2011



A la veille des grandes vacances, une opération ministérielle promet un livre d’été à tous les élèves de CM1. Un progrès aux terribles relents réactionnaires.Une opération nommée « Un livre pour l’été », initiée par Luc Chatel propose à chaque enfant de repartir avec un livre à lire pour les grandes vacances : Cette année : un recueil de contes de Charles Perrault. L’année passée : les Fables de La Fontaine. Comment ne pas applaudir des deux mains à une telle opération permettant à des élèves d’avoir un livre bien à eux ?

Certes, mais quand on y regarde de plus près, il y a de quoi s’inquiéter si ce n’est carrément de protester contre les caractères à la fois anti-pédagogiques et libéraux de cette opération.

Premièrement le fait d’avoir choisi de conserver le texte original (et non une version adaptée de ces contes) rend la lecture totalement hors de portée pour des élèves qui sont lecteurs depuis moins de trois ans. En effet qu’est-ce qu’un enfant de 9 ans pourrait retenir, par exemple, du début de Peau D’âne :

« Il est des gens de qui l’esprit guindé,

Sous un front jamais déridé,

Ne souffre, n’approuve et n’estime

Que le pompeux et le sublime ;

Pour moi, j’ose poser en fait

Qu’en de certains moments l’esprit le plus parfait

Peut aimer sans rougir jusqu’aux Marionnettes ; »

Mais passe encore. Même si de nombreuses réécritures à la portée des élèves sont aussi dans le domaine public, certains passages de ce livre sont peut-être exploitables en classe, bien que le livre, rappelons- le, soit destiné avant tout à donner envie de lire aux élèves pendant les vacances. Et l’utilisation du rapport entre le texte et les illustrations permettra certainement aux élèves de s’y retrouver…

Les illustrations ? Parlons-en ! Là encore, dans un élan irrésistible de modernité, les conseils du ministre ont décidé d’utiliser des « images d’Epinal » pour décorer l’ouvrage. On propose donc aux élèves un texte incompréhensible, décoré d’images totalement rétrogrades. A moins que l’enfant lambda de CM1 n’ait un haut souci de la valeur patrimoniale de ces éléments, on peut sérieusement douter que les chères « têtes blondes » à qui est destiné ce recueil, s’éclatent en feuilletant ces pages. En réalité, comme on travaille avec eux toute l’année et qu’on n’a pas attendu notre cher Ministre pour tenter de leur donner le goût de lire, on sait déjà qu’à part pour les enfants qui ont déjà le goût de lire, ce livre ne servira guère à autre chose qu’à caler un lit branlant.

Ces aberrations amènent donc forcément à se poser la question de qui a voulu contenter le ministre avec cette opération ? Et on voit bien qu’il n’y a que les associations les plus réactionnaires et antipédagogiques pour applaudir à une telle supercherie…

Ajoutons à tout ça, que chaque enseignant du CM2 « s’engage à exploiter à la rentrée » le livre avec ces nouveaux élèves, grâce à des fichiers pédagogiques déjà prêts (ben oui, pour une fois il fera bosser les gosses au lieu de faire de la garderie ) une nouvelle fois au mépris de toute liberté pédagogique.

Le tableau est complet quand en retournant le livre on identifie le logo de la fondation Total. Effectivement, c’est une nouveauté, le matériel pédagogique proposé par le ministère permet désormais aux pires crapules capitalistes de diminuer leurs impôts en finançant gracieusement les apprentissages des élèves de l’école publique. A quand les « mallettes éducation à l’environnement financées par Areva ou les ateliers « développement durables » créés par Carrefour ou Leclerc ? On croit rêver mais on se rappelle amèrement qu’on plaignait, il y a quelques années, les petits américains qui apprenaient à lire sur les logos de Coca ou Mac Donald dans des manuels financés par ces firmes. Les vautours capitalistes hexagonaux semblent donc, eux aussi, décidés à investir le champ pédagogique.

Bref, si la base du projet est louable, sa réalisation est bien en parfaite adéquation avec la politique actuelle du gouvernement : d’une part la forme est la plus rétrograde et anti-éducative possible, flâtant au passage tous les réactionnaires adeptes du dressage scolaire, et d’autre part, le recours à un financement privé montre que le système scolaire est tellement exsangue financièrement qu’il ne peut même pas payer un livre à une classe d’âge.

Face à cette situation il est plus que nécessaire de réclamer des moyens financiers et humains en vue d’instaurer une éducation permettant à tous, élèves et enseignants, de mettre en place des pratiques éducatives émancipatrices. L’éducation, et a fortiori le goût de la lecture, ne peuvent se concevoir sous la contrainte. Au passage, on rappellera l’excellent travail réalisé par l’éditeur associatif « Lire c’est partir », qui depuis plus de 15 ans, sans subventions, met à la disposition des classes des ouvrages historiques ou contemporains de littératures de jeunesse pour moins d’un euro. Le très bon travail qu’ils ont réalisé a sûrement plus contribué au goût pour la lecture de nombreuses classes d’âge, que ne pourront le faire toutes les subventions que les pires crapules financières pourront attribuer au système scolaire, pour se dédouaner de la pression dramatique qu’ils font peser sur les finances publiques.

Enfin, pour l’anecdote, à la lecture de passages du communiqué ministériel, « La lecture est au coeur de l’École et le plaisir de lire se découvre avec son professeur. », l’auteur des contes en question doit se retourner dans sa tombe. En effet, ironie de l’histoire, Charles Perrault, jeune élève au collège de Beauvais à Paris, avait décidé avec un de ses camarades de quitter l’établissement et de ne plus y retourner après une dispute avec son professeur de philosophie. Il s’était alors consacré à la lecture puis à l’écriture…

[Communiqué intersyndical] Temps partiel : pas de régression des droits !

Article du jeudi 7 juillet 2011

Les organisations syndicales signataires se félicitent que le Sénat ait supprimé, le 27 juin dernier, l’article 13 bis inséré dans la proposition de loi sur le développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels par un amendement adopté lui en première lecture par l’Assemblée Nationale le 21 juin 2011.

Cette disposition, sous couvert d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés à temps partiel en accordant à ceux-ci la possibilité d’augmenter temporairement leur temps de travail - y compris jusqu’à temps plein - par voie d’avenant au contrat de travail tout en ôtant expressément la qualité d’heures complémentaires aux heures ainsi accomplies, avait pour effet de faire échec aux protections juridiques qui entourent le travail à temps partiel, telles que réaffirmées par un arrêt du 7 décembre 2010 de la chambre sociale de la Cour de cassation.
Il importe en effet de rappeler qu’en l’état actuel du droit du travail, les heures complémentaires bénéficient des exonérations sociales et fiscales instaurées par la loi TEPA du 21 août 2007 mais surtout d’une majoration de salaire de 25 % pour chacune de celles accomplies au-delà du 1/10ème de la durée contractuelle. Le mécanisme prévu à l’article 13 bis, en privant le salarié de revenus attachés à la qualification d’heures complémentaires et en le reléguant, en l’absence de possibilité de requalification de son contrat, définitivement à temps partiel, aurait eu pour effet d’accentuer la précarité salariale trop souvent liée au travail à temps partiel, féminin à hauteur de 82 %.

Les signataires mettent en garde les quatre millions et demi de salariés à temps partiel, qui travaillent principalement dans le commerce, le nettoyage, la sécurité etc., contre toute régression de leurs droits. Ils invitent les membres de la Commission Mixte Paritaire qui doit se réunir, le 6 juillet prochain, aux fins de concilier le point de vue des deux assemblées à mesurer toutes les conséquences de la décision qu’ils arrêteront sur cette disposition.

- SECI-CFTC _
- US CGT Commerce Paris
- CNT-RP du Nettoyage
- SCIAL-RP CNT
- SUD Commerces et Services Ile-de-France
- SCS
- Fédération du Commerce et des Services UNSA

http://www.cnt-f.org/spip.php?article1665

Communiqué de presse officiel suite à l'agression du samedi 2 juillet

Article du lundi 4 juillet 2011

Le samedi 2 juillet, à l'aube, une jeune femme, identifiée par ses agresseurs comme proche de militant-e-s du collectif de vigilance 69, a été sauvagement agressée en rentrant à son domicile.

Un véritable piège, une action préparée, attendait la jeune femme à l'entrée de son immeuble. En effet, 3 hommes guettaient la victime dans la cage d'escalier de son domicile, à 6 h du matin. Après l'avoir poussée dans les escaliers puis rouée de coups, les agresseurs ont procédé à un violent interrogatoire, cherchant à soutirer des informations sur les milieux antifascistes.
De par leur tenue vestimentaire et leurs discours, il ne fait aucun doute que ces individus appartiennent aux mouvances d'extrême-droite.

Cette agression s'ajoute à une liste déjà trop longue de violences graves perpétrées à Lyon. Les victimes font les frais d'une stratégie calculée d'installation d'une ambiance de peur sur le territoire lyonnais.

Plus que jamais déterminé, le Collectif de vigilance 69 poursuivra ses actions contre toutes les mouvances de l'extrême droite, contre la banalisation de ses idées et contre la violence de ces différentes composantes.

Collectif 69 de vigilance contre l’extrême droite

[Livres] Deux nouvelles parutions aux Editions Atelier de création libertaire

Article du dimanche 3 juillet 2011

Libres ! Toujours…
Anthologie de la chanson et de la poésie anarchistes du XIXe siècle


MANFREDONIA Gaetano



Tout au long des XIXe et XXe siècles, la chanson joue un rôle majeur dans les affrontements politiques et les luttes qui émaillent l’émergence d’abord, puis l’affirmation des mouvements socialistes et ouvriers.

Les anarchistes aussi ont tendance à voir dans la chanson un moyen de propagande particulièrement efficace pour la diffusion de leurs idées auprès des masses. La fonction de la chanson politique, toutefois, n’est pas exclusivement propagandiste car elle s’adresse aussi bien à un large public qu’aux militants eux-mêmes dont elle contribue à forger et à entretenir leur sentiment d’appartenance au groupe et à son système de valeurs. La production chansonnière libertaire des années 1880-1914, tout spécialement, va jouer un rôle déterminant dans la constitution d’une identité libertaire en diffusant des images de l’anarchisme et des anarchistes qui finiront par faire corps avec ce mouvement. La connaissance de la chanson anarchiste du XIXe siècle nous facilite ainsi l’accès à ce que l’on peut appeler l’imaginaire utopique libertaire, resté dans ses grandes lignes pratiquement inchangé jusqu’à nos jours.

Placés devant le caractère pléthorique de la production chansonnière libertaire, des choix s’imposaient. Nous avons donc décidé de reproduire les chansons les plus représentatives du répertoire anarchiste de l’époque y compris celles qui étaient communes avec les autres courants socialistes.

Ainsi, dans Libres ! Toujours…, les chansons d’Eugène Pottier et ­Jean­-Baptiste Clément continuent à côtoyer celles moins bien connues de leurs homologues anarchistes : Constant Marie, Paul Paillette, Paul Martinet, François Brunel et bien d’autres. Il s’agit là d’auteurs tombés aujourd’hui dans l’oubli ou presque, mais partageant, tous, une même volonté de changement social radical et œuvrant à leur manière pour un monde de justice et de liberté.

Gaetano Manfredonia est historien des mouvements sociaux et libertaires. Il est l’auteur, notamment, de l’Anarchisme en Europe (2001, PUF, collection Que sais-je ?) et d’Anarchisme et changement social (2007, Atelier de création libertaire).

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Engagement libertaire & organisations anarchistes
Entretiens avec Laurent Fouillard et Jean-Louis Phan-Van


PUCCIARELLI Mimmo



Nous sommes sûrs que les propos tenus dans les pages qui suivent nous permettront de nous approcher un peu plus de l’anarchisme. Moins avec cet esprit militant ayant les yeux rivés sur une machinerie formatée pour faire croître le nombre de ses militant-e-s, de son prestige ou de sa place au sein des prochaines manifestations, qu’avec celui empreint d’insoumission et de révolte contre les injustices sociales, mais aussi de cette volonté, ferme, de continuer à envisager le changement social, ici et maintenant, accompagné par une éthique « révolutionnaire » certes, mais surtout pas aveugle.

Nous ne savons pas si le chemin parcouru jusqu’ici par Laurent et Jean-Louis va aider celles et ceux qui sont pressés d’en découdre avec les questions intolérables des guerres, de la famine, de l’exploitation, de l’écologie, du sexisme, du spécisme, y un largo eccetera, mais nous pensons qu’il leur permettra aussi de rester lucides et amoureux de cet anarchisme en personne que nous continuerons, pour notre part, à vous proposer dans d’autres volumes !

(Cet ouvrage fait partie de la collection l’Anarchisme en personne)

[Campagne contre le viol] La Honte doit changer de camp !

Article du dimanche 3 juillet 2011



Pour de véritables campagnes nationales contre le viol et toutes les violences exercées contre les femmes.

Alors que deux nouvelles affaires de viol ont été révélées dans la presse lyonnaise ce dernier mois : le viol d’une jeune fille de 14 ans par 4 adolescents à peine plus âgés, et sous le regard d’une dizaine d’autres dont certains ont filmé la scène ; le viol d’une jeune femme de 19 ans lors de la soirée organisée par les facs de médecine sur le campus de la Doua, les associations féministes de terrain réaffirment que ces actes sont insupportables et condamnables. Ils sont révélateurs des rapports de dominations entre hommes et femmes et des violences sexistes qui en découlent.

La parole des victimes de viols ne peut ni ne doit être remise en cause ou minimisée : « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, y compris au sein du couple, par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle » (article 222.23 du code pénal).

Chaque année, en France, plus de 75 000 femmes (205 par jour) sont violées et seules 10% des victimes portent plainte. Il reste très difficile d’oser en parler parce que la parole des victimes n’est pas entendue. S’il en était besoin, les propos intolérables tenus dans les médias ces derniers jours, propos tendant à minimiser la gravité du viol, tendant à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage, le confirment. Nous devons le rappeler : le viol et le harcèlement sexuel envers les femmes sont omniprésents dans toutes les couches sociales.

La justice doit faire son travail dans ces affaires. Il est aussi nécessaire que les élus, pouvoirs publics, services sociaux, enseignants, parents et associations de notre département se mobilisent pour lutter contre ces faits inadmissibles et les prévenir. Il ne sera possible de changer les mentalités et les comportements qu’en proposant, dès le plus jeune âge et tout au long de la scolarité, une éducation non sexiste et non violente, porteuse des valeurs d’égalité, de respect, de mixité, de tolérance. La loi du 9 juillet 2010 contre les violences faites aux femmes, en introduisant la prévention des violences dans le code de l’éducation, nous en donne la possibilité.

Pour permettre à tous les enfants et à tous les jeunes de bénéficier de séances d’éducation à la sexualité et de prévention des violences sexistes, il est indispensable de donner des moyens suffisants aux associations et institutions qui ont en charge ces missions.

Les effets d’annonce du gouvernement sont inversement proportionnels aux moyens alloués aux associations qui mènent une véritable politique de lutte contre le sexisme. Il est plus qu’urgent et impératif de développer de véritables campagnes nationales contre le viol et contre toutes les violences exercées sur les femmes.

Vous pouvez lire le manifeste de la campagne « La honte doit changer de camp » et signer la pétition sur le site :http://www.contreleviol.fr/

Signataires : CABIRIAFemmes Contre les IntégrismesFEMMES SOLIDAIRES, FILACTIONS, FRISSE, OSEZ LE FEMINISME - PLANNING FAMILIAL

[DVD] Remue-ménage dans la sous-traitance

Article du samedi 2 juillet 2011



Remue-ménage dans la sous-traitance

Documentaire de Ivora Cusack
vidéo / 70 min / 2008
Édition DVD 2010
DVD PAL – Toutes zones
Sous-titres : Français sourds et malentendants, anglais, espagnol, allemand, italien et néerlandais.

En région parisienne en mars 2002, des femmes de chambre employées par la société Arcade pour travailler dans les hôtels Accor, se mettent en grève. Leurs revendications principales : la baisse des cadences de travail et le paiement de toutes les heures travaillées. La plupart des grévistes sont des mères de famille d’origine africaine qui vont pour la première fois lutter pour leurs droits.
Après un an de lutte, elles sortent victorieuses… Mais en mai 2004, la déléguée syndicale qui avait joué un rôle prépondérant dans la grève, est licenciée. La lutte reprend autour d’elle.

Tourné sur une période de plus de quatre ans, ce film brosse un tableau de luttes où avec peu de moyens mais une volonté tenace, des individus organisés collectivement bousculent la loi de la soumission qui règne dans le monde du travail et en particulier dans la sous-traitance.

Plus d’infos sur le site du film
Fiche technique

Images et sons │ Olivier Azam, Boris Perrin, Ivora Cusack
Montage │ Agathe Dreyfus, Ivora Cusack
Création graphique DVD │ Christine Gabory
Production │ Collectif 360° et même plus

Fortes chaleurs & droit du travail : obligations des employeurs

Article du vendredi 1 juillet 2011

En cette période estivale, pas toujours synonyme de vacances, nous rappelons les obligations des employeurs et les recommandations pour protéger les salariés des effets de la canicule. Voir ci-dessous des extraits de la fiche du "plan canicule 2011" concernant les travailleurs (Source : Ministère de la Santé ).

Les employeurs sont tenus, en application des articles L 4121-1 et suivants du Code du travail, de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de leurs établissements, en tenant compte des conditions climatiques :

- Évaluer le risque « fortes chaleurs » lié aux ambiances thermiques (température, hygrométrie…), actualiser le « document unique » (article R 4121-1 du code du travail) et établir un plan d’action de prévention de ce risque ;

- Depuis le 1er janvier 1993, les constructions nouvelles devant abriter des locaux affectés au travail, doivent permettre d’adapter la température à l’organisme humain pendant le travail, compte tenu des méthodes de travail et des contraintes physiques supportées par les travailleurs (article R.4213-7 du code du travail) ;

- Prévoir l’installation d’un local, l’utilisation d’un local existant ou des aménagements de chantier pertinents pour accueillir les travailleurs du chantier lors des pauses liées aux interruptions momentanées de l’activité (article R 4534-142-1 du code du travail) ;

- Solliciter le médecin du travail pour qu’il établisse un document, à afficher dans l’entreprise en cas d’alerte météorologique, rappelant les risques liés à la chaleur, les moyens de les prévenir et les premiers gestes à accomplir si un salarié est victime d’un coup de chaleur ;

- Des documents (brochures, affiches, dépliant « travail et chaleur d’été »…) sont mis en ligne par l’INRS sur son site Internet www.inrs.fr. L’accès au site est gratuit et les documents sont téléchargeables. Brochures et affiches destinées aux entreprises peuvent également être demandées aux services prévention des Caisses régionales d’assurance maladie (CRAM), à l’OPPBTP et autres organismes de prévention. Voir également les documents élaborés par l’INPES (« fortes chaleurs et canicule ») ;

- Afficher les recommandations à suivre, prévues au niveau du plan d’action ;

- Dans les locaux à pollution non spécifique, c’est à dire ne faisant pas l’objet d’une réglementation spécifique, l’aération doit avoir lieu soit par ventilation mécanique, soit par ventilation naturelle permanente ;

- Prévoir une organisation du travail permettant de réduire les cadences si nécessaire, d’alléger les manutentions manuelles, etc ;

- Prévoir une organisation du travail permettant au salarié d’adapter son rythme de travail selon sa tolérance à la chaleur ;

- Vérifier que les adaptations techniques permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place ;

- Vérifier que la ventilation des locaux de travail est correcte et conforme à la réglementation ;

- Prévoir des aides mécaniques à la manutention ;

- Prévoir une surveillance de la température ambiante des lieux de travail ;

- S’assurer que le port des protections individuels est compatible avec les fortes chaleurs ;

- Informer et consulter les Comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et les autres institutions représentatives du personnel sur les recommandations à mettre en oeuvre en cas d’exposition aux fortes chaleurs ;

- Prévoir éventuellement des mesures correctives sur des bâtiments ou locaux existants (stores, volets, faux plafonds, rafraîchissement d’ambiance, ventilation forcée de nuit, films antisolaires sur les parois vitrées etc..)

Plus particulièrement PENDANT UNE VAGUE DE CHALEUR, ils doivent :

- Informer tous les travailleurs des risques, des moyens de prévention, des signes et symptômes du coup de chaleur (document établi par le médecin du travail notamment) ;

- Mettre à la disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche pour la boisson (article R.4225-2 du code du travail) ;

- Dans les locaux fermés où le personnel est amené à séjourner, l’air doit être renouvelé de façon à éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations (article R.4222-1 du code du travail) ;

- Pour ce qui concerne les postes de travail extérieurs, ceux-ci doivent être aménagés de telle façon que les travailleurs soient protégés, dans la mesure du possible, contre les conditions atmosphériques (article R.4225-1 du code du travail) telles que les intempéries (prévoir des zones d’ombre, des abris, des locaux climatisés…) ;

- Sur les chantiers du BTP, les employeurs sont tenus de mettre à la disposition des travailleurs trois litres d’eau, au moins, par jour et par travailleur (article R. 4534-143 du code du travail) ;

- Sur les chantiers du BTP, l’employeur met à la disposition des travailleurs un local permettant leur accueil dans des conditions préservant leur santé et leur sécurité en cas de survenance de conditions climatiques susceptibles d’y porter atteinte. A défaut d’un tel local, des aménagements du chantier doivent permettre la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs dans des conditions équivalentes (article R. 4534-142-1 du code du travail) ;

- Mettre à la disposition des personnels des moyens utiles de protection (ventilateurs d’appoint, brumisateurs d’eau minérale, vaporisateurs d’humidification, stores extérieurs, volets…) ;

- Adapter les horaires de travail dans la mesure du possible : début d’activité plus matinal, suppression des équipes d’après midi… ;

- Organiser des pauses supplémentaires et/ou plus longues aux heures les plus chaudes, si possible dans une salle plus fraîche ;

- Inciter les travailleurs à se surveiller mutuellement pour déceler rapidement les signes ou symptômes du coup de chaleur et les signaler à l’employeur et au médecin du travail ;

- Installer des sources d’eau potable fraîche à proximité des postes de travail et en quantité suffisante ;

- Vérifier que les adaptations techniques permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place et sont fonctionnelles ;

- Fournir des aides mécaniques à la manutention ;

- Surveiller les ambiances thermiques des lieux de travail (température…).