[Livre] ¡ Duro Compañer@s ! Oaxaca 2006 : récits d’une insurrection mexicaine
Par CNT69, dimanche 6 mars 2011 à 07:35 :: Analyses :: #749 :: rss
Pauline Rosen-Cros

Mexique, 2006 : une ville entière se soulève contre un gouverneur détesté et contre tout un système économique et social autoritaire. Plusieurs attaques de la police sont repoussées par les habitants, qui barricadent leur ville et s’organisent au sein de l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (APPO). Pendant six mois, ils combattent l’État au quotidien et tentent d’instaurer un nouvel ordre social. Cette lutte multiforme rassemble des secteurs extrêmement variés de la population et s’étend dans tout l’État.
Pour raconter ce bouleversement, Pauline Rosen-Cros a choisi d’alterner un récit personnel, des entretiens et une très riche compilation de documents mexicains, jusqu’ici inaccessibles au public francophone.
Pauline Rosen-Cros, 25 ans, licenciée de sciences politiques à l’Université Lyon 2, a participé à l’écriture collective du livre Le CPE est mort, pas la précarité (2007), en écrivant parallèlement des articles sur le site d’informations rebellyon.info. Depuis 2007, elle a principalement habité à Oaxaca.
Les forces dites de l’ordre sont en possession de la place centrale, la défendent contre l’étau qui se resserre de plus en plus autour d’elles, et je dois changer une deuxième fois de pellicule. Nous descendons rapidement vers le sud et voyons qu’un combat principal se dessine dans une rue qui mène à la place à reconquérir. Pierres, gaz, pierres, gaz, pierres, gaz… Environ une heure plus tard, j’entends un bruit bizarre, comme une course de chevaux. Je tourne la tête et ce ne sont pas des sabots, mais des bottes qui trottent. « Ils fuient, ils se replient ! »
Entretien avec L. :
« C’était en septembre, pour la toute première assemblée d’État de l’APPO, l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca. (…) C’était le seul espace qui donnait un référent commun, qui menait la lutte de front et qui assumait une responsabilité, une attitude face à tout un mouvement. Je pensais que nous ne devions pas laisser cet espace se vider de la voix de ceux qui n’en ont pas. J’y ai participé pour dire pourquoi on était en train de lutter, quel changement on revendiquait. C’est ça qui m’a amené à croire réellement en l’APPO. J’étais réticent au début, je n’y croyais pas, mais quand j’ai connu peu à peu les organisations qui s’engageaient, les villages qui venaient, tout ça, je me suis dit : “Wouah…” »

Mexique, 2006 : une ville entière se soulève contre un gouverneur détesté et contre tout un système économique et social autoritaire. Plusieurs attaques de la police sont repoussées par les habitants, qui barricadent leur ville et s’organisent au sein de l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (APPO). Pendant six mois, ils combattent l’État au quotidien et tentent d’instaurer un nouvel ordre social. Cette lutte multiforme rassemble des secteurs extrêmement variés de la population et s’étend dans tout l’État.
Pour raconter ce bouleversement, Pauline Rosen-Cros a choisi d’alterner un récit personnel, des entretiens et une très riche compilation de documents mexicains, jusqu’ici inaccessibles au public francophone.
Pauline Rosen-Cros, 25 ans, licenciée de sciences politiques à l’Université Lyon 2, a participé à l’écriture collective du livre Le CPE est mort, pas la précarité (2007), en écrivant parallèlement des articles sur le site d’informations rebellyon.info. Depuis 2007, elle a principalement habité à Oaxaca.
Les forces dites de l’ordre sont en possession de la place centrale, la défendent contre l’étau qui se resserre de plus en plus autour d’elles, et je dois changer une deuxième fois de pellicule. Nous descendons rapidement vers le sud et voyons qu’un combat principal se dessine dans une rue qui mène à la place à reconquérir. Pierres, gaz, pierres, gaz, pierres, gaz… Environ une heure plus tard, j’entends un bruit bizarre, comme une course de chevaux. Je tourne la tête et ce ne sont pas des sabots, mais des bottes qui trottent. « Ils fuient, ils se replient ! »
Entretien avec L. :
« C’était en septembre, pour la toute première assemblée d’État de l’APPO, l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca. (…) C’était le seul espace qui donnait un référent commun, qui menait la lutte de front et qui assumait une responsabilité, une attitude face à tout un mouvement. Je pensais que nous ne devions pas laisser cet espace se vider de la voix de ceux qui n’en ont pas. J’y ai participé pour dire pourquoi on était en train de lutter, quel changement on revendiquait. C’est ça qui m’a amené à croire réellement en l’APPO. J’étais réticent au début, je n’y croyais pas, mais quand j’ai connu peu à peu les organisations qui s’engageaient, les villages qui venaient, tout ça, je me suis dit : “Wouah…” »


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