La manifestation monstre du samedi 12 décembre a réuni pas oins de 100 000 personnes en faveur d’un engagement des États pour une action réelle en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Néanmoins, on ne s’attendra pas à un résultat satisfaisant du sommet, qui se termine le 18 décembre, pour prendre les mesures nécessaires à une baisse drastique des émissions de GES, la stabilisation du climat à un maximum de + 2° et à une solidarité avec les peuples qui sont les plus victimes des impacts du réchauffement climatique.



Le système capitaliste nous montre un fois de plus son incapacité à régler les problèmes qu’il a luimême engendré : les théories de l’économie libérale basées sur la croissance sans fin se retrouvent de plus en plus au pied du mur, face à la réalité d’un monde fini, d’une biosphère de plus en plus incapable de supporter les activités humaines et d’une misère toujours plus importante pour les presque sept milliards d’humains qui peuplent la terre. Copenhague et Kyoto sont déjà, en soi, une arnaque. Les gouvernements comptabilisent en effet les émissions (donc leurs éventuelles réductions) par pays. Ce qui est un non-sens technique dans un système économique mondialisé : la plupart des biens de productions (et les émissions qui leur sont dûes) sont consommés dans les pays riches mais leurs émissions sont imputées aux pays où ils sont produits (Chine, etc). Il est donc facile pour la France de se glorifier d’une stabilité de ses émissions de GES, son activité industrielle étant en partie délocalisée dans les pays en développement.

De même que pour la production alimentaire, une large partie de ce que nous consommons provient de cultures des pays du Sud. Par exemple, les importations massives de soja (transgénique bien souvent) pour l’élevage du bétail européen sont responsables d’une vaste déforestation (ainsi que la destruction des cultures paysannes locales) et d’une part importante des émissions mondiales de GES.

Les pays riches ont donc la responsabilité historique du réchauffement climatique, depuis la révolution industrielle notamment, mais ils en sont responsables également aujourd’hui avec les compagnies financiéro-industrielles qui ont délocalisé une bonne partie de la production vers les pays pauvres mais pas les profits, bien entendu. Le rouleau compresseur de ce système capitaliste déferle donc sur des continents entiers, détruisant aussi bien forêt vierge et autres écosystèmes, peuples et cultures locales, acquis sociaux dans les pays riches, imposant un sous-prolétariat miséreux dans les pays en développement, épuisant les ressources vitales à l’économie humaine, énergie, matières premières, eau et terres arables.

Derrière les façades fraîchement repeintes en vert des supers ministères de développement durable (sic !) et autres multinationales, derrière les discours de la croissance verte et autres attrape-nigauds, la réalité est toujours plus de profits, toujours plus de casse sociale et, au final, c’est toujours nous les plus pauvres qui paieront les pots cassés.

Au moment du sommet de Copenhague, on apprend la fin du tarif réglementé du gaz (prochainement celui de l’éléctricité ?), la libéralisation du trafic voyageur du rail (on a vu le résultat pour le fret : toujours plus de camion) et l’augmentation des abonnements d’électricité. En effet, Edf a augmenté de 172 % l’abonnement le plus économique pour les petits consommateurs, mesure encourageant donc la consommation d’électricité (à 80 % nucléaire).

La résolution des problèmes environnementaux ne se fera donc pas sans une remise en cause radicale de notre système économique et sociale. Il faut imposer enfin les vraies bases d’une société égalitaire : produire par nous-même pour nous-même sans enrichir divers profiteurs.

Tout en préparant ce futur bouleversement social par les luttes menées sur le terrain social, dans nos entreprises et dans la rue, de multiples solutions pratiques existent pour éviter ce système de surproduction. Ainsi, à l’image de la coopérative « coopequita », soutenue par les syndicats de la CNT, regroupant producteurs et consommateurs, sortons des supermarchés et d’une industrie destructrice !

Bitume CNT Santé-social 69