CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

[Calais] solidarité avec les No Border !

Article du jeudi 18 février 2010

Communiqué de presse de l’UL-CNT de Lille du mercredi 10 février 2010 :

SOLIDARITE AVEC LES NO BORDER

Il y a quelques semaines SôS Soutien ô Sans-papiers louait un Hangar rue Cronstadt à Calais et mis à disposition du collectif No Border afin de soutenir et de discuter avec les migrants dans leurs luttes.

L’ouverture du Hangar eu lieu samedi 6 février 2010.

Comme souvent, l’accueil des forces de l’ordre fut expressif et violent : utilisation de la force physique et morale à l’encontre de personnes pacifiques (migrantEs et militantEs, une dame âgée a eu le nez cassé par les CRS)...

Ces actions de violences ont débutées dès l’ouverture du Hangar (blocages des rues alentours par les forces de l’ordre) et ont été commanditées par le ministre Besson, la mairesse Bouchard et le sous-préfet Gavory.

Le Hangar de la rue Cronstadt fut assaillis par les forces de l’ordre dès le samedi soir et les militantEs furent arrêtés et mis en garde à vue le lendemain.

En ce qui concerne les migrantEs, ils eurent le droit de quitter les lieux sans être arrêtéEs et aussi de passer la nuit dans la rue sous des abris de fortunes, sous des ponts...Vers 18h00 les militantEs mis en garde à vue furent relâchéEs.

Depuis dimanche le hangar a été verrouillé et mis sous la surveillance des forces de l’ordre. La rue Cronstadt a été libérée des forces de l’ordre mardi.

Ce mercredi à 15h00 a eu lieu, rue Cronstadt devant le Hangar, une conférence de presse avec les associations (No border et SôS Soutien ô Sans- papiers).

L’Union Locale des syndicats CNT de Lille soutient l’initiative prise par les associations SôS Soutien ô Sans-papier et par le collectif No Border dans leur action de résistance, et ne peut que condamner l’Etat pour sa violence répressive.

UL-CNT de Lille
- ul-lille@cnt-f.org
- http://www.cnt-f.org/59-62

La mécanique de l’exclusion

Article du jeudi 18 février 2010

Il y a aujourd’hui officiellement en France huit millions de pauvres, soit 13 % de la population.
Il s’agit de la pauvreté dite « monétaire » qui se définit par les personnes disposant d’un revenu inférieur à 60 % du revenu médian. Mais la pauvreté ne se résume pas au revenu et comprend le manque d’accès à de nombreux besoins élémentaires (santé, logement). Elle ne peut être résorbée que par un effort volontariste de la société qui aille à l’encontre de la logique du marché.

La spirale de l’exclusion

On peut reprendre la définition que donne de la pauvreté le sociologue britannique P. Townsend : être « exclu des modes de vie courants dans une société ». C’est pourquoi la pauvreté est une situation de non-accès à certains droits fondamentaux.
Plusieurs indicateurs peuvent être retenus pour mesurer cette situation. L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale en retient quatre principaux :
— le taux de renoncement aux soins pour des raisons financières (13 % de la population en 2005) ;
— le taux de jeunes n’ayant pas achevé un diplôme reconnu (CAP, BAC, BEP) : 100 000 chaque année ;
— la proportion de demandes de logements sociaux non satisfaites au bout d’un an : 45.8 % en 2006 ;
— le taux de demandeurs d’emploi non indemnisés : 40,3 % en 2006.

L’exclusion est ainsi l’aboutissement d’un parcours où les différentes dimensions se renforcent mutuellement.
L’indicateur le plus synthétique reste néanmoins celui de la pauvreté monétaire : revenus inférieurs à 60 % du revenu médian.
Concrètement, ce revenu a été fixé en Europe à 908 euros. C’est lui qui permet d’estimer la pauvreté en France à 13 % de la population. C’est pourtant moins que la moyenne des pays de l’UE (16 %) et nettement moins que certains pays qui ont 20 % de pauvres (Espagne, Italie, Royaume-Uni, etc.).



Comment les pays riches peuvent-ils développer en leur sein une telle proportion de pauvres ?

Au coeur, le problème de l’emploi. Bien sûr, la première solution est de fournir un revenu décent à ceux qui en sont privés. Mais on ne peut pas le faire dans la logique capitaliste car ce serait une « désincitation au travail ». Alors ces allocations, comme le RSA, sont calculées pour être en dessous du seuil de pauvreté officiel. On te permet de ne pas crever, mais on te fait bien sentir que tu n’as pas le droit aux « modes de vie courants dans une société. »

Bien mieux, on voit se développer cette nouvelle catégorie de « travailleurs pauvres ». Effectivement, 10% des salariés du secteur privé touchent moins de 710 euros par mois. Soit ils ne travaillent pas à plein temps, soit ils font des allers-retours entre emploi et chômage. Sans doute que le travail assure à chacun une place dans la société et renforce une image positive de soi. Mais, quand tu es confronté aux mêmes choix budgétaires qu’un autre pauvre, on peut douter que ce soit très motivant de travailler. Surtout quand tu vois que la santé de l’économie mondiale dépend des intuitions de quelques traders qui jouent des milliards sur les marchés financiers. Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume du capital.

Solidarité collective contre les mécanismes de marché Le capitalisme semble bien incapable d’assurer à chacun un emploi décent. Cela fait plus de 30 ans qu’il maintient 10 % de la population aux marges de la société. L’autorégulation du marché, loin de résorber le problème, semble bien se contenter de cette situation. Au contraire, dans la période récente, il tend à développer des nombreuses situations intermédiaires entre emploi et chômage.
Cela stabilise sans doute les chiffres du chômage mais pas ceux de la pauvreté. Il n’y a pas d’illusions à se faire. Dès sa naissance, le capitalisme a développé la pauvreté d’une partie de la population. Si la paupérisation, dénoncée par Marx, ne s’est pas pleinement produite, c’est bien grâce aux luttes ouvrières et sociales. Le capitalisme laissé à lui-même développe spontanément les inégalités.

Seule notre action consciente et organisée peut permettre de réduire les inégalités dans la société. Faire de la solidarité collective la valeur centrale ne viendra pas spontanément du fonctionnement du marché, mais devra au contraire s’imposer contre sa logique inhumaine.

Rico CNT Education 69