9 milliards en 2050 : et moi, et moi, et moi…
Par CNT69, mardi 15 décembre 2009 à 10:07 :: General :: #224 :: rss
Les démographes de l’ONU prévoient que
nous serons neuf milliards d’habitants sur
terre en 2050. L’explosion démographique
que nous avons connue en quelques siècles
demande une adaptation de nos
modes de vie.

Comment va croître la population d’ici 2050 ?
2050 est un horizon bien proche. On devrait atteindre sept milliards vers 2015. En quarante ans, la population mondiale devrait donc augmenter de plus de deux milliards, soit près de 40 % de plus. Néanmoins, cette date ne doit rien au hasard. À partir de là, la population mondiale devrait se stabiliser, voire décroître un peu. En effet, les évolutions démographiques ne suivent pas une courbe monotone. L’humanité comptait cinq cents millions d’individus en 1650. Cette explosion en quatre siècles s’explique par le phénomène de transition démographique.
En deux mots, on est passé progressivement d’un régime démographique de natalité et mortalité forte, à un régime de plus faible mortalité et natalité. Mais, ce passage ne s’est pas fait en une fois ; d’où une période transitoire de baisse de la mortalité tandis que la natalité restait forte. Globalement, c'est le temps que les familles adaptent leurs comportements de fécondité à la baisse de la mortalité, en particulier infantile.
On obtient ainsi un fort accroissement naturel pendant plusieurs générations. L’Europe l’a connu du XVIIe jusqu’au milieu du xxe siècle, ce qui explique aussi son expansion à travers la planète.
Les pays du Sud l’ont connu en accéléré après la Seconde Guerre mondiale, ce qui a lourdement pesé sur leur développement. Aujourd’hui, on commence à noter une baisse de la fécondité, en particulier pour les géants que sont l’Inde et la Chine, qui va au-delà des politiques autoritaires de leurs gouvernements.
Les prévisions catastrophistes qui voyaient la planète s’effondrer sous le poids de ses habitants semblent écartées. Mais, neuf milliards d’individus, concentrés dans les pays les plus pauvres, posent un certain nombre de problèmes.
Pas de scénario catastrophe, mais des changements nécessaires Il ne sert à rien de crier le plus fort au loup pour paraître crédibles ou radicaux. Malthus au XIXe siècle annonçait déjà la catastrophe imminente et préconisait de restreindre la natalité des pauvres. Les comportements démographiques se sont adaptés et des progrès dans l’agriculture ont permis globalement de nourrir cet accroissement de la population. Néanmoins, des changements dans nos habitudes seront incontournables pour accueillir dignement tout le monde. Évidemment, on ne peut pas continuer avec le mode de consommation qui prévaut dans les pays riches. On peut visualiser le problème en recourant au concept d’empreinte écologique. Il s’agit d’estimer quelle surface de la terre est nécessaire pour qu’une personne puise se nourrir et que ses déchets soient absorbés. Déjà, en 2005, il fallait 1,3 planète, ce qui montre que les capacités régénératives de la terre sont dépassées.
Surtout, le gaspillage des pays riches ne peut être pris comme modèle. La biocapacité pour 2005 était de 2,1 hectares par habitant, soit globalement l’empreinte écologique moyenne d’un Chinois. Un Français utilise aujourd’hui 4,9 hectares et un Nord-Américain 9,4.
Autant dire qu’il y a urgence à modifier nos modes de consommation.
Car tout le problème est là. Il ne s’agit pas de promouvoir un ascétisme rigoureux, même si des gaspillages doivent être sévèrement combattus. Le fond de la question est la mauvaise répartition des ressources et des richesses.
Les pays développés concentrent une richesse disproportionnée par rapport à leur population et cette question va prendre de l’ampleur avec le croît démographique prévu essentiellement dans les pays du Sud. Si on continue sur cette lancée, il ne faudra pas s’étonner de voir augmenter les tensions migratoires, voire les conflits. Comme le signale Jean-François Bayart, chercheur au CNRS : « S’imaginer que la majorité de la planète va se contenter de regarder la vitrine de la globalisation sans vouloir y entrer est une aimable utopie ».
Rico Éduc 69

Comment va croître la population d’ici 2050 ?
2050 est un horizon bien proche. On devrait atteindre sept milliards vers 2015. En quarante ans, la population mondiale devrait donc augmenter de plus de deux milliards, soit près de 40 % de plus. Néanmoins, cette date ne doit rien au hasard. À partir de là, la population mondiale devrait se stabiliser, voire décroître un peu. En effet, les évolutions démographiques ne suivent pas une courbe monotone. L’humanité comptait cinq cents millions d’individus en 1650. Cette explosion en quatre siècles s’explique par le phénomène de transition démographique.
En deux mots, on est passé progressivement d’un régime démographique de natalité et mortalité forte, à un régime de plus faible mortalité et natalité. Mais, ce passage ne s’est pas fait en une fois ; d’où une période transitoire de baisse de la mortalité tandis que la natalité restait forte. Globalement, c'est le temps que les familles adaptent leurs comportements de fécondité à la baisse de la mortalité, en particulier infantile.
On obtient ainsi un fort accroissement naturel pendant plusieurs générations. L’Europe l’a connu du XVIIe jusqu’au milieu du xxe siècle, ce qui explique aussi son expansion à travers la planète.
Les pays du Sud l’ont connu en accéléré après la Seconde Guerre mondiale, ce qui a lourdement pesé sur leur développement. Aujourd’hui, on commence à noter une baisse de la fécondité, en particulier pour les géants que sont l’Inde et la Chine, qui va au-delà des politiques autoritaires de leurs gouvernements.
Les prévisions catastrophistes qui voyaient la planète s’effondrer sous le poids de ses habitants semblent écartées. Mais, neuf milliards d’individus, concentrés dans les pays les plus pauvres, posent un certain nombre de problèmes.
Pas de scénario catastrophe, mais des changements nécessaires Il ne sert à rien de crier le plus fort au loup pour paraître crédibles ou radicaux. Malthus au XIXe siècle annonçait déjà la catastrophe imminente et préconisait de restreindre la natalité des pauvres. Les comportements démographiques se sont adaptés et des progrès dans l’agriculture ont permis globalement de nourrir cet accroissement de la population. Néanmoins, des changements dans nos habitudes seront incontournables pour accueillir dignement tout le monde. Évidemment, on ne peut pas continuer avec le mode de consommation qui prévaut dans les pays riches. On peut visualiser le problème en recourant au concept d’empreinte écologique. Il s’agit d’estimer quelle surface de la terre est nécessaire pour qu’une personne puise se nourrir et que ses déchets soient absorbés. Déjà, en 2005, il fallait 1,3 planète, ce qui montre que les capacités régénératives de la terre sont dépassées.
Surtout, le gaspillage des pays riches ne peut être pris comme modèle. La biocapacité pour 2005 était de 2,1 hectares par habitant, soit globalement l’empreinte écologique moyenne d’un Chinois. Un Français utilise aujourd’hui 4,9 hectares et un Nord-Américain 9,4.
Autant dire qu’il y a urgence à modifier nos modes de consommation.
Car tout le problème est là. Il ne s’agit pas de promouvoir un ascétisme rigoureux, même si des gaspillages doivent être sévèrement combattus. Le fond de la question est la mauvaise répartition des ressources et des richesses.
Les pays développés concentrent une richesse disproportionnée par rapport à leur population et cette question va prendre de l’ampleur avec le croît démographique prévu essentiellement dans les pays du Sud. Si on continue sur cette lancée, il ne faudra pas s’étonner de voir augmenter les tensions migratoires, voire les conflits. Comme le signale Jean-François Bayart, chercheur au CNRS : « S’imaginer que la majorité de la planète va se contenter de regarder la vitrine de la globalisation sans vouloir y entrer est une aimable utopie ».
Rico Éduc 69


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