On se suicide au travail ! On se suicide au travail ! Ça fait quelques années que ces suicides défrayent la chronique. Ces derniers temps, on se focalise, à juste titre, sur France Telecom car rendez-vous compte on dénombre vingt-deux suicides et treize tentatives depuis début 2008 dans cette boîte. Plus d’un suicide par mois et combien de gens qui se shootent pour ne pas craquer ? L’heure est grave quand le suicide apparaît aussi comme un dernier coup de gueule, comme la seule dignité qu’il nous reste, comme un acte de lutte. On a pu voir les grèves de la faim se multiplier ces dernières années pour tout type de cause. On peut y retrouver la même énergie du désespoir. Le même manque de liberté et de droit qui font que, devant l’injustice, il ne reste plus que sa vie à mettre en jeu. Non pas dans une lutte militante, mais dans une lutte d’opinion, une lutte médiatique, une lutte où l’individu joue sa vie en se positionnant seul contre tous… Perdu d’avance !

On voit depuis quelques temps nos libertés se réduire et la police devenir toute puissante. C’est qu’en ces temps de misère croissante, il faut tenir le peuple pour éviter toute rébellion, révolte ou révolution. Dans les entreprises, il n’y a jamais eu de démocratie puisque le patron est tout puissant. Le code du travail spécifie bien que le salarié est le subordonné du patron. Or, comment imaginer une possible démocratie quand quelques personnes détiennent le pouvoir. Ils ont un énorme pouvoir de nuisance sur nos vies alors les salariés n’ont plus qu’à fermer leur gueule. Avec le management agressif qu’on a vu se développer ces dernières années, les dirigeants ont décidé de jouer sur le stress, la peur… bref que des bonnes choses. Alors, les gens craquent !

Encore un élément signifiant la crise du syndicalisme, les gens se tournent vers des formes de luttes individuelles mettant en jeu leur corps (grève de la faim, course à pied…) ou vont jusqu’à l’ultime cri de désespoir et de colère : le suicide. Ce phénomène est révélateur du manque d’attrait du syndicalisme de ces dernières décennies, de ce syndicalisme qui nous a accompagnés dans la misère, de ce syndicalisme qui est rentré dans les salons du pouvoir, de ce syndicalisme qui a renoncé à la lutte des classes… Ce syndicalisme ne génère plus d’espoir. Les gens n’y croient plus. Tellement qu’ils se tirent des balles !

Alors à nous de nous retrousser les manches pour faire renaître l’espoir et le goût de la lutte collective. À nous anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires de redoubler d’effort en ces temps maudits et barbares pour développer une organisation syndicale digne de ce nom et porteuse d’un autre futur : la CNT. Les gens craquent, la société craquelle… Aujourd’hui certains se font sauter la tête mais faites gaffe vous les patrons, les actionnaires et autres parasites, demain ce pourrait bien être la vôtre qui sautera…

Ben
Sub 69