Un sans-papier sauvé de justesse

Une mobilisation a eu lieu pour défendre les droits de deux sanspapiers licenciés. Reportage.

49, rue Mercière. Une vingtaine de personnes ont tenté d’occuper le restaurant La Route des pâtes, dans le IIe arrondissement. Motif : faire pression sur l’employeur pour qu’il régularise au plus vite l’un de ses employés, sans papiers. “L’employeur a licencié de façon abusive ses deux commis de cuisine, quand il a appris qu’ils étaient sans papiers. C’est illégal, explique Mickaël Goyot, porte-parole de la Confédération nationale du travail (CNT). Nous allons donc le poursuivre aux prud’hommes et au pénal pour travail dissimulé.”

Distribution de tracts aux passants, message au mégaphone… Au bout d’une heure, un des cogérants sort du restaurant et retire des affichettes “Travailleurs français ou immigrés, même patron ! Même combat”, scotchées sur sa vitrine. “On n’était pas au courant de sa situation”, assure- t-il, en colère. “Nul n’est censé ignorer la loi”, lui répond un des manifestants. S’ensuivent plus de deux heures de discussion entre syndicalistes et gérants.

Finalement, la CNT annonce que le patron s’est engagé dans une procédure de régularisation et remettra un formulaire Cerfa à la préfecture. Il pourrait reprendre son travail dès lundi prochain, grâce à une autorisation provisoire de travail. Son collègue, lui aussi licencié sans motif, a choisi la voix judiciaire. “Mon patron doit comprendre ma situation. J’ai trois enfants, je paye mes cotisations”, dit Thiam, d’origine malienne, 42 ans, dont cinq ans d’ancienneté à la Route des pâtes.

Xavier thouveNot