MANIFESTATION POUR AIDER UN
SANS-PAPIERS À GARDER SON JOB


Une mobilisation qui porte ses fruits. Un aide cuisinier malien sans-papiers a obtenu hier de son employeur la promesse d’une demande de régularisation à la préfecture, à l’issue d’une manifestation de militants du syndicat CNT devant l’établissement, situé rue Mercière (2e). Thiam, 42 ans, en France depuis 1999, avait été embauché il y a cinq ans dans ce restaurant grâce à de faux papiers. Il y a un mois, à la suite d’un dysfonctionnement de l’alarme, la police débarque en cuisine et découvre que Thiam n’est pas en règle. Les cogérants du restaurant, qui ignoraient sa situation, l’écartent alors des fourneaux. « C’était un licenciement oral, donc irrégulier. Il ne touchait plus son salaire, ne pouvait pas s’inscrire au chômage alors qu’il a cotisé, déplore Samuel Delor, militant de la Confédération nationale du travail. Alors que les employeurs peuvent, depuis 2008, demander un titre de séjour provisoire pour un salarié sans-papiers. » C’est ce qu’ont réclamé, hier matin, une vingtaine de militants de la CNT, qui avaient recouvert de tracts la vitrine du restaurant. Et déployé une banderole rouge exigeant « la régularisation des travailleurs sans-papiers ». Après plus d’une heure de discussions avec les restaurateurs, ils sont ressortis avec un accord. « Ce n’est que la première étape. Après, la balle sera dans le camp de la préfecture », indique Samuel Delor.

FRÉDÉRIC CROUZET