La Confédération nationale du travail-France (CNT-F), tient à apporter tout son soutien aux camarades guinéens en butte à une nouvelle répression sanguinaire. « Cinquante années de dictatures civile et militaire, ça suffit », voilà les mots qui sont sur les lèvres des travailleurs guinéens aujourd’hui : après les régimes de Sékou Touré (1958-1984), et de Lansana Conté (1984-2008) c’est au tour de la junte dirigée depuis neuf mois par le capitaine Moussa Dadis Camara de briser par la force et la violence meurtrière la soif de liberté du peuple guinéen.

Pendant plus d’un mois déjà, au début de l’année 2007, les travailleurs et la population de Guinée s’étaient levés, au prix de plus de 137 morts et de milliers de blessés, à l’appel de l’Inter Centrale Syndicale (CNTG, USTG, ONLSG, UDTG), pour réclamer leur droit à la liberté et à la dignité.

Aujourd’hui encore, le peuple guinéen est debout pour réclamer son dû. Nous leur apportons tout notre soutien, pour que finisse enfin le règne des dictatures néocoloniales africaines qui bafouent les droits des travailleurs, méprisent la population, et envoient la jeunesse dans une impasse.

Nous invitons tous les syndicats et individus à diffuser la déclaration ci-jointe du mouvement social guinéen et à nous envoyer des messages de soutien à africa@cnt-f.org, que nous ferons suivre à nos camarades de la CNTG.

Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous !

Solidarité syndicale internationale ! Vive le syndicalisme révolutionnaire !



Le secrétariat international de la CNT-F



Pour en savoir plus sur la CNTG, voir l’interview de Rabiatou secrétaire générale de ce syndicat de lutte de classe ici :

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Déclaration n° 1 du mouvement social guinéen sur les événements du 28 septembre 2009

Un meeting pacifique, à l’appel des Forces Vives de Guinée, a été organisé le lundi 28 septembre 2009 au stade du 28 septembre, pour faire respecter les engagements pris par le CNDD pour un retour à l’ordre constitutionnel.

Dans ce stade, temple historique, le peuple de Guinée a vécu une barbarie sans commune mesure perpétrée par des forces de défense et de sécurité au nom de la junte au pouvoir. D’innocentes personnes ont été tuées, des leaders politiques violentés, des jeunes mutilés, des femmes humiliées et violées.

Les responsables de l’Inter centrale syndicale, du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne et des religieux, compatissant à cette douleur sans nom, ont rendu visite aux blessés dans les hôpitaux et aux leaders politiques à leur domicile.

Par la présente déclaration, le mouvement social guinéen composé de l’Inter centrale syndicale (CNTG, USTG, ONLSG, UDTG) de l’Inter syndicale (UGTG, SIFOG, CGSL, CGTG), du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne et des confédérations patronales guinéennes :

· présentent leurs condoléances émues aux familles éplorées et s’inclinent pieusement devant la mémoire des disparus ; · Condamnent vigoureusement ces massacres et exactions commis à l’encontre de citoyens sans défense.

En conséquence, le mouvement social guinéen exige :

· la libération sans conditions et sans délai de toutes les personnes arrêtées et détenues ; · la restitution de toutes les dépouilles, y compris celles subtilisées, à leurs familles respectives ; · l’organisation immédiate de funérailles nationales pour les victimes assassinées ; · la création d’une commission internationale d’enquête pour faire la lumière sur le massacre et les exactions du 28 septembre et la poursuite des auteurs ainsi que leurs commanditaires ; · la prise en charge médicale et l’évacuation, le plus rapidement possible, des leaders politiques et de tous les blessés graves ; · la réparation immédiate des préjudices subis par les victimes ; · le respect des libertés d’expression, d’opinion et celles relatives aux libertés individuelles et collectives.

Le mouvement social guinéen exprime sa solidarité aux responsables politiques et réaffirme son engagement à œuvrer pour l’établissement d’une véritable démocratie en Guinée.

Par ailleurs, le mouvement social guinéen exige vivement, du fait du caractère répétitif et ostentatoire du viol et de l’humiliation des femmes, que des mesures et des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre des auteurs de telles forfaitures qui portent atteinte à la dignité humaine.

Le mouvement social guinéen remercie le Conseil Inter religieux, les Sages et les exhorte à s’impliquer davantage dans le processus de restauration de la paix en Guinée.

Le mouvement social guinéen remercie la CEDEAO, l’UA, le Groupe de Contact International sur la Guinée, l’Union Européenne, les Etats-Unis d’Amérique, l’ONU, le Bureau International du Travail (BIT), la Confédération Syndicale Internationale (CSI), l’Organisation de l’Unité Syndicale Africaine (OUSA) et les partenaires et amis de la Guinée pour leur solidarité et leur soutien au peuple de Guinée pour le respect des engagements pris par le CNDD en vue d’une transition apaisée.

Conakry, le 30 septembre 2009

Signataires : · Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) ; · Inter Centrale Syndicale (CNTG, USTG, ONLSG, UDTG) ; · Inter Syndicale (UGTG, SIFOG, CGSL, CGTG), · Confédérations patronales de Guinée (CPEG, CNP – Guinée).