CHÔMAGE, POLLUTION, MISERE, REPRESSION, EXPLOITATION...
LE CAPITALISME, C'EST LA CRISE !

[24 septembre] Rencontre/Débat sur le travail social avec Paul Fustier

Article du vendredi 18 septembre 2009

Le syndicat CNT des travailleur(se)s du social et de la santé invite Paul Fustier* pour un débat sur l’évolution du travail social durant les cinquante dernières années.

Vous êtes vivement invités à vous joindre à nous. La jauge étant réduite, vous risquez de vous retrouver dehors. Alors, vous pouvez réserver au 06 11 89 63 55.


Ça se passe le jeudi 24 septembre, au local de la CNT, 44 rue Burdeau dans le 1er arrondissement de Lyon et c’est à 19 h 30.



*Professeur émérite de psychologie à l'université Lumière Lyon 2, Paul Fustier travaille, d'une part, sur l'émergence de l'irrationnel en institutions et d'autre part sur les différentes modalités de prise en charge qu'elles proposent. Il intervient dans les institutions psychiatriques, médico-légales et sociales, afin d'aider à l'analyse des dispositifs d'accueil ou pour favoriser l'apparition de nouvelles dynamiques institutionnelles.



Bibliographie (extrait) :

Le lien d'accompagnement : Entre don et contrat salarial
Action Sociale
238 pages, Dunod, 2005

Le travail d'équipe en institution
Clinique de l'institution médico-sociale et psychiatrique
Dunod, 2004

Les corridors du quotidien<br />Enfances
195 pages, Presses Universitaires de Lyon, 1998

L’identité de l’éducateur spécialisé
à paraître en réédition chez Dunod

Grève générale en Kanaky ! (complément)

Article du vendredi 18 septembre 2009



L’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités) a lancé un mot d’ordre de grève générale à partir du lundi 27 juillet afin de régler le conflit qui l’oppose à Aircal ( compagnie aérienne locale) et poursuivre la mobilisation pour la libération des militants emprisonnés (début août, encore 7 camarades dont le président de l’USTKE).

Cette grève générale visait à obtenir de la direction d’Aircal la signature du protocole de fin de conflit discuté en juin 2009 (un protocole rédigé par l’USTKE et des émissaires de la compagnie Aircal le 11 juin ). La direction d’Aircal a joué le pourrissement, aidée en cela par les médias en refusant subitement de signer un protocole à la rédaction duquel elle avait participé.

Origine du conflit

Les salariés de cette entreprise avaient dû se mettre en grève pendant 3 mois pour empêcher le licenciement abusif d’une jeune travailleuse kanak. Lors de cette lutte, le 29 mai, plusieurs personnes ont été placées en garde à vue puis condamnées à des peines de prison ferme pour « entrave à la circulation d’un aéronef », les militants de l’USTKE ayant mené leur action sur l’aérodrome de Nouméa.

Un vrai rapport de force : le blocage économique

C’est dans ce cadre et face à cette répression (emprisonnement des principaux leaders du syndicat) que l’USTKE a appelé à la grève générale en initiant un blocage économique de l’île, notamment avec les blocages du port autonome de Nouméa et de la presqu’île de Ducos (grande zone commerciale et industrielle de Nouméa aux mains des colons).

Les premiers jours de conflit ont vu une répression féroce menée par l’Etat colonial à l’aide des gendarmes mobiles et du GIPN. L’USTKE n’a pas cédé et a amplifié son action à partir du lundi 3 août avec des barrages à Poindimié et à Koné (villes du Nord du pays) puis à partir de mercredi 5 août avec un blocage total de la route du Sud à la hauteur de la tribu de St-Louis (commune du Mont-Dore, au sud de Nouméa).

La répression s’est alors accentuée, mais la détermination des militants syndicaux largement soutenue par la population kanak leur a permis de maintenir les différents blocages. Lors des affrontements violents, il y a eu de nombreux blessés, ce fut le cas d’un jeune kanak qui a perdu un oeil suite à un tir de flash-ball à bout portant.

Un conflit qui en cache bien d’autres

Il est particulièrement intéressant de voir de nombreux jeunes kanaks, qui à l’identique des jeunes des quartiers populaires de France sont amplement caricaturés par les médias en hordes violentes et délinquantes, lutter aux côtés de militants syndicaux.

Beaucoup de jeunes semblent en effet avoir pris conscience que l’USTKE subit les mêmes répressions et injustices qu’eux. De la même façon, lors de ces journées de grève et de blocage économique, il existait un écart saisissant entre la population kanak souriante et solidaire des actions de l’USTKE et le mécontentement d’une grande partie de la population coloniale de Nouméa. Ceci est encore plus mis en valeur par les discours des médias (un seul journal quotidien, propriété du groupe Hersant, une seule télévision et une seule radio...) particulièrement virulents contre l’USTKE et les manifestants dont le nombre est toujours minimisé.

Les militants USTKE étant en général présentés comme des irresponsables qui empêchent la population de « travailler librement alors que la Nouvelle-Calédonie subie déjà la crise ». Ce discours sur la « liberté de travailler » ou plutôt « liberté d’exploiter » est celui de ceux qui veulent imposer le capitalisme partout dans le monde ; ils se servent de la crise qu’ils ont crée comme d’une raison qui devrait empêcher les travailleurs « responsables » de se mobiliser. On a ainsi pu voir se multiplier les reportages sur de pauvres petits chefs d’entreprises contraints à la fermeture à cause des blocages, les journaux ouvrant largement leurs pages aux syndicats de patrons, Medef, CGPME et à la FUTAM (association d’usagers dirigée par des colons).

Un premier bilan positif mais la lutte continue

Cette détermination et ces actions de blocages ont permis de contraindre l’état français à l’ouverture de négociations entre l’USTKE et Aircal qui ont abouti à la signature d’un protocole d’accord très proche de celui élaboré dès le 11 juin et qui prévoit, notamment, le paiement d’une partie des jours de grève alors que le licenciement de la salariée doit être jugé dans les prochains mois par le tribunal du travail (il n’y a pas de prud’hommes en Nouvelle-Calédonie...).

Cette belle victoire ne fait pas oublier à l’USTKE le sort des militants emprisonnés en particulier celui de Gérard Jodar* condamné à 12 mois de prison et dont le procès en appel a eu lieu le 25 août. Une manifestation s’est déroulée le 22 août.

La CNT exige la libération de tous les militants syndicaux emprisonnés, et dénonce l’attitude de l’état français qui se permet d’emprisonner des dirigeants syndicaux afin de tenter de faire taire un syndicat.

VIVE LA GRÈVE GÉNÉRALE ! VIVE L’USTKE !

Mickael, CNT educ 69

plus d'info

Communiqué et photos

* né à Givors, près de Lyon. Enfance à Vénissieux (note du Blog).

[Education] Collège Barbusse à Vaulx-en-Velin : seule la lutte paie !

Article du vendredi 18 septembre 2009



Depuis plusieurs années, l’Inspection d’académie réduit les moyens alloués à chaque établissement scolaire afin de satisfaire les desiderata des «sinistres» de l’Éducation nationale successifs dont le seul but est la suppression de postes à court et moyen terme et la privatisation à plus long terme.

Au collège Henri-Barbusse (Vaulx-en-Velin), comme dans tous les collèges situés en zone où l’éducation est dite prioritaire, les moyens doivent être à la hauteur des besoins et des difficultés scolaires des élèves issus d’un milieu populaire où la mixité sociale est absente (93% des parents font partie des catégories sociales défavorisées). Grâce à plusieurs communiqués et entrevues à l’IA, les personnels de Barbusse sont partis en vacances avec l’assurance que l’ensemble des dispositifs pédagogiques mis en place depuis plusieurs années seraient renouvelés à la rentrée. Une inquiétude subsistait au sujet du nombre de divisions en sixième et donc du nombre d’élèves par classe. En effet l’IA prévoyait 115 élèves à répartir en cinq classes, alors que les enseignants savaient que ce chiffre serait largement dépassé et que la barre de 24 élèves par classe en sixième (promise par l’IA dans un tel établissement) serait à coup sûr dépassée. C’est pour cela qu’un préavis de grève avait été déposé en juillet pour la semaine de la rentrée.

Une nouveauté : la suppression d’heures pendant les vacances

Lors de la pré-rentrée, la surprise et la colère ont été grandes lorsque les professeurs se sont rendus compte que l’IA avait bien décidé d’ouvrir une nouvelle classe en sixième… mais au lieu de donner les 26 heures correspondant aux enseignements d’une sixième, il n’en avait attribué que 9. Par comparaison, que penserait-on d’une ouverture de classe de CP avec un enseignant présent à tiers temps ? Le principal a donc annoncé qu’il avait été contraint de supprimer la plupart des dispositifs pédagogiques. Des dispositifs de remédiation et d’aide, qui permettent aussi de faire de l’approfondissement avec les élèves qui ont le plus de facilités.

Une seule réponse : la lutte collective

La réponse des enseignants a été rapide et unanime : cette décision de l’IA de supprimer des moyens à notre établissement pendant les vacances scolaires était inacceptable et dénotait un mépris pour le travail entrepris par les équipes depuis des années. Plutôt que de se résigner, les personnels ont choisi de lutter, et ont donc décidé de demander une entrevue à l’inspectrice d’académie. Dans le cas où aucune réponse ne serait apportée, ils useraient du droit de grève pour dénoncer la situation faite aux élèves accueillis dans leur collège. La détermination des personnels ainsi que leur volonté de rester unis et solidaires a de nouveau été forte. Plus de 90% ont voté pour être en grève à partir du vendredi 4 septembre. Très rapidement, différentes commissions se sont mises en place : un courrier a été envoyé à l’IA le mardi 1er septembre, jour de la pré-rentrée, un courrier à destination des parents a été fait, ainsi qu’un communiqué de presse. L’IA a voulu jouer la déstabilisation en n’accordant un rendez-vous que le vendredi matin. Les personnels ont décidé de ne pas être en grève le vendredi pour voir ce qui serait proposé par l’inspectrice d’académie, et, si la réponse apportée n’était pas satisfaisante, de commencer un mouvement de grève le lundi suivant. Une délégation, composée d’enseignants syndiqués et non syndiqués ainsi que d’un parent d’élève a ainsi été reçue pendant quasiment 1h30. Dans l’après-midi, les enseignants apprenaient avec soulagement que leur établissement se voyait doté de 18 heures poste et 10 heures supplémentaires.

Et si, un peu partout, nous nous mettions à exiger les moyens exprimés par les personnels à la base, en fonction du besoin des élèves ?



pour contacter la section CNT du collège Henri Barbusse écrire à cnt-barbusse@cnt-f.org

Syndicat CNT STE du Rhône 69 educ69@cnt-f.org