Vous savez ce que c’est un plan social ? Moi non ! Des licenciements ça oui je sais ce que c’est ! Dans le même ordre d’idée vous connaissez les « managers de transition » ? Moi non, mais il paraît que dans les boîtes on les appelle : « nettoyeurs », ça devient plus clair... Ces gars sont embauchés pour licencier, pour faire le sale boulot.

Ce capitalisme de la finance demande toujours plus de rentabilité, les actionnaires et autres fonds d’investissement exigent une rentabilité énorme et sans cesse croissante. Pour augmenter la rentabilité du capital, ils baissent les coûts de main-d’oeuvre. Alors ces dernières années les entreprises se vident. Pour cela elles peuvent faire appel à un spécialiste qu’elles n’embauchent pas en général mais qu’elles rémunèrent en tant que prestataire de service. Et pas pour des prunes s’il vous plaît, ça monte facile à 1 000 euros la journée. Ces charognards errent donc de boîte en boîte pour les vider. Ils gagnent leur vie en brisant celle des autres. Ce sont des spécialistes qui aiguisent leur savoir au fil des expériences. Ils sont incollables et très durs à la négo pour les syndicalistes.

Eh oui, on n’est pas tous les jours confrontés à un plan de licenciement alors qu’on n’y connaît pas grand chose en terme de droit, de stratégie et qu’en face le nettoyeur lui, c’est son quotidien, il est à l’aise. Ces gens-là sont bien payés, ils sont extérieurs à la boîte, ils n’ont aucune pression dans l’affaire : ce sont des ennemis redoutables !

Jusqu’à quel stade d’inhumanité nous mènera le capitalisme ? Ces gens-là sont de dangereux individus, dangereux pour la société alors qu’ils affichent tous les signes de la réussite sociale. Ils vivent sur la misère des autres. Ce monde est malade ! La plupart des gens qui ont réussi dans ce monde sont de ce type d’homme : prêts à marcher sur la gueule des autres pour se faire valoir, prêts à tuer pour gagner de l’argent, prêts à humilier pour jouir... Nous n’en voulons plus et n’en avons jamais voulu de leur soif de pouvoir et d’argent. Nous n’en voulons plus de ces juges de classe, de ces huissiers au petit matin, de ces flics racistes, de ces matons violents, de ces militaires sanguinaires... Tous, au service de la classe des exploiteurs, au service du fric ! Nous n’en voulons plus de ces nettoyeurs, de ces actionnaires parasites, de ces patrons méprisants, de ces politicards asservis...

Et, derrière ces gens, on retrouve la logique de ce système : la soif d’argent et/ou de pouvoir. Partageons les richesses et le pouvoir et on pourra peut-être commencer à vivre ensemble, à parler d’humanité.

Ben Sub69


Extrait du Combat Syndicaliste n°340 de juin 2009

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