Etat de la lutte dans les universités lyonnaises
Par CNT69, lundi 30 mars 2009 à 09:55 :: CNT Education :: #45 :: rss
A l'université comme ailleurs, le gouvernement s'efforce de réformer le service public pour le rendre rentable et soumis au marché économique. Le partage du savoir, le développement de l'esprit critique, l'émancipation par la connaissance doivent laisser place au formatage d'individus adaptés à une société de classes, hiérarchisée, individualiste, basée sur la concurrence à toutes les échelles. Les différentes réformes s'intègrent dans une logique de privatisation. Celle-ci passe par des restrictions budgétaires (suppression de postes statutaires, d'une année de stage rémunérée pour les futurs enseignants, ...) une gestion managériale (assujettissement des formations, précarité, autoritarisme, ...), la casse du statut des enseignants-chercheurs et une précarisation accrue de tous. La loi LRU s'inscrit parfaitement dans ce cadre puisque les universités déclarées « autonomes » devront se battre sur l'arène de l'économie de la connaissance au détriment des conditions d'étude des classes populaires, de la qualité de la recherche et des conditions de travail des personnels. La coordination nationale des universités, qui fonctionne depuis un mois en regroupant à peu près toutes les semaines des mandatés (enseignants, chercheurs, biatoss et étudiants) de la plupart des universités, en exige l'abrogation.
Les universités sont en lutte depuis plus d'un mois, la grève étant reconduite presque partout depuis début février. Voici un petit état des lieux des luttes lyonnaises (au soir du 8 Mars).
La mobilisation à l’IEP de Lyon est ininterrompue depuis mi-janvier. Les enseignants, en grève, retiennent les notes. Côté étudiant, la mobilisation est très forte avec des AG massives (plus de la moitié des étudiants de l'école). Les journées banalisées et les deux dernières semaines de blocages ont permis de mener des actions variées : cours hors les murs, « freezing », tractages, manifestations symboliques, ateliers de réflexion et d’information, etc. Mardi 10 mars, le blocage pour la semaine en cours a été reconduit par un vote à bulletin secret avec 72 % de votants.
Les universités sont en lutte depuis plus d'un mois, la grève étant reconduite presque partout depuis début février. Voici un petit état des lieux des luttes lyonnaises (au soir du 8 Mars).
La mobilisation à l’IEP de Lyon est ininterrompue depuis mi-janvier. Les enseignants, en grève, retiennent les notes. Côté étudiant, la mobilisation est très forte avec des AG massives (plus de la moitié des étudiants de l'école). Les journées banalisées et les deux dernières semaines de blocages ont permis de mener des actions variées : cours hors les murs, « freezing », tractages, manifestations symboliques, ateliers de réflexion et d’information, etc. Mardi 10 mars, le blocage pour la semaine en cours a été reconduit par un vote à bulletin secret avec 72 % de votants.
A l'INSA de Lyon, plusieurs AG du personnel ont eu lieu, avec un appel à la grève le 10 février. Il y a également eu des AG dans les départements d'enseignement. En informatique et au premier cycle la rétention des notes a été votée. Les étudiants se sont aussi organisés (mais sans plage horaire banalisée, c'est plus difficile). Les trois conseils (CA, CE et CS) de l'INSA se sont réunis exceptionnellement le 12 février. Ils ont voté à l'unanimité une motion de soutien au mouvement.
A l'Université Lyon 1, le mouvement a commencé en décembre par un blocage du CA, blocage renouvelé en janvier. De nombreuses AG regroupant étudiants et personnels se sont tenues (autour de 500 personnes). La grève illimitée dure depuis le 3 février. Elle est suivie de manière inégale selon les filières. Une caisse de grève est en place (plus de 10 000 euros). Les étudiants s'organisent aussi de manière autonome. Les actions sont diverses : rétention des notes, cours « hors les murs », panneaux informatifs, pièces de théâtre, et dernièrement des actions de blocage.
L'IUFM n'est pas en reste : participations importantes aux manifestations, blocages pour les journées nationales, nuit des IUFM, ... Il est particulièrement touché par la mise à mal de la formation professionnelle portée par la réforme dite de mastérisation puisque cette formation est sa principale raison d'être. La caisse de grève est commune avec Lyon 1.
A l'Université Lyon 2, la grève à l'initiative des personnels a ravivé un mouvement étudiant brisé par la répression l'année dernière. Les AG étudiantes rassemblent jusqu'à 1000 personnes et les initiatives sont abondantes. Les enseignants chercheurs pratiquent la rétention des notes et se dirigent vers une démission des charges administratives (par exemple le refus de participer aux jury du baccalauréat). Une caisse de grève est aussi en place. Les étudiants organisent le blocage du campus des quais, son occupation et de nombreuses autres actions diverses autant que directes.
A l'Université Lyon 3, la grève bien que modérément suivie est historique puisqu'il s'agit d'une première dans une université dont la tradition n'est pas à la contestation. Elle fonctionne surtout les jours de manifestation nationale. Les personnels Biatoss sont particulièrement mobilisés (AG à une centaine de personnes) et devraient entrer dans la grève dans la semaine.
Des manifestations hebdomadaires très réussies ont lieu depuis maintenant 4 semaines (la dernière s'est faite de concert avec les hôpitaux en lutte). Malgré la fatigue et quelques tiraillements liés aux efforts des bureaucrates de la FSU pour torpiller la journée de convergence « école en danger » de la maternelle à l'université, le mouvement tient bon. Contrairement à ce que relaient certains médias, c'est contre un projet d'ensemble que les universités sont en lutte et les pseudo négociations locales du SGEN, de l'UNSA et de FO n'ont pas entamé la détermination des grévistes.
Extrait du Combat syndicaliste n°338 avril 2009
A l'Université Lyon 1, le mouvement a commencé en décembre par un blocage du CA, blocage renouvelé en janvier. De nombreuses AG regroupant étudiants et personnels se sont tenues (autour de 500 personnes). La grève illimitée dure depuis le 3 février. Elle est suivie de manière inégale selon les filières. Une caisse de grève est en place (plus de 10 000 euros). Les étudiants s'organisent aussi de manière autonome. Les actions sont diverses : rétention des notes, cours « hors les murs », panneaux informatifs, pièces de théâtre, et dernièrement des actions de blocage.
L'IUFM n'est pas en reste : participations importantes aux manifestations, blocages pour les journées nationales, nuit des IUFM, ... Il est particulièrement touché par la mise à mal de la formation professionnelle portée par la réforme dite de mastérisation puisque cette formation est sa principale raison d'être. La caisse de grève est commune avec Lyon 1.
A l'Université Lyon 2, la grève à l'initiative des personnels a ravivé un mouvement étudiant brisé par la répression l'année dernière. Les AG étudiantes rassemblent jusqu'à 1000 personnes et les initiatives sont abondantes. Les enseignants chercheurs pratiquent la rétention des notes et se dirigent vers une démission des charges administratives (par exemple le refus de participer aux jury du baccalauréat). Une caisse de grève est aussi en place. Les étudiants organisent le blocage du campus des quais, son occupation et de nombreuses autres actions diverses autant que directes.
A l'Université Lyon 3, la grève bien que modérément suivie est historique puisqu'il s'agit d'une première dans une université dont la tradition n'est pas à la contestation. Elle fonctionne surtout les jours de manifestation nationale. Les personnels Biatoss sont particulièrement mobilisés (AG à une centaine de personnes) et devraient entrer dans la grève dans la semaine.
Des manifestations hebdomadaires très réussies ont lieu depuis maintenant 4 semaines (la dernière s'est faite de concert avec les hôpitaux en lutte). Malgré la fatigue et quelques tiraillements liés aux efforts des bureaucrates de la FSU pour torpiller la journée de convergence « école en danger » de la maternelle à l'université, le mouvement tient bon. Contrairement à ce que relaient certains médias, c'est contre un projet d'ensemble que les universités sont en lutte et les pseudo négociations locales du SGEN, de l'UNSA et de FO n'ont pas entamé la détermination des grévistes.
Extrait du Combat syndicaliste n°338 avril 2009


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